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Voyages officiels à l’étranger et «Per diem»
Plus de Rs 18 millions dépensées, les ministres et députés s’expliquent
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Voyages officiels à l’étranger et «Per diem»
Plus de Rs 18 millions dépensées, les ministres et députés s’expliquent
Plus de Rs 18,1 millions. C’est la facture cumulée des missions à l’étranger recensées dans les éléments soumis au Parlement pour la période concernée, en incluant les déplacements de la Speaker et du Deputy Speaker, des junior ministers et de plusieurs autres membres de l’Assemblée nationale. Derrière cette somme se cachent des dizaines de billets d’avion, de nuits d’hôtel, de per diem et de déplacements terrestres, mais aussi une multitude de conférences, sommets, réunions parlementaires et rencontres internationales.
Fabrice David arrive en tête avec 11 missions pour Rs 1 949 157,22, suivi de Rajen Narsinghen avec 11 missions pour Rs 1 896 673,48. La Speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra totalise Rs 1 434 117,56 pour trois déplacements. Nous avons sollicité plusieurs ministres, junior ministers et députés concernés. Leurs réponses dessinent une même ligne de défense : ces voyages ne seraient pas des déplacements de convenance, mais des instruments de diplomatie, de représentation, de coopération, de partage d’expertise et, dans certains cas, de recherche de débouchés ou de partenariats.
⚫ Fabrice David : 11 missions, Rs 1,949 million

Dans le cadre de ses fonctions au ministère de l’Agro-industrie,, le junior minister Fabrice David a effectué 11 missions officielles à l’étranger entre février 2025 et juin 2026, pour un coût total de Rs 1 949 157,22. Cette somme comprend Rs 1 200 121,51 de billets d’avion, Rs 452 390,53 de per diem et Rs 296 645,18 d’hébergement.
Ses déplacements l’ont conduit en Éthiopie, aux Seychelles, en Ouganda, en Arabie saoudite, au Cap-Vert, en Tanzanie, en Indonésie, au Kenya et en France, dans le cadre de conférences et réunions consacrées notamment au développement durable, à l’économie bleue, à la pêche et au financement maritime. La mission la plus coûteuse a été celle de Nice, du 9 au 13 juin 2026, dans le cadre de la Third United Nations Ocean Conference (UNOC3) - Advance Mission, pour un coût de Rs 588 125,52, dont Rs 200 115 de billet d’avion, Rs 91 365,34 de per diem et Rs 296 645,18 d’hébergement.
Parmi les autres missions figurent l’Indonésie, du 9 au 13 février 2026, pour Rs 367 773,14, le Cap-Vert, du 15 au 19 décembre 2025, pour Rs 350 257,09, et le Kenya, les 11 et 12 mai 2026, pour Rs 234 736,88. Les autres déplacements ont représenté des montants moins élevés, certaines missions n’ayant généré que des frais de per diem. Toutefois, pour une mission à Addis-Abeba du 28 au 30 avril 2026, dans le cadre de la «12th Session of the Africa Regional Forum on Sustainable Development», les frais de billet d’avion se sont élevés à Rs 159 000, sans per diem.
Sollicité au sujet de ces déplacements et de leurs retombées, Fabrice David affirme avoir participé à neuf missions à l’étranger, dont cinq en Afrique. Il explique que cette présence répondait à une stratégie visant à renforcer la position de Maurice au sein des instances régionales et continentales et à faire du pays un acteur davantage reconnu sur les questions de développement durable et d’économie bleue.
Il précise par ailleurs que certaines missions ont été prises en charge en grande partie par les organisations internationales qui les accueillaient ou les organisaient, ce qui, selon lui, signifie qu’elles n’ont pas représenté la même charge pour les finances publiques.
Pour Fabrice David, les retombées d’une mission officielle ne se mesurent pas uniquement par un retour financier immédiat, mais également en termes de visibilité, d’influence, de partenariats, d’accès à l’expertise et aux financements internationaux et, à terme, d’attractivité pour les investisseurs. Il estime que les responsabilités occupées par Maurice dans les instances africaines renforcent sa visibilité auprès des organisations internationales et permettent de mieux faire connaître son expertise et ses priorités.
Cette visibilité, poursuit-il, peut faciliter le développement de partenariats techniques et financiers, les organisations internationales étant davantage susceptibles de s’intéresser à l’expertise développée à Maurice et à sa capacité à servir de plateforme régionale pour certaines initiatives. Elle peut également renforcer l’attractivité du pays auprès d’investisseurs intéressés par l’économie de la mer, notamment dans les services maritimes, la pêche durable, l’aquaculture, les technologies océaniques, la conservation marine, le financement bleu et les activités portuaires.
Il estime ainsi que ces déplacements doivent être considérés comme des «investissements diplomatiques, institutionnels et économiques», et non simplement comme une dépense. Il souligne toutefois que chaque roupie d’argent public doit être dépensée de manière responsable et que chaque déplacement officiel doit pouvoir être justifié par son intérêt pour le pays. Il considère ainsi qu’il est important de distinguer les missions dont une partie des frais a été prise en charge par les organisations concernées.
Dans son cas, il affirme que les missions effectuées s’inscrivaient dans des objectifs précis : «faire entendre la voix de Maurice, renforcer notre positionnement régional et africain, développer des partenariats et créer davantage d’opportunités pour notre pays» dans les secteurs du développement durable et de l’économie bleue.
⚫ Rajen Narsinghen : 11 missions, Rs 1,896 million

