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Indian Ocean Conference
Ramgoolam : «L’océan Indien doit rester un espace de coopération»
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Indian Ocean Conference
Ramgoolam : «L’océan Indien doit rester un espace de coopération»
■ Le chef du gouvernement, hier, lors de son discours d’ouverture de la conférence placée sous le thème «Collective Stewardship for Indian Ocean Governance». Photos: Sumeet Mudhoo.
La Premier ministre Navin Ramgoolam et le ministre des Affaires étrangères de l’Inde,Subrahmanyam Jaishankar, ont procédé hier à l’inauguration de la 9ᵉ édition de l’Indian Ocean Conference, à l’InterContinental Resort de Balaclava. L’événement, qui se tient jusqu’au 12 avril, réunit plus de 25 pays et plusieurs organisations régionales, positionnant Maurice comme un carrefour diplomatique majeur dans l’océan Indien.
Placée sous le thème Collective Stewardship for Indian Ocean Governance, la conférence rassemble des représentants de puissances mondiales telles que l’Inde, la Chine et les États-Unis, mais aussi des pays du Golfe, d’Europe et des États insulaires. Des délégations venues notamment du Bangladesh, du Japon, des Émirats arabes unis, de Madagascar ou encore des Seychelles participent aux échanges, aux côtés d’organisations comme l’Union africaine et l’Indian Ocean Rim Association. Les discussions portent sur des enjeux cruciaux tels que la liberté de navigation, la sécurité maritime et le respect du droit international, dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions géopolitiques.
Dans son discours d’ouverture, Navin Ramgoolam a insisté sur la pertinence du thème choisi, soulignant que les défis actuels – qu’ils soient liés à la sécurité, à l’économie ou à l’environnement – nécessitent une réponse collective. Il a décrit un monde en mutation, confronté à une convergence de crises, allant des conflits géopolitiques aux bouleversements climatiques et technologiques. Face à cette réalité, il a plaidé pour le dialogue et la coopération, affirmant que «la collaboration doit primer sur la confrontation».
Le Premier ministre a également évoqué l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les économies mondiales, y compris celle de Maurice, mettant en garde contre les conséquences durables de cette instabilité. Il a appelé à une résolution pacifique et durable des conflits par la voie diplomatique, tout en saluant la tenue d’un cessez-le-feu qu’il juge néanmoins fragile.
S’appuyant sur des références historiques et contemporaines, Navin Ramgoolam a rappelé l’importance stratégique de l’océan Indien dans l’équilibre mondial. Il a souligné que cette région, véritable carrefour du commerce international, est aujourd’hui au centre des rivalités entre grandes puissances.
Le chef du gouvernement a aussi mis en avant le rôle de Maurice comme facilitateur du dialogue régional, en raison de sa position géographique et de ses relations équilibrées avec différents partenaires. Il a insisté sur l’importance pour les petits États de défendre leurs intérêts avec clarté et discernement, sans céder aux pressions des grandes puissances.
De son côté, Subrahmanyam Jaishankar a articulé son intervention autour de cinq axes majeurs, mettant en lumière l’importance fondamentale de l’océan Indien en tant qu’écosystème, espace de connectivité et pilier économique. Il a averti que les perturbations dans cette région ont des répercussions globales, notamment sur l’énergie, le commerce et la sécurité alimentaire.
Le ministre indien a également évoqué un monde de plus en plus fragmenté, où la coopération régionale devient essentielle pour faire face aux défis communs. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience collective, notamment face aux crises liées aux ressources, aux conflits et aux catastrophes naturelles.
Soulignant les tensions actuelles en Asie de l’Ouest, il a exprimé des préoccupations quant aux conséquences économiques et sécuritaires de ces conflits, insistant sur l’importance de garantir la sécurité des routes maritimes. Il a rappelé que l’océan Indien ne peut être protégé par un seul État, appelant à une approche concertée fondée sur la transparence et le respect du droit international.
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