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Synesthesia
Quand la musique se peint
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Synesthesia
Quand la musique se peint
Piano et images dialoguent dans une performance immersive signée Kenneth Babajie et Alix Le Juge, entre sons, couleurs et mouvements.
La musique peut-elle se voir ? Le dessin peut-il s’entendre ? Avec Synesthesia, le pianiste Kenneth Babajie et l’artiste visuelle Alix Le Juge proposent une expérience artistique rare, à la croisée des sens. Cette performance sera présentée le samedi 7 février, à 18 h 30, à La Maison de l’Étoile, Moka, et invite le public à entrer dans un espace où l’écoute devient visuelle et où l’image se laisse guider par le son. L’entrée est libre.
Ce projet repose sur le principe de la synesthésie, phénomène neurologique par lequel la stimulation d’un sens entraîne automatiquement la perception d’un autre. Ici, les œuvres pour piano de grands compositeurs du XXe siècle – Olivier Messiaen, György Ligeti, Philip Glass, John Cage, Arvo Pärt, Maurice Ravel, Béla Bartók, Paul Hindemith ou Dmitri Chostakovitch – sont accompagnées d’animations projetées en direct ou en film, conçues comme une réponse instinctive à la musique. La scénographie est signée Vitrinn, renforçant le caractère immersif de la proposition.

Pour Alix Le Juge, peindre ou dessiner pendant la musique est avant tout un processus, une traversée. Elle superpose des couches éphémères, laisse les formes apparaître puis disparaître, sans s’attacher au résultat final. L’œuvre se construit dans le temps, au rythme des phrases musicales. L’artiste se définit comme un simple instrument, laissant le subconscient révéler des histoires inattendues, parfois troublantes, parfois lumineuses.
Certaines pièces occupent une place centrale dans la performance. Dans Île de feu 1, d’Olivier Messiaen, aux structures éclatées et aux contrastes violents, Alix Le Juge répond par une animation en stop motion, composée de dessins réalisés par ses étudiants, traduisant l’énergie explosive et les jump cuts musicaux. Avec Arc-enciel, de György Ligeti, le film devient jeu de lumière et de couleurs flottantes, traversé par des moments plus sombres, évoquant le lamento et le deuil.
La sobriété méditative de Für Alina, d’Arvo Pärt, inspire un travail minimaliste à l’aquarelle, où l’encre se diffuse comme une résonance intérieure. À l’inverse, les œuvres de Philip Glass, notamment Metamorphosis et Étude n°6, donnent lieu à des transformations progressives, marquées par une densification du geste, jusqu’à une véritable frénésie du trait. Enfin, In a Landscape, de John Cage, ouvre une parenthèse contemplative, où paysages apaisés et fractures historiques se croisent, avant un retour à l’espoir.
Imaginé par Kenneth Babajie il y a plus de 12 ans, Synesthesia est une invitation à entrer dans l’atelier des artistes, là où les frontières entre les arts s’effacent pour faire place à une expérience sensible et profondément humaine.
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