Le junior minister aux Affaires étrangères, Rajen Narsinghen, explique avoir participé à plusieurs réunions de la SADC, du COMESA et de l’Union africaine, principalement en Afrique. Pour lui, ces déplacements relèvent de la défense des intérêts stratégiques de Maurice. Il a effectué 11 missions pour Rs 1 896 673,48.
Il insiste toutefois sur le fait que les déplacements ne sont pas systématiques. «Le Premier ministre vise tous les voyages et, parfois, il refuse, avec raison, certaines visites faute de moyens», affirme-t-il. Il reconnaît en même temps que l’absence de Maurice à certaines rencontres a pu faire l’objet de critiques par la presse, comme dans le cas du Peer Review Mechanism de l’Union africaine.
La participation à distance constitue une alternative, mais avec ses limites. «Des fois, j’ai assisté à des réunions par Zoom. Ce n’est pas la même chose pour intervenir, car la majorité des participants sont en présentiel. Des pays plus pauvres que nous sont présents», fait-il valoir.
Sur le coût des missions, le junior minister estime que les dépenses doivent être replacées dans leur contexte. «Les hôtels en Afrique coûtent cher. Même les quatre-étoiles peuvent coûter entre 200 et 250 dollars. Ensuite, il faut payer les voitures et les repas.» Il réfute par ailleurs l’idée que les indemnités journalières constituent un avantage personnel : «Le per diem ne va pas dans les poches.»
Pour lui, l’intérêt d’une mission ne se limite d’ailleurs pas aux réunions inscrites officiellement à l’agenda. Les déplacements permettent aussi de multiplier les contacts bilatéraux. «Souvent, après les réunions officielles, on fait des réunions bilatérales avec des ministres et parfois avec des présidents pour négocier des accès aux marchés, ou permettre à nos hommes d’affaires de pénétrer ces marchés ou de s’y implanter.»
Tout en appelant à rester vigilant sur les dépenses et à éviter les réunions qu’il juge non prioritaires, Rajen Narsinghen met en garde contre l’excès inverse : «Il ne faut pas basculer dans l’autre extrême. Car il s’agit aussi de défendre les intérêts de Maurice. La diplomatie coûte. Le ministère des Affaires étrangères, par sa nature, est appelé à envoyer ses fonctionnaires et les ministres pour défendre les intérêts stratégiques de Maurice.»
⚫ Joanna Bérenger : quatre déplacements, Rs 1,078 million

Joanna Bérenger, alors junior minister à l’Environnement, totalise quatre missions pour Rs 1 078 808,64. Ses destinations : Royaume-Uni, Suisse et Kenya.
«Mo finn partisip, avek enn delegasion, dan COP lor bann konvansion Bale, Rotterdam avek Stockholm. Mo finn dres enn bilan nou bann realizasion ek explik nou bann proze dan kad sa bann konvansion la, e mo finn sezi lokazion pou fer enn lapel pou ki tou bann pei kolabore pou konbat bann kriz ki nou planet pe fer fas.»
Le Glasgow UK TVET Seminar a coûté Rs 314 165,78, les conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm Rs 288 227,39, les négociations sur la pollution plastique Rs 251 047,09 et l’UNEA-7 au Kenya Rs 225 368,38. Elle dit avoir aussi souligné la vulnérabilité particulière des petits États insulaires face aux grands pollueurs.
⚫ Roxana Collet : quatre missions en Afrique du Sud, Rs 493 483,98

