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Conflit au Moyen-Orient
Obligations d’État : les grands perdants de la guerre
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Conflit au Moyen-Orient
Obligations d’État : les grands perdants de la guerre
Les marchés boursiers mondiaux avaient salué avec enthousiasme l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran mercredi dernier. Mais cet optimisme aura été de courte durée. Les négociations menées au Pakistan n’ont débouché sur aucun accord ; et le président américain, Donald Trump, a rapidement durci le ton en annonçant un blocus du détroit d’Ormuz pour les navires transportant du pétrole iranien.
Résultat immédiat : les prix du pétrole sont repartis à la hausse, le Brent atteignant jusqu’à 104 dollars le baril. En comparaison, la réaction des marchés boursiers en Asie et en Europe est restée relativement modérée. Les marchés à terme suggèrent toutefois un certain apaisement : le Brent s’échange actuellement autour de 79 dollars pour une livraison dans 12 mois. Une anticipation rassurante, mais qui ne résout en rien les tensions d’approvisionnement à court terme si le détroit d’Ormuz devait rester fermé.
Investir n’est pas spéculer. Le premier s’inscrit dans le temps long, sur plusieurs années ; le second relève du court terme, parfois de quelques jours seulement. Depuis des décennies, les investisseurs s’appuient sur une stratégie simple et éprouvée : le portefeuille équilibré, composé de 60 % d’actions et de 40 % d’obligations d’État. Facile à mettre en place, ce modèle nécessite un rééquilibrage simple une ou deux fois par an. Surtout, il permet de traverser les cycles économiques sans réagir aux soubresauts du marché.
En période de croissance – la norme dans un système de libre-échange , les actions tirent la performance vers le haut. En période de crise, les obligations d’État jouent leur rôle de stabilisateur. Historiquement, cette stratégie offrait un rendement annuel moyen de 7 % à 8 %. De quoi doubler son capital en une dizaine d’années. Un compromis efficace entre performance et sécurité.
Depuis la crise du Covid-19 en 2020, cet équilibre semble s’être rompu. Certes, les actions ont affiché des performances excellentes ces dernières six années. Mais les obligations d’État, elles, ont accumulé les pertes à l’exception notable de 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. D’abord, l’explosion de l’endettement public. Aux États-Unis, la dette est passée de 106 % du Produit intérieur brut en 2019 à 131 % en 2025. Ensuite, des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas malgré une inflation élevée jusqu’à 9,1 % aux États- Unis et 10,6 % dans la zone euro en 2022. Dans un tel contexte, les États ont tout intérêt à maintenir des taux d’intérêt réels négatifs, c’est-à-dire inférieurs à l’inflation, afin d’éroder progressivement la valeur de leur dette. Une stratégie qui pénalise directement les investisseurs obligataires et les épargnants.
Face à cette situation, la confiance s’effrite. Les investisseurs se tournent vers des actifs réels actions et immobilier jugés plus résilients. La confiscation des réserves russes en 2022 a également contribué à fragiliser la confiance de certains investisseurs souverains des pays émergents, accentuant la pression sur les obligations occidentales.
Au début de l’année 2026, les investisseurs en obligations pensaient que le pire était derrière eux. Les obligations d’État américaines à dix ans affichaient une progression de 2,5 % sur les deux premiers mois de l’année. Mais la crise au Moyen- Orient a rapidement balayé ces espoirs, effaçant ces gains en quelques semaines.
Historiquement, les obligations d’État à long terme souffrent en période d’inflation élevée. Deux scénarios se présentent : si les banques centrales n’agissent pas, les investisseurs fuient les obligations pour éviter une érosion de leur capital réel ; si elles relèvent les taux, les obligations existantes dans les portefeuilles perdent de la valeur. Dans les deux cas, les investisseurs sont perdants – comme en témoignent les années 2022 et 2023.
Dans ce contexte, la résilience actuelle des marchés boursiers n’est peut-être pas surprenante. Les alternatives restent limitées. Les actions continuent d’offrir le meilleur potentiel, en particulier celles des entreprises capables de répercuter l’inflation sur leurs prix et celles des entreprises qui ont une base de coûts moins affectée par la flambée des prix des produits pétroliers. En complément, des placements à court terme – obligataires ou bancaires – en devises solides peuvent jouer un rôle défensif dans un environnement de stagflation.
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