Publicité
«Youth With Disabilities Empowerment Platform»
Pour guider les jeunes en situation de handicap vers la vie active
Par
Partager cet article
«Youth With Disabilities Empowerment Platform»
Pour guider les jeunes en situation de handicap vers la vie active
«La Youth With Disabilities Empowerment Platform est née d’un constat révélateur des limites du système mauricien en matière de handicap», explique Ferozia Hosaneea, membre fondatrice de l’organisation. Si les cadres juridiques et les politiques publiques prônent l’inclusion, leur application concrète demeure largement insuffisante. Après leur sortie d’écoles encore majoritairement spécialisées, de nombreux jeunes se retrouvent sans accompagnement réel vers l’autonomie, l’emploi ou la participation sociale. Un fossé persistant entre les engagements institutionnels et la réalité vécue.
Engagée depuis plus de trente ans dans le domaine du handicap, Ferozia Hosaneea a été confrontée de près à cette réalité à travers le parcours de sa sœur en situation de handicap. C’est dans ce contexte que la YWDEP a vu le jour, avec l’ambition d’apporter des réponses concrètes là où le système montre ses limites et de pallier une défaillance structurelle.
Au-delà de la formation, l’organisation s’attache à construire de véritables trajectoires d’inclusion. Certains jeunes ont ainsi pu intégrer le secteur privé et accéder, pour la première fois, à un emploi formel. Lorsqu’ils quittent l’ONG, ils repartent avec des compétences pratiques, une confiance renforcée et la certitude qu’ils ont une place légitime dans la société.

La mission première de la YWDEP est de promouvoir l’inclusion, les droits et l’autonomisation sociale, économique et humaine des jeunes en situation de handicap. À Maurice, nombre d’entre eux achèvent leur parcours éducatif sans compétences professionnelles adaptées, sans accompagnement vers l’emploi et sans réelle reconnaissance de leurs droits. L’absence de dispositifs de transition vers l’autonomie contraint souvent les familles à assumer indéfiniment la charge de leurs enfants devenus adultes. Une situation d’autant plus préoccupante que les parents vieillissent, avec l’angoisse de l’avenir de leurs enfants.
La YWDEP intervient précisément à ce moment charnière, en proposant une alternative fondée sur les droits humains et l’autonomie. L’organisation accompagne les jeunes vers une indépendance fonctionnelle et économique, tout en redonnant aux familles une perspective d’avenir basée sur la dignité et les droits.
Concrètement, l’ONG a pour objectif de créer un espace structuré dans lequel les jeunes peuvent développer leur autonomie, leurs compétences pratiques et leur employabilité. Des ateliers variés sont proposés – confection d’eco-bags, artisanat, cuisine, jardinage, informatique, entrepreneuriat – laissant à chacun la liberté de choisir la spécialité correspondant le mieux à ses intérêts et à ses talents. Rien n’est imposé, chaque jeune est considéré comme un adulte capable de décider de son propre parcours.

La YWDEP collabore également avec des acteurs du secteur privé, offrant aux jeunes la possibilité d’exposer et de vendre leurs produits. L’intégralité des revenus générés leur est reversée, renforçant leur autonomie économique et leur inclusion sociale. Une approche qui fait d’eux des participants actifs de la vie économique, tout en valorisant leurs compétences et leur dignité.
***
Questions à... Ferozia Hosaneea : «Les personnes en situation de handicap ne sont pas des objets de charité mais des citoyens à part entière.»
?Quels sont les principaux obstacles rencontrés par ces jeunes et comment la YWDEP y répond-elle ?
Les jeunes en situation de handicap font face à de multiples obstacles : manque de compétences de base, faible employabilité, stigmatisation sociale, méconnaissance de leurs droits et absence de structures adaptées après la scolarité. Trop souvent, les droits existants peinent à se traduire en pratiques concrètes.
La YWDEP répond à ces défis par des formations pratiques adaptées aux capacités de chacun, un encadrement humain constant et un environnement qui valorise les compétences plutôt que les limitations. Depuis l’an dernier, par exemple, les jeunes ont exprimé le besoin d’apprendre à compter afin de gérer eux-mêmes la vente de leurs produits. En réponse, une heure quotidienne est désormais consacrée à l’enseignement des mathématiques de base, renforçant leur autonomie financière et leur confiance en eux.
Parallèlement, l’ONG mène un important travail de plaidoyer et de sensibilisation pour déconstruire les préjugés et promouvoir un modèle fondé sur les droits humains. Cette approche globale permet aux jeunes de reprendre confiance et de s’insérer progressivement dans la vie économique et sociale.
?Quelles sont les priorités et perspectives de développement à long terme ?
Il est temps que les personnes en situation de handicap cessent d’être perçues comme des objets de charité et soient pleinement reconnues comme des citoyens à part entière. La priorité de la YWDEP est donc de renforcer l’inclusion, les droits et l’autonomie économique et sociale des jeunes, notamment en élargissant ses ateliers existants.
À plus long terme, l’organisation ambitionne de consolider son rôle de plateforme de transition et d’inclusion, tout en renforçant son plaidoyer aux niveaux national et international. Grâce à son statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) depuis 2023, la YWDEP intègre des bonnes pratiques issues d’expériences internationales et porte la voix des jeunes Mauriciens dans des forums mondiaux. L’objectif ultime reste une inclusion durable, où les jeunes deviennent pleinement autonomes, économiquement actifs et socialement reconnus.
?Pourquoi le nom «Youth With Disabilities Empowerment Platform» ?
L’expression Youth With Disabilities met en avant le public accompagné par l’ONG, en reconnaissant à la fois leurs besoins et leurs potentialités, sans les réduire à leur handicap. Elle affirme leur identité de citoyens à part entière.
Le terme empowerment reflète l’engagement de l’organisation à renforcer l’autonomie, la confiance et le pouvoir de décision des jeunes, plutôt que de les considérer comme de simples bénéficiaires de charité, conformément aux principes de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Enfin, le mot platform traduit la vision de la YWDEP : bien plus qu’un centre de formation, l’ONG se veut un espace de transition, d’expression et de participation active, où chaque jeune peut choisir sa voie et devenir acteur de son propre parcours.
Publicité
Publicité
Les plus récents