La députée de la circonscription n°21, Roxana Collet, totalise quatre missions pour Rs 493 483,98, toutes en Afrique du Sud : P20 + G20 Summit, Assemblée de l’UIP et deux rencontres du SADC Parliamentary Forum. «L’objectif de ces missions était de représenter la République de Maurice, et cela inclut mon île Rodrigues, dans des rencontres internationales, de défendre nos intérêts et de montrer que notre république est engagée dans la coopération internationale avec sérieux.» Au P20 Summit, elle dit avoir co-présidé une session sur les femmes et la finance pour une transition énergétique juste. Elle précise que la majorité des réunions se tiennent désormais en ligne : «Rien ne remplace les face to face meetings et assemblée.»
⚫ Anabelle Savabaddy : deux missions, Rs 476 644,27

La députée Anabelle Savabaddy – aujourd’hui junior minister au Tourisme, mais alors députée – a effectué deux missions au Parlement panafricain en Afrique du Sud, pour Rs 476 644,27.
«Mon engagement est clair : faire en sorte que Maurice ne soit pas seulement présente, mais qu’elle influence les décisions et crée des opportunités concrètes pour notre pays.»
La première, du 16 juillet au 1ᵉʳ août 2025, a coûté Rs 226 816,88. La seconde, du 9 au 15 mai 2026, Rs 249 827,39. Elle dit avoir défendu les dossiers liés au genre, à l’égalité, à l’autonomisation des femmes, à l’eau et à l’assainissement.
⚫ Babita Thannoo : France, Rs 275 766

La députée Babita Thannoo s’est rendue en France du 9 au 11 novembre 2025 pour un atelier de leadership destiné aux femmes parlementaires francophones. La mission a coûté Rs 275 766. Elle explique avoir défendu la question du stress hydrique à Maurice et son impact sur les femmes, ainsi que la nécessité d’une représentation féminine accrue au Parlement. L’atelier a aussi nourri sa réflexion sur les quotas, la formation au leadership et le mentorat.
⚫ Raviraj Beechook : quatre missions en Afrique du Sud, Rs 378 928,16

Député du Ptr et membre de la SADC Parliamentary Forum, Raviraj Beechook a effectué quatre missions en Afrique du Sud entre novembre 2025 et mai 2026, dans le cadre de différentes réunions de cette instance régionale. Le montant total de ces déplacements s’élève à Rs 378 928,16. Pour lui, ces déplacements ne relèvent pas du confort, mais d’une obligation liée à son mandat : «Il faut que la voix de Maurice se fasse entendre.»
De la 58e session de l’Assemblée plénière, au KwaZulu-Natal, aux consultations sur le SADC Model Law on Constitutionalism and Rule of Law et aux travaux préparatoires de la 59e session plénière, à Johannesburg, en passant par le Regional Women’s Parliamentary Caucus, Raviraj Beechook défend la nécessité d’une présence physique de Maurice au sein de cette organisation.
«Il faut assister aux réunions de cette instance régionale. Les sessions durent toute une semaine, avec des travaux toute la journée. On y aborde de grandes problématiques régionales touchant à l’économie, à la Constitution ou encore aux “gender issues”. Il faut défendre les intérêts du pays et, pour cela, il faut être présent physiquement», affirme-t-il.
Le député récuse ainsi l’idée que ces missions puissent être remplacées par des visioconférences. «Ceux qui pensent qu’on peut le faire à travers des visioconférences vivent dans un autre monde», lance-t-il, estimant que les rencontres régionales sont aussi l’occasion de nouer des contacts et de bâtir des partenariats.
«Il ne faut pas que les voyages des ministres ou des parlementaires deviennent systématiquement un sujet de polémique lorsqu’il s’agit de développer des partenariats et de la coopération. Ces instances régionales sont devenues des instruments de coopération incontournables. Il y a tout un réseau à développer.»
Face aux interrogations sur les dépenses liées à ces missions, Raviraj Beechook insiste sur le fait que le per diem n’est pas, selon lui, une source de profit. «On ne court pas derrière les voyages. Le per diem est juste suffisant pour couvrir l’hébergement, les repas et les déplacements.»
Il rappelle enfin que les missions font l’objet d’un suivi administratif : «Nous sommes comptables de nos déplacements à travers des rapports de mission que nous soumettons au ministère des Affaires étrangères.»
⚫ Ehsan Juman : Islamabad, per diem restitué

