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Décryptage

Raj Pentiah : «Les propos antipatriotiques de Kishore Beegoo ont semé le doute et la zizanie»

26 octobre 2025, 09:00

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Notre invité cette semaine dans l’émission «Décryptage» est le ministre Raj Pentiah, qui explique les réformes envisagées dans son ministère et commente l’actualité générale. Il ne mâche pas ses mots à l’égard de l’ex-président d’Air Mauritius, Kishore Beegoo, qui en démissionnant, déclare que le Premier ministre adjoint Paul Bérenger met la pression sur les ministres travaillistes.

Depuis le début de votre mandat jusqu’à aujourd’hui, quel est votre bilan ?

Cela fait environ sept mois que j’ai commencé à mettre en œuvre le plan du gouvernement. Ça m’a pris du temps pour mettre de l’ordre dans le désordre où je suis tombé. Lorsque je suis arrivé au ministère, j’ai trouvé des tiroirs remplis de dossiers intitulés «plan de services». L'ancien ministre n'avait pas eu le temps d'y accorder suffisamment d'importance. Deuxièmement, j'ai demandé un audit approfondi des ressources humaines, afin de savoir où le personnel est distribué et comment ils travaillent, si c’est fait avec efficacité ou pas. Et troisièmement, j’ai demandé une évaluation de ce que nous faisons avec les services que nous offrons au public. À partir de là, nous avons mis en œuvre le plan d’action.

Le plan d’action a un calendrier bien établi. Autrement dit, nous nous sommes imposé un calendrier. Vous connaissez mon parcours, mon passé est dans le droit. Donc, ma discipline, lorsque nous mettons un plan d’action en œuvre, c’est de nous assurer que la date butoir est respectée – deux ou trois jours avant – mais pas deux ou trois jours après. Jusqu’à présent, notre plan d’action, basé sur notre calendrier, est respecté. Nous avons établi et accompli un travail considérable avec l’ancien Civil Service College. Nous travaillons sur une nouvelle structure. Nous avons revu nos cahiers de charges.

Ces dix dernières années, la fonction publique n’avait pas de paramètre légal. Nous avons donc commencé à travailler sur un cadre légal avec l’Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation Act. Cette loi prévoit une structure bien établie. Au cours des dix dernières années, lorsqu’on a utilisé les fonds publics et mené une série d’actions de renforcement des capacités, nos officiers n’ont eu qu’un certificate of attendance. Nous pensons, qu’avec les nouvelles structures et programmes gouvernementaux que nous mettons en place, nous pouvons donner au personnel travaillant dans la fonction publique leur certificat, leur diplôme, leur licence et leurs qualifications de troisième cycle, validés et reconnus au niveau international.

Nous travaillons dans la même perspective que Singapour, où il existe un département qui s’occupe de la recherche, des politiques et des documents de proposition de politiques. Actuellement, nous élaborons des politiques au niveau ministériel. Nous consultons certaines personnes concernées. Nous avons pris l’engagement de mettre en place un Public Sector Reform Bill. Il y aura une consultation de toutes les personnes concernées et leurs contributions, qui vont dire ce qu’ils veulent voir dans la réforme du service public avant de légaliser cela.
Une des critiques qui remonte souvent est la lenteur des services. Comment comptez-vous résoudre cela ?

Nous n’avons pas le temps de faire attendre une personne pendant des semaines, des mois, voire plusieurs mois, pour obtenir de bonnes informations, de bons documents ou voir approuver une demande. Le changement commence par valoriser nos officiers et les responsabiliser pour apporter une nouvelle mentalité. Nous voulons un système responsable, efficace et transparent. Nous devons être en mesure de dire à une personne que le nécessaire sera fait dans un certain délai. Nous devons être capable de fournir un service sans que vous ayez à vous rendre dans 10 ministères. Bizin nepli dir dimounn vini dan de mwa. Pa kapav aksepte sa dan 2025.

