Publicité
«Africa Forward»
Navin Ramgoolam à la tête d’une délégation de 80 cadres du secteur privé
Par
Partager cet article
«Africa Forward»
Navin Ramgoolam à la tête d’une délégation de 80 cadres du secteur privé
© WASOP - Expertise France
La délégation mauricienne attendue au sommet «Africa Forward» de Nairobi, au Kenya, les 11 et 12 mai, reflète une stratégie économique africaine de plus en plus assumée par Port-Louis. Conduite par le Premier ministre Navin Ramgoolam, accompagné du Junior Minister Fabrice David et de l’ambassadeur Roy Bissoondoyal, elle réunira un éventail inhabituellement large d’acteurs publics et privés, signe de l’intérêt renouvelé de Maurice pour le continent africain.
La lecture de la liste du secteur privé révèle d’abord une forte domination des services financiers et de la fintech, avec plus d’une vingtaine de représentants. Des groupes comme AfrAsia Bank, IQ-EQ, Warwyck Bank ou Altus Group illustrent la volonté de Maurice de consolider sa place de plateforme financière entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient.
Deuxième bloc important : les cabinets de conseil, d’audit et de services professionnels. Des structures comme EY Parthenon, BLC Robert & Associates, Arthesia ou Necker Strategy témoignent d’une ambition mauricienne axée sur le conseil stratégique, juridique et l’accompagnement des investissements africains.
Les secteurs de la santé et des sciences de la vie seront également représentés par C-Care Group, HealthActiv et Cap Research, tandis que la technologie et les logiciels compteront plusieurs entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle, le numérique et les solutions de gestion.
Un autre axe fort de la délégation concerne l’économie bleue et les infrastructures régionales. IBL Group, à travers ses filiales énergétiques et logistiques, apparaît comme l’un des acteurs mauriciens les plus directement alignés sur l’un des grands thèmes du sommet : l’exploitation durable des ressources marines, la connectivité portuaire et les nouvelles chaînes de valeur de l’océan Indien. La présence d’entreprises comme United Basalt Products, Eclosia ou Kappafrik Group traduit également un intérêt croissant pour les infrastructures, l’énergie et la production régionale.
La participation d’organisations régionales comme la Commission de l’océan Indien, de Business Mauritius et de la Chambre de commerce France-Maurice montre enfin que Maurice ne vient pas seulement vendre des services financiers, mais cherche à se positionner comme hub régional d’influence économique, maritime et diplomatique entre l’Afrique et l’océan Indien. Côté médias, le groupe La Sentinelle/l’express et la plateforme média NotreFutur.io ont été invités par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (France).
***
L’Afrique et la France à l’heure du rééquilibrage
Le sommet «Africa Forward», coorganisé par la France et le Kenya les 11 et 12 mai à Nairobi, veut symboliser une nouvelle étape dans les relations entre Paris et le continent africain. Pour la première fois depuis la création du sommet Afrique-France en 1973, la rencontre se tient dans un pays africain non-francophone, signe d’une volonté affichée de rompre avec les anciens schémas postcoloniaux et d’élargir les partenariats au-delà du pré carré historique de la France.
Coprésidé par le président kényan William Ruto et son homologue français Emmanuel Macron, le sommet réunira plusieurs chefs d’État africains, des institutions financières internationales, l’Union africaine, l’Union européenne, des investisseurs, des entrepreneurs, des artistes et des représentants de la société civile. Plus de 2 000 participants sont attendus.
Le programme s’articulera autour de plusieurs thèmes jugés stratégiques pour l’avenir du continent : réforme de l’architecture financière internationale, transition énergétique, industrialisation verte, économie bleue, intelligence artificielle, numérique, souveraineté alimentaire et financement des infrastructures. Un Business Forum doit également réunir des dirigeants d’entreprises africaines et françaises, des PME, des startup et des jeunes entrepreneurs afin de favoriser les partenariats et les investissements croisés.
Pour les pays africains, l’enjeu dépasse largement le cadre diplomatique. Dans un contexte de ralentissement économique mondial, de tensions géopolitiques et de montée de nouveaux partenaires comme la Chine, la Turquie ou la Russie, plusieurs capitales africaines cherchent à redéfinir leurs relations avec l’Europe sur une base davantage axée sur l’investissement, le transfert de technologies et les intérêts mutuels.
Le sommet intervient également à un moment où l’influence française recule dans plusieurs pays du Sahel après le retrait progressif de ses forces militaires. Paris tente désormais de repositionner sa présence en Afrique autour de l’économie, de l’innovation, de la jeunesse et du climat plutôt qu’autour des seuls enjeux sécuritaires.
Pour Maurice, la rencontre représente une opportunité stratégique. La délégation mauricienne, conduite par le Premier ministre Navin Ramgoolam, comprendra une importante représentation du secteur privé mauricien, notamment dans les services financiers, l’économie bleue, l’énergie, la santé, les technologies numériques et le conseil aux entreprises.
Des groupes comme IBL, actif dans la logistique et l’économie maritime, ou AfrAsia Bank illustrent les ambitions mauriciennes de se positionner comme plateforme régionale entre l’Afrique, l’Asie et l’océan Indien.
Au-delà des annonces, Nairobi servira surtout de test pour mesurer si le partenariat AfriqueFrance peut réellement évoluer vers une relation plus équilibrée, centrée sur les investissements, l’innovation et la souveraineté économique africaine.
***
Chiffres clés
? 30+ chefs d’État et de gouvernement attendus aux côtés des présidents William Ruto et Emmanuel Macron.
? Plus de 2 000 participants issus des milieux politiques, économiques, financiers et de la société civile.
? 1 500 chefs d’entreprise, investisseurs et entrepreneurs réunis lors du Business Forum du 11 mai.
? 7 grands thèmes stratégiques au programme :
• Intelligence artificielle et numérique
• Économie bleue
• Agriculture et sécurité alimentaire
• Santé
• Transition énergétique
• Industrialisation verte
• Réforme de l’architecture financière internationale
? 54 pays africains sont potentiellement concernés par les enjeux débattus au sommet.
? €13,7 milliards : Volume d’activité de l’Agence française de développement en 2025, dont 30 % sont consacrés à l’Afrique.
? 2023 : Année du Pacte de Paris pour la prospérité, les peuples et la planète, dont «Africa Forward» veut prolonger l’esprit.
? 2021 : Sommet de Paris sur le financement des économies africaines, considéré comme l’un des précurseurs d’«Africa Forward».
? 2026 : Croissance africaine attendue à 4,3 %, selon le FMI, contre moins de 1 % pour la France. Un écart qui souligne le potentiel du continent malgré les tensions géopolitiques mondiales.
Le sommet «Africa Forward» veut redéfinir les relations entre la France et l’Afrique autour de l’investissement, de l’innovation et de la souveraineté économique. Maurice y voit une occasion stratégique de renforcer son ancrage africain grâce à une forte délégation public-privé.
Publicité
Publicité
Les plus récents