Ehsan Juman s’est rendu à Islamabad, au Pakistan, les 11 et 12 novembre 2025 pour l’Interparliamentary Speakers Conference. Tous les frais ayant été pris en charge par le gouvernement pakistanais, le député affirme avoir restitué intégralement son per diem : «J’ai choisi de ne pas utiliser mon per diem.» La mission a aussi permis des contacts dans l’éducation, la santé et les affaires, ainsi qu’une proposition d’assistance médicale gratuite du Dr Wajid Ali Khan.
⚫ Kaviraj Rookny : Lesotho et Namibie, Rs 501 999,17

Le député du Ptr, Kaviraj Rookny, a dirigé deux missions officielles dans le cadre de la SADCOPAC (Southern Africa Development Community Organisation of Public Accounts Committees), respectivement au Lesotho (octobre 2025) et en Namibie (mai 2026), qui ont coûté Rs 501 999,17.
Au Lesotho, il a notamment présidé la commission consacrée à la santé. Les travaux ont porté sur le rôle des Public Accounts Committees dans le contrôle de l’utilisation des fonds publics dans ce secteur essentiel, ainsi que sur l’échange de bonnes pratiques entre les Parlements de la région.
En Namibie, la délégation mauricienne a participé activement aux travaux portant sur l’évaluation et l’amélioration du Model Law destiné à renforcer le fonctionnement des Public Accounts Committees ainsi que le cadre régissant les institutions nationales d’audit. «Nous avons ainsi apporté l’expérience mauricienne aux discussions sur le renforcement du contrôle parlementaire, de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des finances publiques.»
Ces missions ne sont pas, insiste-t-il, par leur nature, des missions de négociation commerciale ou de recherche de financement. Leur résultat se mesure plutôt, selon lui, en termes de «coopération parlementaire, de partage d’expertise et de renforcement des mécanismes de contrôle des fonds publics».
Kaviraj Rookny ajoute que la participation à ces deux missions s’inscrit également dans une dynamique plus large puisque Maurice accueillera prochainement l’Assemblée générale annuelle de la SADCOPAC. «Ce sera une nouvelle occasion pour notre pays de contribuer activement aux réflexions régionales sur la bonne gouvernance, la transparence et la gestion des finances publiques», dit-il.
⚫ Adrien Duval : Midrand et le Parlement panafricain, Rs 281 178,33

Député du PMSD et ancien Chief Whip de l’opposition, Adrien Duval n’a effectué qu’un seul déplacement à Midrand, en Afrique du Sud, depuis son élection. Il s’y est rendu en avril dernier pour prêter serment comme député du Parlement panafricain (PAP), avant la session extraordinaire consacrée à l’élection du président et des quatre vice-présidents de cette institution.
Il siège actuellement au sein du comité CAPA, chargé de l’audit et de la supervision des finances de l’Union africaine (UA), à laquelle Maurice contribue à hauteur d’environ Rs 90 millions par an. Son rapport est actuellement en préparation et devrait être présenté lors de la prochaine séance du PAP.
C’est donc avec «satisfaction et enthousiasme» qu’il dit représenter Maurice au sein de cette institution continentale. «L’Afrique, c’est l’avenir de Maurice : un marché naturel pour nos services financiers, un débouché pour nos professionnels, et l’Afrique du Sud reste notre plus grand client textile», souligne-t-il.
Selon lui, Maurice pourrait également jouer un rôle plus important dans la transformation et la valorisation des matières premières africaines. «Nous pouvons devenir un centre de transformation pour les matières premières du continent, notamment le bois et les diamants», avance le député du PMSD.
Le Parlement panafricain regroupe des parlementaires issus des 55 pays membres de l’Union africaine. Organe représentatif de l’UA, il vise à renforcer la participation des peuples africains à la gouvernance et au développement du continent. Depuis 2002, Maurice y désigne cinq parlementaires par législature, issus à la fois de la majorité et de l’opposition. Le PAP se réunit généralement deux à trois fois par an.
Pour Adrien Duval, l’importance stratégique de cette représentation ne fait aucun doute. L’Afrique compte aujourd’hui près de 1,5 milliard d’habitants et connaît, selon lui, «un essor économique et démographique sans précédent». «Maurice a la chance d’être aux portes de ce continent, un voisin que nous avons trop longtemps négligé sur le plan politique», estime-t-il.
Le député rappelle que le PMSD a historiquement porté une vision tournée vers l’Afrique, de l’Organisation commune africaine, malgache et mauricienne (OCAMM) de sir Gaëtan Duval à la stratégie africaine défendue par Xavier-Luc Duval lorsqu’il était ministre des Finances. «Géographiquement, Maurice n’appartient pas au continent africain ; politiquement, elle en fait partie», rappelle l’unique député du PMSD.
⚫ Jacques Edouard : quatre missions, Rs 386 362

