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Interview…
Rajesh Dindoyal : «Le vrai luxe en communication, c’est la justesse»
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Interview…
Rajesh Dindoyal : «Le vrai luxe en communication, c’est la justesse»
Rajesh Dindoyal, fondateur d’Odysseus Global.
Après 25 années d’activités à travers l’océan Indien et l’Afrique, Odysseus Public Relations a donné naissance à Odysseus Global, un réseau collaboratif international couvrant le Moyen-Orient, l’Inde, l’Afrique, la Russie et l’Australie. Son objectif : offrir aux entreprises des services de communication transfrontalière et interculturelle, capables de relier des marchés internationaux. Rajesh Dindoyal, fondateur d’Odysseus Global, revient sur les défis et mutations de la communication contemporaine à une époque où les frontières s’effacent.
De vos débuts à aujourd’hui, qu’est-ce qui a le plus changé dans les services de communication proposés par Odysseus ? Et surtout, qu’est-ce que les clients attendent concrètement d’une agence de communication en 2025 qu’ils n’attendaient pas il y a dix ou 15 ans ?
Nous avons connu l’époque où il était interdit d’aller sur Facebook au bureau. Aujourd’hui, l’employee advocacy est encouragée : les employés deviennent les ambassadeurs de leur entreprise, au sein de stratégies clairement définies, notamment sur LinkedIn ou à travers des plateformes multidimensionnelles comme Sociabble, encore peu connue à Maurice. Cette transformation est profonde et elle s’accélère.
La communication, c’est avant tout la maîtrise de l’influence sur les audiences cibles. Ce principe ne changera jamais. Ce qui change, ce sont les outils et les attentes. L’agence d’aujourd’hui doit exceller dans la création de contenu, la maîtrise technologique et surtout, dans l’application de l’influence de précision.
L’intelligence artificielle bouscule profondément les métiers de la communication : production de contenus, veille, réputation, «data». Comment vous positionnez-vous face à cette transformation, non pas pour «résister», mais pour composer intelligemment avec ces outils sans perdre la valeur humaine du métier ?
Le changement ne laisse aucun choix. L’adoption de l’intelligence artificielle est vitale pour les métiers de la communication, l’un des secteurs les plus directement impactés. Nous avons récemment lancé Odysseus Global, un réseau collaboratif réunissant des partenaires solides, nous offrant une présence aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Arabie saoudite, en Inde, en Australie, en Russie et en Afrique. Notre objectif : offrir aux entreprises un accompagnement stratégique complet pour pénétrer ces marchés : visibilité médiatique, digitale, conseil, événementiel et études de marché, entre autres.
Dans un premier temps, nous concentrons nos efforts sur le Moyen-Orient, marché source clé, pour accompagner les entreprises de la région dans leur expansion vers l’Inde et la Russie, deux marchés importants pour le Moyen-Orient. La communication transfrontalière et transculturelle est au cœur d’Odysseus Global. Nos plus de 20 ans d’expérience avec l’une des plus grandes compagnies aériennes au monde, notamment Emirates, ont forgé notre ADN : une agence sans frontières, façonnée par la diversité culturelle et la rigueur internationale. Travailler avec une marque de cette envergure a profondément transformé ma vision du métier.
À l’ère du flux continu, peut-on dire que trop de contenu finit par tuer le contenu ? Une communication permanente et sursollicitée peut-elle affaiblir l’impact des messages au lieu de le renforcer ?
Pour marquer les esprits, la communication doit être énergétique, pas transactionnelle. Seules les campagnes vivantes et vibrantes laissent une trace durable. C’est l’énergie de l’authenticité qui attire l’audience.Trop souvent, les marques privilégient la logique transactionnelle à cause de la pression des ventes. C’est une erreur ancienne ; elle existait déjà il y a 30 ans.
Aujourd’hui, la bataille se joue sur l’attention. Sur les réseaux, vous avez trois secondes pour capter le regard. Trois secondes, sinon, le geste fatal : le scroll.L’algorithme décide de ce que chacun voit, dans quel ordre et à quelle fréquence. Il n’aime pas la perfection ; il valorise le contenu natif, celui qui s’intègre naturellement dans le flux et parle le langage du réseau. En respectant ce principe et la bonne fréquence, la formule devient gagnante. Chaque plateforme a ses règles, mais le but reste le même : obtenir la bénédiction de l’algorithme, ce nouveau dieu des réseaux.
Les influenceurs ou «créateurs de contenu» cherchent parfois à capter des parts de marché traditionnellement dévolues aux agences.En quoi leur rôle est-il différent du vôtre ? Et dans quels cas peuvent-ils être complémentaires plutôt que concurrents ?
