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Éducation
Révision du grant-in-aid : des école maternelles redoutent des fermetures
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Révision du grant-in-aid : des école maternelles redoutent des fermetures
Prévue pour entrer en vigueur en janvier 2027, la réforme du «Grant-in-Aid Scheme» suscite l’inquiétude des syndicats et des gestionnaires d’écoles maternelles.
La révision du Grant-in-Aid Scheme (GIA), avalisée vendredi dernier par le Conseil des ministres, ne laisse pas les acteurs du secteur préscolaire indifférents. Si le gouvernement met en avant la nécessité d’alléger le fardeau financier de l’État, de réduire les abus systémiques et de préserver les emplois tout en garantissant la continuité de l’enseignement préscolaire gratuit, plusieurs responsables d’établissements et syndicats redoutent plutôt une dégradation de la qualité de l’enseignement, des suppressions d’emplois et, à terme, la fermeture de certaines écoles.
Fruit des consultations menées avec les différentes parties concernées, les recommandations du comité interministériel entreront en vigueur à partir de janvier 2027. Leur coût est estimé à Rs 740 millions.
Parmi les principales mesures figurent le maintien du paiement des salaires des employés des écoles concernées, l’introduction d’un nouveau modèle de gestion pour les établissements accueillant jusqu’à 20 élèves, avec un poste unique de Teacher/Manager assorti d’une allocation mensuelle de Rs 5 000, ainsi que la suppression graduelle des postes d’Assistant Teacher et d’Assistant Manager.
Le ratio enseignantélèves passera progressivement de 1 pour 15 à 1 pour 20. Le remboursement des loyers sera maintenu, jusqu’à concurrence de Rs 5 000, pour 33 écoles, alors qu’il sera supprimé pour 117 établissements comptant plus de 20 élèves. Une réduction de 50% des subventions de fonctionnement est également prévue.
Craintes majeurs
Ces annonces inquiètent Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Publique et Privé (CTSP). «Le message est clair : l’éducation préprimaire se dirigera vers le privé et deviendra payante. Les coûts d’opération ne seront remboursés qu’à 50%, tandis que le remboursement du loyer est plafonné à Rs 5 000. Quant aux salaires, ils sont basés sur le Remuneration Order, qui date de plus de 25 ans», déplore-t-il. Pour le syndicaliste, cette situation ne permettra pas d’attirer les jeunes vers le métier d’enseignant. «Si l’on veut intéresser les jeunes, il faut des salaires compris entre Rs 25 000 et Rs 30 000. Sinon, ils iront ailleurs», affirme-t-il.
Reeaz Chuttoo voit déjà se dessiner trois conséquences majeures. «D’abord, l’éducation deviendra payante. Ensuite, les familles seront amenées à revoir leurs projets d’avoir plusieurs enfants. Enfin, des parents à faibles revenus devront décider lequel de leurs enfants envoyer à l’école. Or, le développement économique et social passe par l’éducation», soutient-il.
Il craint également des licenciements et une baisse de la qualité de l’enseignement. «Contrairement à d’autres secteurs, celui-ci ne peut être remplacé par une main-d’œuvre étrangère. Certaines écoles vont survivre, mais avec moins d’élèves. Seuls ceux qui pourront payer resteront», prévient-il.
La suppression des postes d’assistants soulève également de nombreuses interrogations. «Quand l’enseignant ira manger, qui prendra le relais ? S’il n’y a plus de carer, qui changera les couches des enfants ? Et si un enfant tombe malade, qui s’occupera de lui ?», demande le président de la CTSP.
Des inquiétudes partagées par Satyam Juddoo, président de la GIA PPS Management Association, qui estime que plusieurs questions restent sans réponse. «S’agit-il toujours du GIA Scheme actuel ou allons-nous vers un nouveau modèle ? Nous aimerions obtenir des éclaircissements», dit-il. L’augmentation du nombre d’élèves par classe constitue également une source d’inquiétude. «Un enseignant devra travailler seul avec 20 enfants. Comment pour- ra-t-il y parvenir ? Et si cette personne tombe malade ou est absente pour cause de force majeure, que deviendront les enfants ?», s’interroge-t-il.
Le cumul des fonctions d’enseignant et de gestionnaire lui paraît également difficilement réalisable. «Comment une même personne pourra-t-elle assurer ses cours, recevoir les parents et s’occuper des tâches administratives ?» se demande-t-il.
Satyam Juddoo rappelle que plusieurs recommandations internationales privilégient des groupes plus restreints. «Selon certaines orientations de l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les classes devraient accueillir au maximum 14 enfants. Dans plusieurs pays européens, elles comptent même une dizaine d’élèves afin de permettre une meilleure prise en charge des enfants nécessitant une attention particulière», explique-t-il. Il souligne que, dans une classe de 20 enfants, certains peuvent présenter des troubles du neurodéveloppement et nécessiter un suivi plus poussé. «La présence d’un Assistant Teacher permettrait justement d’apporter une attention supplémentaire à ces enfants», estime-t-il.
Le président de la GIA PPS Management Association insiste également sur l’importance du personnel qualifié. «Nous avons des personnes titulaires d’un Teacher Certificate, mais certaines travaillent aujourd’hui dans les supermarchés. Il faut valoriser ces compétences», soutient-il.
Finances insuffisantes
Autre sujet de préoccupation : les dépenses courantes. Selon Satyam Juddoo, les Rs 120 000 allouées annuellement, soit environ Rs 10 000 par mois, ne suffisent pas à couvrir les frais. «Entre l’électricité, l’eau, l’internet, le matériel pédagogique, l’entretien de la cour de récréation et les réparations diverses, les dépenses dépassent largement cette somme», fait-il ressortir.
D’où la crainte de voir les écoles contraintes de se tourner vers les parents. «Serons-nous amenés à demander une contribution financière pour maintenir les écoles à flot ?»
Il se demande également sur quels critères certaines écoles bénéficieront d’une aide au loyer, alors que d’autres en seront privées. «Pourquoi ne pas prévoir un système de remboursement basé sur le nombre d’élèves fréquentant chaque établissement ?»
En attendant des réponses, la mobilisation s’organise. La CTSP invite les enseignants, qu’ils soient syndiqués ou non, à se réunir à Rose-Hill le samedi 20 juin à partir de 10 heures. «Il faut se mobiliser en masse. Nous demanderons ensuite aux parents de descendre eux aussi dans la rue», annonce Reeaz Chuttoo.
À plus de six mois de l’entrée en vigueur de la réforme, les acteurs du secteur réclament désormais des éclaircissements, estimant que l’avenir de l’enseignement préscolaire gratuit pourrait être profondément bouleversé.
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