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Atteint de cellulite bactérienne

Ras Natty Baby : «Je veux sortir de l’hôpital debout»

4 avril 2026, 17:00

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Ras Natty Baby : «Je veux sortir de l’hôpital debout»

«Ki manier ?» Au-delà de la salutation, comment va réellement Ras Natty Baby ? Artiste pour le moment patient. Admis au fond de l’une des chambres du male ward L1, de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, à Port-Louis. Il a le pied droit bandé. À la main droite, on lui a posé un cathéter. Entre l’avalanche de coups de fil sur les deux numéros de son portable, ses interventions en direct sur les réseaux sociaux et les visites – d’anonymes comme de trois élus de la majorité – Ras Natty Baby regarde filer le temps. Avec le recul que donnent ses 71 ans.

Un grand nom de la musique mauricienne tient dans cet espace réglementaire délimité par une fenêtre, une commode, un lit. Sur une chaise, des bouteilles d’eau. De ce corps souffrant, allongé, sort une voix un peu étouffée. Secouée de temps à autre par une toux de fumeur. «Je ne peux pas marcher. Lipie-la ti gonfle ziska kot mo zenou», raconte-t-il. Mauvaise circulation sanguine, l’un des symptômes de la cellulite bactérienne. Admis depuis le lundi 23 mars, l’artiste achevait sa deuxième semaine d’hospitalisation, jeudi, quand nous venons à sa rencontre. La casquette toujours bien en place sur ses dreadlocks.

L’hôpital public, Ras Natty Baby ne voulait pas y rester. Après son admission, il avait lancé cet appel sur les réseaux sociaux : «J’ai envie d’aller dans une clinique privée, mais je n’ai pas suffisamment d’argent.» Pendant que la solidarité s’organisait d’un côté, de l’autre, son message était remonté jusqu’aux higher quarters du ministère de la Santé. Résultat : «le chef de cabinet m’a téléphoné», affirme l’artiste. «Il m’a assuré que des directives seraient données pour que j’aie un bon traitement. Moris dwa ou sa, m’a-t-il dit. Je l’ai remercié pour la reconnaissance.» Les collectes de fonds ont alors été stoppées. Comme le patient ne sait pas exactement combien de temps il sera hospitalisé, si l’argent récolté auprès de généreux donateurs venait à s’épuiser, «lerla ti pou bizin back pedal», reconnaît Ras Natty Baby.

Après cette conversation, le patient Émilien (Ndlr : de son vrai nom Joseph Nicolas Émilien) a noté une différence. Le «docteur à la vavite», comme il l’appelle, qui s’occupait de son cas au début, a été remplacé par un médecin «très calme, qui observe et donne des instructions. Li’nn explik mwa ki problem mo pe gagne». Il a décidé de faire repasser des tests au patient. A-t-il demandé quand il pourrait sortir ? «Peut-être dans deux semaines. Je veux sortir d’ici debout.» Arrière, spectre de l’amputation.

Depuis quand Ras Natty Baby souffre-t-il du dia- bète ? «Letan mo ti gagn zafer lapolis», un médecin lui a expliqué qu’il souffre de diabète du stress. «Ayo, mo lavi inn fini dan stress.» L’affaire, liée à une livraison contrôlée d’un colis de drogue, remonte à septembre 2006. Cela fera bientôt 20 ans que les accusations contre Ras Natty Baby ont été abandonnées. Il avait été libéré après 42 mois de détention.

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Aujourd’hui, Ras Natty Baby est un artiste avec un carnet de commandes chargé. Samedi prochain, 11 avril, il devait monter sur scène à Malabar, à Rodrigues. Mais cela ne sera pas possible. Le samedi 9 mai, il figure parmi la pléiade d’artistes annoncée au concert Jalsa La Vini, au stade Anjalay-Coopen. «Il y a une boîte à La Réunion qui a initié le projet, Digital tribute to Ras Natty Baby.» Il aura 43 ans de carrière cette année. Le projet veut reprendre sa musique en version électroseggae. «Une résidence artisti­ que de 15 jours est prévue à la Cité des Arts à La Réunion et éventuellement, il y aura une tournée.» La sueur perle à son front. Ras Natty Baby s’y voit déjà.

Le «jalsa» du stade Anjalay-Coopen, quant à lui, a fait couler beaucoup d’encre. Ce concert 100% local est organisé par Avinash Luchoo, alias Poum, arrêté, puis libéré sous caution, le mois dernier, dans une affaire de blanchiment présumé, menée par la Financial Crimes Commission. Ras Natty Baby savait-il avant cela qui était l’organisateur du concert Jalsa La Vini ? Il répond, «non». Puis ajoute : «Kan mem mo ti kone, sa pa konsern mwa. Je suis un professionnel. Si on me propose du travail, je signe un contrat. Mo pe tann enn ta polemik lor-la. Malcolm de Chazal l’avait dit : ‘À l’île Maurice, on cultive la canne à sucre et les préjugés’.»

Lui, ce sont les lives sur les réseaux sociaux qu’il collectionne. Balançant ce qu’il a à dire sans filtre. Ciblant la Mauritius Society of Authors (MASA), avant d’effacer les vidéos. Le moral haut, il affirme : «I pull the right from the wrong.»


Réclamation à la MASA : Un vieux dossier

C’est une longue bataille. Ras Natty Baby réclame des arriérés de «pension» à la Mauritius Society of Authors. Il a eu 60 ans en 2014, mais n’avait pas bénéficié de l’allocation du Benevolent Fund. En 2023, c’est under protest qu’il a accepté la somme de Rs 104 000. Il y a une réclamation de dommages et intérêts dans cette affaire, qui est toujours en cours.

Comme l’affaire est devant les tribunaux, l’actuel board de la MASA, qui a hérité des décisions prises par d’anciens responsables, est tenu par les procédures. Cependant, il ressort que le board souhaite trouver une solution au cas Ras Natty Baby.


L’Union des artistes récolte Rs 13 300

L’appel à récolter des fonds lancé par l’Union des artistes en faveur de Ras Natty Baby a été entendu. En l’espace de 24 heures, Rs 13 300 ont été récoltées. L’opération a été stoppée quand l’artiste a annoncé sa décision de poursuivre le traitement à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. La somme récoltée a été remise, après vérifications, à Ras Natty Baby par Roshan Boolkah, secrétaire de ce syndicat. Il précise que les noms des donateurs restent confidentiels. «S’il y a encore des sous qui sont rentrés après la clôture de l’appel à dons, c’est en toute transparence que l’argent sera remis à Ras Natty Baby.»

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