L’algorithme aime les influenceurs : ils incarnent l’énergie de l’authenticité, pas la transaction. Mais ils bousculent aussi les agences et les médias, qui monétisent désormais la visibilité plus qu’avant.La plupart des influenceurs, comme les médias, restent généralistes. Le contenu spécialisé qui favorise l’influence de précision sera la prochaine évolution logique, menant vers le retour des Key Opinion Leaders, figures d’expertise et de crédibilité. Les médias, les agences et les influenceurs forment un écosystème interdépendant. Et tous devront affronter la même tempête qui s’approche : l’intelligence artificielle dans la création de contenu. S’il y a une bataille, le gagnant est connu d’avance. Vaut mieux l’éviter et aller dans le sens de l’évolution.
Les publi-reportages et contenus sponsorisés reprenant les codes du journalisme sont devenus monnaie courante. Où situez-vous la frontière entre communication et journalisme ? Comment les réconcilier sans les confondre, et surtout, comment préserver une séparation claire et éthique entre les deux ?
Avec la prolifération des réseaux, l’influence se monétise plus que jamais.Les médias aussi y participent, car le contenu informatif publié en ligne n’est pas monétisé.Au fond, rien n’a changé : seule la modélisation de la transaction a évolué. Un média grand public possède aujourd’hui 100 fois plus de followers virtuels que de lecteurs de la version papier. La monétisation de l’influence des médias sur les réseaux est normale, vu le rétrécissement des éditions papier.
Dans ce contexte, la transparence, le disclosure, devient essentielle. Cette tendance continuera de croître, mais elle posera inévitablement de nouveaux défis éthiques. Il faudra donc redéfinir les codes éthiques à l’intérieur de ces paramètres.
La réputation est devenue un actif stratégique, parfois plus fragile que jamais à l’ère des réseaux sociaux et des crises instantanées. Comment accompagnezvous vos clients dans la gestion du risque réputationnel, notamment en situation de crise ?
Il faut partir du principe qu’une crise n’est pas une hypothèse : c’est une certitude. La loi de Murphy s’applique ici : «Whatever can go wrong, will go wrong.» Tout projet de communication solide doit comprendre l’anticipation de l’échec. En situation de crise, il faut retirer l’émotion de l’équation, adopter une approche systémique et, lorsqu’il le faut, faire preuve d’empathie. Le mot-clé, c’est le preparedness. Il faut prévoir, se former, simuler, répéter.
J’ai eu l’opportunité de participer à des exercices de gestion de crise d’envergure, avec des experts ayant travaillé sur les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center. Une leçon demeure : la gestion de crise ne s’improvise pas.
Dans un monde de plus en plus fragmenté culturellement et politiquement, la communication globale peut-elle encore exister sans intelligence locale ?Comment articulez-vous vision internationale et sensibilité culturelle dans vos stratégies ?
Chaque marché possède ses codes, ses rythmes et ses émotions. Odysseus Global collabore avec des partenaires ancrés localement, communicants, créatifs et stratèges, qui comprennent intuitivement ce qui résonne dans leur culture. C’est cette alliance entre vision internationale et intelligence locale qui nous permet de créer des narratifs cohérents à l’échelle mondiale, mais profondément humains à l’échelle locale. Nous construisons des ponts à travers nos partenaires sur place.
Enfin, quel est selon vous le vrai luxe en communication aujourd’hui : la visibilité, la crédibilité… ou le silence stratégique ?Et comment convaincre un client que, parfois, ne pas communiquer est aussi une décision de communication ?
Le vrai luxe en communication, aujourd’hui, c’est la justesse. La visibilité sans sens s’épuise vite. La crédibilité, elle, se construit avec le temps. Et parfois, le silence choisi, stratégique, devient la forme la plus puissante de discours.
Communiquer, ce n’est pas remplir l’espace ; c’est lui donner du sens. Dans un monde saturé de messages, le discernement est devenu un acte de leadership : savoir quand parler, pourquoi et surtout… quand se taire.
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Odysseus Global, un réseau international de communication
Après 25 ans d’expérience dans la communication, Odysseus Public Relations lance Odysseus Global, un réseau international dédié à la communication stratégique et à la réputation transfrontalière. Présent au Moyen-Orient, en Afrique, en Inde, en Russie et en Australie, ce réseau vise à accompagner entreprises et institutions dans leurs stratégies de communication sur plusieurs marchés, en tenant compte des réalités culturelles locales.
Fondé par Rajesh Dindoyal, Odysseus Global s’appuie sur un écosystème de partenaires implantés notamment à Dubaï, Riyad, Nairobi, Johannesburg, Mumbai, Moscou et Sydney. L’ambition du réseau : proposer des stratégies intégrées, alliant vision internationale, intelligence culturelle et sensibilité humaine, dans un environnement où la communication interrégionale devient de plus en plus stratégique.
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