Pour cela, il faut reconnaître l’importance des officiers publics, valoriser le fait qu’ils ont consacré leur vie dans ce service et les former tout en leur donnant une chance de faire carrière. Business Mauritius a dit que nous ne sommes pas assez rapides dans l’exécution de notre travail. Pour nous, ce n’est pas une critique. Toutes les personnes qui nous font part de leurs commentaires positifs ne font que nous montrer la voie vers nos objectifs. Dans trois ans, nous dépasserons les services privés en termes d’efficacité. C’est un grand défi… mais avec l’aide du privé, notre objectif est la prospérité de notre nation afin que nous puissions être meilleur à l’avenir.

Quel est le rôle de l’Institut Atal Bihari Vajpayee dans l’innovation et la formation des fonctionnaires ?

Un rôle pivot. Pour la première fois, vous pouvez avoir un cours qui non seulement définit votre carrière ; mais si demain, vous avez fait 10 ans dans la fonction publique et que vous voulez bouger vers le privé, vous aurez une qualification reconnue dans le privé aussi. Vous obtenez un diplôme. Récemment, le Premier ministre a effectué une mission en Inde et il a signé un Memorandum of Understanding en ce sens.

Pouvez-vous nous donner une date de la publication du rapport du PRB prévue pour décembre 2025 ?

Je me doutais que vous alliez me poser cette question. On pense que parce que je suis ministre de la Fonction publique, je suis censé savoir ce que comporte le rapport. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un gros exercice en cours par le bureau du PRB. Mais le bureau du PRB est indépendant. Personne ne peut interférer dans son travail. C’est le travail du gouvernement de respecter l’indépendance des institutions. Quand ce rapport sera prêt, il ira au ministère des Finances. Lorsqu’on me pose cette question, cela donne l’impression que j’ai quelque chose à faire avec cela. Or, tout ce que je peux faire, c’est leur donner les informations qu’ils me demandent.

Savez-vous si le rapport sera rétroactif à partir de janvier 2025 ?

J’aurai aimé avoir le mot magique pour me prononcer là-dessus.

Parlons de l’actualité. Quelle est votre réaction face à tous les scandales qui ont eu lieu depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement ? Le changement promis a t-il eu lieu ou pas ? Parlons d’une chose. Le Reward Money que nous dénonçons, qui en est responsable ? On parle d’un pactole d’environ Rs 270 millions. Aucun Mauricien ne va accepter cela. Un ancien Premier ministre qui vient dire au Parlement que c’est à la discrétion du commissaire de police et personne ne se pose des questions. C’est déraisonnable.

Ensuite, ce fameux jet malgache qui a atterri à Maurice un soir. Quand un avion arrive et entre sur notre territoire, nous devons savoir où il a passé et les radars l’indiquent. Le pilote qui dit que s’il ne vient pas à Maurice avec ce jet, il va crasher par manque d’essence. Il demande l’atterrissage au prétexte humanitaire. Qu’est-ce qu’on fait ? Humainement, on doit le laisser atterrir. Quand le Premier ministre suppléant dit officiellement qu’il n’était pas au courant, il dit la vérité car c’est quelqu’un qui dit ce qu’il faut dire sans avoir froid aux yeux. La vraie question : comment Jet Prime a pu tolérer cela ? S’il faut revoir son cahier des charges et redessiner ses fonctions et responsabilités, on le fera peut-être prochainement.

De plus, on a posé des questions sur les finances de la personne qui est arrivée. Il y a une enquête et une interdiction de quitter le pays. Il y a déjà une personne qui fait une déclaration à la FCC. C’est mauvais de dire qu’il n’y a pas eu de changement. Qui est le ministre qui n’a pas le courage de venir dire où nous en sommes noir sur blanc ? Nous sommes humains. Quel gouvernement, au cours des dix dernières années, lorsqu’il a pris une nouvelle mesure – une mauvaise mesure ou une décision qui n’est pas efficace – a revu sa décision ? Le nôtre. On n’est pas Dieu mais on veille avec une bonne gouvernance. Le gouvernement avait dit, par exemple, que l’essence allait baisser par Rs 20. On n’allait pas savoir que l’ancien Premier ministre avait pris de l’argent du fonds de l’État. La STC est une société d’État qui fonctionne de manière indépendante, qui importe les produits pétroliers. On voulait bien baisser le prix de l’essence mais il fallait aussi tenir compte de la réalité des chiffres et du contexte international.

Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, est un politicien chevronné, qui peut poser des questions au Parlement. Quand il pose une question, que va-t-il faire ? Il n’écoute même pas la réponse. Deux turbines en panne au CEB, c’est Patrick Assirvaden, le nouveau ministre qui a pris les dispositions qui s’imposent. M. Lesjongard doit venir expliquer pourquoi il a failli surtout pour le réservoir de Cluny. L’énergie n’est pas une marchandise, c’est une denrée. Vous avez un réservoir qui peut durer 1 an, 2 ans, 3 ans, 5 ans. C’est votre travail. Lorsque vous héritez de votre pays en 2024, vous devez prendre soin de ce réservoir. Dites-moi, en matière de gouvernance et de responsabilité de gouverner le pays, on a apporté 25 projets de loi. Vous rendez-vous compte que 25 projets de loi ont passé la procédure pour être légiférés à l’Assemblée législative en 10 mois ?

Kishore Beegoo vient dire que Paul Béranger «pe met kouto anba lagorz bann minis travayis». Ressentez-vous cela et quelle est votre réaction à cette sortie ?

Je sors du cabinet ministériel avant de venir sur votre plateau. J’ai peu d’expérience d’un cabinet ministériel et c’est mon premier mandat. Nous avons un engagement. Ce qui se passe à l’intérieur est confidentiel. La démocratie règne au cabinet ministériel et jamais cela ne s’est produit que Paul Bérenger est venu imposer une motion. On parle, travaille et décide comme une équipe. M. Beegoo peut dire ce qu’il veut mais posons-nous des questions fondamentales comme un gouvernement responsable. On ne peut pas avoir des décisions hiératiques sans unité démocratique des décisions. Air Mauritius est essentiel à notre industrie touristique.

Paul Bérenger ne prend aucune décision unilatérale dans ce gouvernement. Les deux leaders avec Subron et Duval ont compris que l’union fonctionne avec le débat et le vote de tout un chacun. Donc, même si Paul Bérenger critiquait ouvertement Rama Sithanen et que ce dernier a dû démissionner; Paul Bérenger a critiqué Kishore Beegoo et il a démissionné, cela ne veut pas dire que c’est Paul Bérenger qui fait la pluie et le beau temps dans l’alliance ?

Rectifions certaines choses. Paul Bérenger n’est pas sorti contre Sithanen ou personne d’autre. Ce n’est pas un débat personnalisé. C’est chagrinant d’entendre ce que Kishore Beegoo a dit sur un plateau de radio. Cela crée un mauvais sentiment et c’est antipatriotique ce qu’il a fait. Je vais le dire clairement. À M. Beegoo, qui dit qu’il est une personne responsable, un businessman aguerri et compétent, j’aimerai dire, Vinn enn patriot avan. Seki ounn fer li antipatriotik e kre enn zizani dan lespri dimounn. Ça a créé une division. Notre gouvernement parle, discute et décide comme une équipe. Il y a plusieurs comités ministériels avec des ministres du Parti travailliste et chaired par Paul Bérenger. C’est l’unité gouvernemental. Le doute que Kishore Beegoo a créé est mauvais.

Parlons de Sithanen. Le problème commence à partir de la parution de la fameuse bande sonore. C’est inacceptable quand même. On ne fait pas de cover up. Quand on a dédommagé les gouverneurs de la Banque de Maurice précédents, il n’y a eu aucune différence entre les contrats de l’ancien gouverneur et les nouveaux. Au contraire, on a diminué la somme de dédommagement.

Vous voulez dire que la somme de 5,5 millions de Sithanen a été revue à la baisse…

Absolument. Les détails seront bientôt disponibles car nous n’avons pas peur des chiffres. Pourquoi l’ancien régime ne vient pas dire le nombre de milliards qu’ils ont pris pour le compte de Maradiva. Le Premier ministre nous a dit qu’il va annuler des missions à l’étranger car c’est trop cher.

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