Le député de Rodrigues, Jacques Édouard, a effectué quatre missions officielles en Afrique entre octobre 2025 et mai 2026. À Johannesburg, du 25 octobre au 1er novembre 2025, il a participé à la «Notification for Standing Committee and RWPC Session Ahead of the 58th Plenary Assembly», pour Rs 89 025,40, Rs 3 000 pour le billet d’avion et Rs 86 025,40 en per diem. Il s’est ensuite rendu à Durban, du 30 novembre au 5 décembre, pour la «58th Plenary Assembly Session of the SADC Parliamentary Forum (SADC PF)», pour Rs 183 900,50, dont Rs 63 560 pour le billet et Rs 120 340,50 en per diem. À Gaborone, du 27 au 29 mars 2026, sa participation à la «Statutory Meeting of the Standing Committee on Human and Social Development and Special Programmes (HSDSP)» a coûté Rs 25 451,65 en per diem. Sa mission à Johannesburg, du 19 au 22 mai, pour les «Standing Committee Sessions marking the commencement of the 59th Plenary Assembly of the SADC Parliamentary Forum (SADC PF)», s’est élevée à Rs 87 985,10, dont Rs 52 514 pour le billet et Rs 35 471,10 en per diem.
Jacques Édouard explique que ces déplacements officiels s’inscrivent strictement dans ses fonctions de représentation de notre Assemblée nationale au sein du SADC PF. «Mon rôle consiste à siéger au sein de deux instances, soit le comité permanent Human and Social Development and Special Programmes et le comité permanent Food, Agriculture, Natural Resources and Climate Action, où je participe à l’analyse, à l’amendement et au vote des résolutions et rapports lors des sessions préparatoires et des assemblées plénières.»
Il indique porter les intérêts de Maurice sur les questions de sécurité alimentaire et de changement climatique, notamment en matière de résilience agricole, de gestion des ressources naturelles et de transition écologique. Il met aussi l’accent sur le développement humain et social, à travers les politiques d’inclusion, d’éducation, de santé et de protection des groupes vulnérables, en veillant à leur cohérence avec le modèle social mauricien.
Il estime que ces déplacements offrent un retour concret pour les contribuables, notamment à travers la diplomatie parlementaire, qui permet à Maurice de contribuer à l’élaboration de lois modèles régionales et de s’inspirer de standards en matière de sécurité alimentaire et de développement humain. Les connaissances et les partenariats techniques acquis lors de ces sessions, selon lui, peuvent également être utiles à l’examen des projets de loi nationaux. Jacques Édouard précise que les dépenses engagées sont soumises à un contrôle strict et à des barèmes officiels, et correspondent aux frais de déplacement et d’hébergement nécessaires à la participation de Maurice à ces instances régionales.
⚫ Shridhur Jugurnauth : l’échange d’expériences, Rs 269 140,42

Le député du MMM, Shridhur Jugurnauth, n’a effectué qu’une seule mission officielle à l’étranger depuis son élection. Il s’est rendu en mai 2026 à une rencontre de la SADCOPAC consacrée au Sub-Committee Meetings Peer Review Programme and Training for Members of Public Accounts Committees (PACs) et à la formation des fonctionnaires qui les accompagnent. La mission a coûté Rs 269 140,42.
Durant une semaine, il a pu partager avec ses homologues africains l’expérience mauricienne en matière de contrôle et de reddition des comptes des finances publiques, tout en s’inspirant des pratiques en vigueur dans d’autres pays pour améliorer le fonctionnement du Public Accounts Committee (PAC) à Maurice.
En tant que membre du PAC, ce type de déplacement se justifie précisément par l’échange d’expériences qu’il permet. «C’était une expérience enrichissante de partager l’expérience mauricienne en matière d’accountability des finances publiques avec mes confrères députés africains et de pouvoir m’en inspirer pour améliorer davantage la gestion et le fonctionnement du PAC de Maurice», explique-t-il.
Il souligne également l’importance pour les parlementaires de rester au fait des nouvelles directives et pratiques qui encadrent le fonctionnement des PAC. Ces rencontres permettent, selon lui, de mieux comprendre les mécanismes de contrôle parlementaire et d’identifier les améliorations susceptibles d’être apportées au système mauricien.
La question de l’autonomie des institutions de contrôle a notamment retenu son attention. Il relève que, contrairement à Maurice, où le département de l’Audit opère sous la tutelle du ministère des Finances, certains pays africains disposent de mécanismes garantissant une plus grande autonomie dans son fonctionnement. Un modèle qui, estime-t-il, mérite d’être observé dans le cadre de la réflexion sur l’efficacité du contrôle des finances publiques à Maurice.
⚫ Chetan Baboolall : un retour anticipé d’Afrique du Sud

