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Mort de Lee-Ann Palmarozza
Peter Wayne Roberts : «I was treated like a monster»
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Mort de Lee-Ann Palmarozza
Peter Wayne Roberts : «I was treated like a monster»
■ La défunte, Lee-Ann Palmarozza, et Peter Wayne Roberts.
Onze ans après la mort tragique de Lee-Ann Palmarozza dans la piscine d’Anahita Resort, l’affaire connaît un nouveau et retentissant rebondissement. Hier, en Cour suprême, Peter Wayne Roberts a poursuivi son audition dans le cadre de sa plainte contre l’État mauricien. Le milliardaire sud-africain réclame USD 27 785 000, soit environ Rs 1,3 milliard, en réparation du préjudice qu’il estime avoir subi à la suite de son arrestation en janvier 2015. Il invoque une atteinte grave à sa réputation et des dommages considérables causés par ce qu’il qualifie d’arrestation arbitraire.
Pour rappel, Peter Wayne Roberts avait été acquitté le 12 avril 2016 par la cour d’assises, à une majorité de sept jurés contre deux, après avoir passé 15 mois en détention dans l’attente de son procès. Lors de l’audience d’hier, l’avocate de l’État a tenté de justifier les soupçons qui avaient pesé sur Roberts en avançant qu’il existait une relation tendue entre sa compagne, Lee-Ann Palmarozza, et lui. Un argument que l’homme d’affaires a vigoureusement balayé. Visiblement ému mais déterminé, il a déclaré : «Notre relation marchait très bien. Il n’y avait pas de tension. Au contraire, nous étions en plein épanouissement. Nous faisions plein de choses ensemble, des voyages partout à travers le monde.»
La défense de l’État a alors mis en avant le fait que Lee-Ann Palmarozza avait, à un moment de leur relation, quitté Durban pour rentrer à Johannesburg, y voyant là un signe de friction au sein du couple. Roberts a répondu calmement que c’est précisément à Johannesburg qu’ils avaient emménagé ensemble et que ce retour s’expliquait simplement par le désir de sa compagne d’être plus proche de sa famille. Sur la question de leur relation au soir du drame, il a été catégorique : «We never had any heated arguments.» Son propre avocat lui a ensuite demandé si Lee-Ann l’avait giflé le jour de sa mort. «Non, sinon la police aurait vu une marque sur mon visage. Nous n’avons pas eu de dispute. Nous discutions de nos prochaines vacances aux Maldives», a-t-il répondu.
Roberts a ensuite relaté les événements de cette nuit fatidique du 29 décembre 2014. Il a dit avoir laissé sa compagne quelques instants, le temps de prendre une douche, avant de partir à sa recherche dans tout le complexe hôtelier jusqu’à la retrouver en train de se noyer dans la piscine. Ce récit, il le porte depuis plus d’une décennie, inchangé, et il l’a répété hier devant la cour.
Ce qui semble aujourd’hui le blesser autant que le drame lui-même, c’est la manière dont il a dit avoir été traité dans les heures qui avaient suivi la découverte du corps. «I was more treated like a suspect than a witness», a-t-il lancé. Il a affirmé avoir fait quatre dépositions aux enquêteurs, sans jamais avoir pu les relire après leur rédaction. «Maybe my Counsel could, but they were like maliciously written», a-t-il ajouté, laissant planer un sentiment d’injustice profond.
Le récit de son arrestation à l’aéroport est sans doute la partie la plus saisissante de son témoignage. Roberts a affirmé qu’après ses quatre dépositions, les autorités lui avaient rendu son passeport, lui signifiant qu’il était libre de partir. On lui avait également remis le corps de sa compagne pour un rapatriement en Afrique du Sud. Rien, selon lui, ne l’avait averti que quitter le territoire mauricien pourrait entraîner son arrestation. «I got a ticket to leave Mauritius for the repatriation and a ticket to return back to Mauritius – but that was not for police purposes. I just wanted to follow the rest of the inquiry to know what happened to my girlfriend.» Le jour de son départ, la Major Crime Investigation Team (MCIT) l’a stoppé à l’aéroport. Il a décrit la scène comme humiliante : «I was treated like a monster, a big catch.»
La suite est encore plus troublante. Roberts a affirmé avoir été emmené à l’hôpital depuis le centre de détention en raison de son état physique et mental très dégradé et ce, menotté. «I was handcuffed all the time, which is illegal when you go and see a doctor if you’re feeling unwell in detention», a-t-il soutenu. Les inspecteurs de la MCIT qui avaient conduit l’enquête à l’époque étaient présents dans la salle d’audience hier. Une présence symboliquement forte, dans un prétoire où leurs méthodes sont désormais directement mises en cause.
Le procès reprend aujourd’hui en Cour suprême.
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