Publicité
30 ans après sa création
PILS élargit son combat pour la santé et les droits humains
Par
Partager cet article
30 ans après sa création
PILS élargit son combat pour la santé et les droits humains
À l’occasion de ses 30 ans, PILS a dévoilé le mercredi 29 juillet sa nouvelle identité visuelle, marquant une évolution stratégique de l’organisation. Si la lutte contre le VIH demeure au cœur de son histoire et de son expertise, l’association entend désormais élargir son champ d’action à la santé sexuelle dans sa globalité, aux droits humains, aux questions liées aux substances, à la santé mentale et à l’accès aux services de santé.
Fondée en 1996, PILS souhaite ainsi adapter son intervention aux réalités actuelles et aux défis sanitaires à venir, tout en restant fidèle à son engagement auprès des populations vulnérables. «Cette nouvelle identité ne constitue pas une rupture avec notre passé. Elle en est le prolongement», a déclaré Joël Samy, directeur exécutif de PILS, lors du lancement officiel. «Le VIH demeure au cœur de notre histoire, de notre expertise et de notre mission. Mais les réalités vécues par les personnes que nous accompagnons ne peuvent pas être réduites à une seule problématique. Notre réponse doit être globale, inclusive et centrée sur la personne.»
Pour lui, cette transformation vise à faire de PILS une organisation capable d’évoluer avec son époque. «Moderniser notre image, ce n’est pas suivre une tendance. C’est rendre notre message plus accessible et permettre à une personne qui a besoin d’aide de nous identifier, de nous comprendre et de nous faire confiance», a-t-il expliqué. «Nous savons. Nous n’avons plus d’excuse.»
Lors de cette cérémonie réunissant notamment la Chief Whip Stéphanie Anquetil, des partenaires institutionnels, des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, des professionnels de santé et des acteurs de la société civile, Nicolas Ritter, fondateur de PILS, est revenu sur les trois décennies de lutte contre le VIH. «Il y a 30 ans, nous avions une excuse : nous ne savions pas encore. Aujourd’hui, nous n’avons plus cette excuse. Nous savons», a-t-il déclaré.
Il a rappelé que les avancées scientifiques permettent désormais de prévenir efficacement les nouvelles infections et d’offrir aux personnes vivant avec le VIH une espérance de vie comparable à celle de la population générale. Selon lui, les principaux défis ne sont plus uniquement médicaux, mais liés aux discriminations, aux tabous et aux inégalités d’accès aux services. «Pourquoi acceptons-nous encore des diagnostics tardifs ou qu’un enfant naisse avec le VIH alors que nous savons l’éviter ? Ce ne sont plus des fatalités. Ce sont des choix», a-t-il lancé.
Saluant la mise en place de la National Agency for Drug Control (NADC) et l’adoption de la Domestic Abuse Act 2026, Nicolas Ritter a toutefois insisté sur la nécessité d’une application concrète des politiques publiques. «Une loi, aussi bonne soit-elle, ne protège personne si elle n’est pas appliquée. Une décision politique n’a de valeur que si elle change réellement la vie des personnes», a-t-il souligné.
La vice-présidente de PILS, Rachèle Bhoyroo, a, de son côté, invité les jeunes à s’impliquer davantage dans les actions de l’organisation. En clôture de la cérémonie, Joël Samy a résumé l’évolution de l’association : «PILS change d’image, mais ne change pas de convictions.» Nicolas Ritter a, lui, rappelé que «la peur ne protège personne. Les décisions courageuses, elles, sauvent des vies.»
Une campagne de sensibilisation déjà confrontée à des refus
Dans le cadre du lancement de sa nouvelle identité, PILS a également révélé que sa nouvelle campagne de sensibilisation avait été refusée par certains réseaux d’affichage et centres commerciaux avant même son lancement. D’autres partenaires ont toutefois accepté de diffuser les messages de la campagne, qui seront visibles à partir du début du mois d’août. Pour l’organisation non gouvernementale, ces refus témoignent de la persistance des tabous autour de la santé sexuelle à Maurice.
Selon PILS, ces silences continuent de freiner la prévention, l’éducation et l’accès à l’information, avec des conséquences sur les infections et les atteintes aux droits des personnes concernées. Conçue avec l’agence Gung Ho, cette campagne vise à susciter une prise de conscience et à encourager le recours aux services de prévention et de soins. Malgré les obstacles rencontrés, PILS prévoit une diffusion importante sur les réseaux sociaux ainsi que d’autres initiatives au cours des prochaines semaines.

Publicité
Publicité
Les plus récents