Chetan Baboolall, député du Fron Militan Progresis et fraîchement élu leader de l’opposition, n’a effectué qu’une seule mission à l’étranger : sa participation à la cinquième session du Parlement panafricain (PAP), tenue du 16 juillet au 1er août 2025 à Midrand, en Afrique du Sud.
Mais cette mission a rapidement tourné court. Le PAP ayant émis des réserves sur la composition de la délégation mauricienne, qui ne comprenait aucun élu de l’opposition, au regard du principe de représentation pluraliste défendu par l’Union africaine, les cinq membres de la délégation n’ont pas été assermentés. Ils n’ont donc pas été autorisés à prendre part aux travaux.
Face à cette situation, Chetan Baboolall affirme avoir choisi de ne pas prolonger inutilement son séjour. «À partir du moment où le PAP a décidé de ne pas nous permettre de participer aux travaux, j’ai pris le premier vol pour rentrer à Maurice», explique-t-il. Contrairement à d’autres membres de la délégation, il n’a ainsi pas attendu la fin officielle de la mission.
⚫ Rubna Daureeawo : Kuala Lumpur, Rs 134 688

Du 28 au 30 novembre 2025, la députée Rubna Daureeawo s’est rendue à Kuala Lumpur, en Malaisie, pour participer à l’«International Conference on the Role of Parliament in Shaping the Future of Responsible Artificial Intelligence». Cette mission a coûté Rs 134 688,83, dont Rs 116 900 pour le billet d’avion et Rs 17 788,83 en per diem.
Toutefois, Rubna Daureeawo explique que le Parlement mauricien a été invité «en reconnaissance des avancées réalisées dans sa transformation numérique». La mission était «entièrement financée par l’UNDP», souligne-t-elle. Elle s’inscrivait également dans le cadre de son accompagnement du projet d’IA générative à l’Assemblée nationale. La délégation a ainsi apporté une contribution «institutionnelle, technique et juridique».
Elle indique avoir représenté Maurice et contribué, au regard de son expertise juridique, aux discussions sur la gouvernance, la conformité, la responsabilité et l’utilisation éthique de l’IA. Elle a également abordé la protection des données personnelles, les abus en ligne, les discriminations et les biais liés au genre dans les algorithmes.
La députée dit avoir pu échanger avec des parlementaires d’autres pays sur les défis liés à l’IA, les bonnes pratiques et les moyens de renforcer les capacités des institutions. La conférence a notamment porté sur la préparation des parlements à l’IA, les codes de conduite et le maintien d’une supervision humaine.
Pour elle, le principal retour pour Maurice est d’«apprendre, partager, améliorer nos propres institutions». Ces échanges alimentent la réflexion sur l’IA responsable, la gouvernance, les services parlementaires numériques et l’engagement des citoyens. Elle évoque également le transfert de connaissances et considère que cette participation peut contribuer, à terme, à faire en sorte que la transformation numérique bénéficie directement aux citoyens.
⚫ Anishta Babooram : Rabat, Rs 200 397

Anishta Babooram, junior minister au ministère de la Santé, s’est rendue à Rabat, au Maroc, du 15 au 17 septembre 2025, dans le cadre d’une «High-Level Meeting» du Connecting Health Emergency Leaders. Cette mission officielle a coûté Rs 200 397,21, dont Rs 150 200 pour les billets d’avion et Rs 50 197,21 en per diem.
Selon Anishta Babooram, cette rencontre visait à connecter les pays africains, les îles des Mascareignes et les États du Moyen-Orient afin d’établir un réseau de communication basé sur les bonnes pratiques en matière de gestion des maladies transmissibles et de santé publique. Les différentes modalités de réponse aux épidémies et aux pandémies étaient au centre des discussions. «Les sujets abordés au cours de la mission étaient principalement les mécanismes déjà élaborés à Maurice comme un modèle de santé publique dans l’océan Indien. De surcroît, l’accent a été mis sur le traitement des maladies dispensé gratuitement aux malades, basé sur une bonne gouvernance et une orientation politique. Les organigrammes déjà établis à Maurice, dotés d’une approche algorithmique, ont fait que Maurice a été perçu au cours de la conférence comme un pays exemplaire concernant la santé publique, mais qui peut s’améliorer pour s’aligner avec d’autres pays modèles», explique-t-elle.
«Le contribuable mauricien bénéficie actuellement de cette mission à travers les mesures qui ont été mises en œuvre pour la gestion et la prévention des maladies comme le chikungunya, la dengue, le Mpox et l’Ebola sur le territoire mauricien. Les schémas techniques pour contenir et prévenir ces maladies à Maurice ont été calqués sur les enseignements tirés de cette mission à Rabat.»
⚫ Fawzi Allymun : Beijing, Rs 42 660

