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Saga Ravatomanga

Nasser Bheeky déplore un trafic d’influence de Rs 350 millions

11 novembre 2025, 06:30

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Nasser Bheeky déplore un trafic d’influence de Rs 350 millions

■ Nasser Bheeky arrivant à la cour de Port-Louis, hier. Photo: Kiranchand Sookrah.

C’est une séance tendue qu’a connue la cour de Port-Louis hier après-midi. Devant la magistrate Chrisinta Chavrimootoo, Nasser Osman Bheeky, 64 ans, a pris la parole pour défendre sa demande de libération sous caution. Arrêté dans le sillage de l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) en relation avec le Malgache Mamy Ravatomanga et des soupçons de trafic d’influence, Nasser Bheeky a livré une déposition qui a surpris par sa teneur et par les noms évoqués.

À la barre, il a affirmé avoir dénoncé aux enquêteurs de la FCC un réseau de trafic d’influence portant sur environ Rs 350 millions, dont les ramifications toucheraient, selon lui, à la fois des milieux politiques et des cercles d’affaires. Il soutient avoir alerté directement le bureau du Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, par le biais d’un de ses conseillers, ainsi que d’autres personnalités influentes au sein du gouvernement. Il affirme aussi connaître le «rôle du directeur par intérim de la FCC dans cette histoire».

Bheeky a assuré qu’il n’avait rien à cacher et qu’il souhaitait que la vérité soit dévoilée. Selon ses dires, lors de son interrogatoire du 27 octobre, un officier de la FCC lui aurait glissé : «Res trankil, to bizin aret koze» Une phrase qu’il a interprétée comme une tentative de le faire taire.

Ses avocats, Me Samad Goolamaully et Me Ashley Hurhangee, ont confirmé à leur sortie d’audience les déclarations de leur client, tout en refusant d’entrer dans les détails. Ils affirment également que leur client craint pour sa sécurité en détention, mais reste disposé à respecter toutes les conditions imposées par la cour en cas de remise en liberté.

Ils y réitèrent la demande qu’une autre entité enquête sur les soupçons de trafic d’influence car «la FCC ne peut enquêter sur ses propres membres».

De son côté, la FCC maintient son opposition à toute libération, évoquant un risque d’entrave à l’enquête, de manipulation de témoins et de destruction d’éléments de preuve. L’affaire a déjà connu plusieurs reports depuis la fin d’octobre, l’accusé ayant été hospitalisé à plusieurs reprises avant sa comparution de ce lundi.

Après une heure d’audience, faute de temps, la magistrate a suspendu la séance. La motion de remise en liberté conditionnelle de Nasser Bheeky sera reprise aujourd’hui à 14 heures, pour la suite des plaidoiries et le contreinterrogatoire du prévenu par le représentant légal de la FCC.

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