Dans le cadre du sommet de la World Tourism Cities Federation Fragrant Hill Summit, qui s’est déroulé du 1er au 4 juin 2026 à Beijing, en Chine, les comptes enregistrés pour le junior minister des Collectivités locales, Fawzi Allymun, indiquent une prise en charge partielle du déplacement. Le seul montant enregistré est le per diem, qui s’élève à Rs 42 660,76.
«Notre participation avait pour objectif de représenter Maurice et de promouvoir notre vision du développement urbain. Cette conférence nous a permis de découvrir les pratiques internationales en matière de tourisme urbain, de développement des villes et d’innovation dans l’accueil des visiteurs», explique Fawzi Allymun. Il a également participé à une table ronde sur les défis auxquels sont confrontées les villes africaines et les moyens pour celles d’Afrique australe de renforcer leur coopération. Maurice était également représentée au sein de cette fédération à travers la Municipalité de Port-Louis. Selon Fawzi Allymun, la ville peut ainsi bénéficier de certaines facilités et informations grâce à cette adhésion. «Il est aussi important de dire que les villes les plus visitées au monde font partie de cette organisation.»
Lors de la mission, il a également rencontré le secrétaire général de la World Tourism Cities Federation, Guo Huaigang. Les échanges ont notamment porté sur les priorités de Port-Louis et les possibilités de collaboration dans le domaine des technologies modernes afin de promouvoir la capitale comme une ville moderne et durable. «Nous irons plus loin dans les discussions à la suite de cette réunion afin de voir quels bénéfices nous pourrons tirer en tant que membre de l’organisation», indique Fawzi Allymun.
«Notre participation avait pour objectif de représenter Maurice et de promouvoir notre vision du développement urbain.»
⚫ Arvin Babajee : Xinjiang, Rs 325 384

Le député Arvin Babajee s’est rendu au Xinjiang, en Chine, du 10 au 17 septembre 2025, pour le 2025 Legislators Forum for Friendly Exchanges. Coût : Rs 325 384,07, dont Rs 248 000 de billet d’avion et Rs 77 384,07 de per diem. Il dit avoir discuté de l’initiative Belt and Road avec les représentants chinois et affirme avoir obtenu des engagements pour sa circonscription : «J’ai également sollicité l’aide du gouvernement chinois qui, par l’intermédiaire de son ambassade, a proposé de fournir 500 cartables et du matériel sportif aux habitants de la circonscription n°14.»
⚫ Kugan Parapen, Rs 138 379,36

Le junior minister à l’Intégration sociale, Kugan Parapen, s’est rendu à Johannesburg, en Afrique du Sud, du 3 au 7 mars 2026, pour participer aux «Southern African Development Community Organisation of Public Accounts Committees (SADCOPAC) Governance Meetings, Sub-committees Operationalisation and Strategy Plan Workshop». Cette mission a coûté Rs 138 379,36, dont Rs 47 790 pour le billet d’avion et Rs 90 589,36 en per diem.
Selon Kugan Parapen, sa participation à cet événement découle de son statut de membre du Public Accounts Committee. «J’ai été choisi par le Parlement mauricien pour représenter le PAC à cette rencontre régionale. Des membres des PAC des autres pays de la SADC étaient aussi présents. Cela m’a permis de comprendre comment les PAC des autres pays de la SADC fonctionnaient ainsi que les défis et obstacles auxquels ces comités font face.»
En tant que représentant du Parlement mauricien, il soutient avoir été la voix de la République pendant l’atelier d’opérationnalisation et les débats sur le plan stratégique du comité. «D’ailleurs, j’ai été désigné comme le porte-parole de mon groupe pendant les délibérations. L’existence du SADCOPAC permet aux parlements de la région et surtout aux Public Accounts Committees de partager et de réfléchir sur les meilleures pratiques à adopter pour améliorer l’efficience des PAC afin d’assurer un meilleur contrôle sur les dépenses publiques. Par exemple, j’ai appris lors de cette rencontre que les débats du PAC seychellois se font en direct et que la population peut ainsi suivre les débats et écouter les réponses des fonctionnaires par rapport au fonctionnement et aux dépenses des ministères respectifs.»
⚫ Ashley Ramdass, Rs 265 424,56

Ashley Ramdass a participé à la 50e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), du 11 au 13 juillet 2025 à Paris. Coût : Rs 265 424,56, dont Rs 153 136 pour le billet d’avion et Rs 112 288,56 en per diem.
Membre de la Section mauricienne de l’APF et de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles, il indique : «Au cours de cette session, j’ai participé aux travaux et aux discussions de la commission dont je suis membre. J’ai également eu l’honneur de prendre la parole au nom de la délégation mauricienne lors de la séance plénière qui s’était tenue à l’Assemblée nationale française, sur le thème ‘La Francophonie, une ancre dans un monde en crise’».
Selon lui, cette mission a permis à Maurice de «porter la voix de Maurice, de défendre nos intérêts et notre identité».
⚫ Roshan Jhummun, Rs 629 996,59

Roshan Jhummun a effectué deux missions en Afrique du Sud. La première, du 16 juillet au 1er août 2025, pour les «Fifth Ordinary Session of the Sixth Legislature of the Pan African Parliament and other related meetings», a coûté Rs 380 169,20. Du 28 avril au 6 mai 2026, il a participé aux «Extraordinary Session of the Seventh Legislature of the Pan-African Parliament and other side meetings», pour Rs 249 827,39. Sollicité, il juge ces informations «erronées» et précise n’avoir participé qu’au Parlement panafricain.
⚫ Kevin Lukeeram , Rs 889 240,62

Kevin Lukeeram a effectué trois missions. La première, à Midrand, du 16 juillet au 1ᵉʳ août 2025, a coûté Rs 380 169,20. La deuxième, en Inde, du 9 au 16 septembre 2025, a représenté Rs 259 244,03. Enfin, sa participation à la session du Parlement panafricain, du 28 avril au 6 mai 2026, a coûté Rs 249 827,39.
Interrogé sur ces dépenses, il répond : «Il me faut vérifier d’abord avant de faire un quelconque commentaire ou de donner des explications et des détails», précise-t-il.
⚫ Ram Etwareea : «Que nos diplomates voyagent en classe économique pour un trajet de moins de six heures»

Ram Etwareea, député du MMM, a effectué deux missions en tant que député membre de l’Association des parlementaires francophones (APF), à Paris et à Yaoundé, capitale du Cameroun. Historiquement et culturellement, le pays est très lié à la francophonie et à la France. De ce fait, les relations avec Paris comptent, dit-il. Sa mission à Paris a coûté Rs 265 424.
Lors de sa première mission, et vu qu’il est intéressé par la diplomatie ainsi que par les enjeux globaux, il avait essayé, sans succès, d’inscrire la crise du multilatéralisme à l’agenda. Mais le sujet y était une année plus tard. À Yaoundé, il a soutenu une résolution contre l’occupation du Sud-Liban par les forces israéliennes, qui a, par la suite, été adoptée par la Commission politique.
«Les retombées de ces réunions ne sont pas mesurables, en tout cas pas à court terme. Mais notre présence dans de telles réunions place un peu plus notre pays sur la carte du monde», souligne le parlementaire. Et d’ajouter que, lors des deux missions, il a pu expliquer l’évolution du dossier «Chagos» à ses collègues parlementaires francophones. De ce fait, il a participé à sa façon à ce travail de longue haleine mené par notre gouvernement sur le bien-fondé de notre cause.
Le député rappelle le sujet favori qu’il soulève à toutes les occasions : les matières premières, y compris les ressources maritimes. «Je dénonce les bas prix de nos produits (sucre pour Maurice) et le protectionnisme sur le marché mondial. Les élus africains me suivent sur ce dossier. Nous ne sommes qu’une petite île et nous avons besoin de construire des coalitions. Les missions servent à cela», insiste Ram Etwareea.
Des excès en matière de frais de voyage ? Le député du MMM pense qu’on pourrait suivre l’exemple de certains pays qui demandent à leurs diplomates de voyager en classe économique lorsqu’il s’agit d’un trajet de moins de six heures. D’autres pays possèdent des résidences dans les villes où les diplomates sont appelés à se rendre régulièrement, à Genève, par exemple, où les hôtels coûtent cher. C’est aussi un modèle qu’on pourrait étudier.
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