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Portrait

Nadia Mamet : Crayon libre

29 décembre 2025, 15:00

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Nadia Mamet : Crayon libre

■ Nadia Mamet et son tout premier album jeunesse, «Vini Tifi!»

«Vini Tifi!» marque l’entrée de Nadia Mamet, illustratrice, dans l’univers de l’édition jeunesse. Entièrement illustré à la main, cet album bilingue, lancé en novembre, est son tout premier ouvrage. Conçu comme un jeu de «cherche et trouve», le livre invite les enfants dès l’âge de quatre ans à explorer des scènes à la recherche de quatre personnages : «Tifi, son frère Garson, leur chien Touts et leur grand-mère Nani». Un concept qui se prolonge au fil des pages, avec des défis et quêtes supplémentaires pensés pour les lecteurs plus âgés.

À travers son premier livre Vini Tifi !, Nadia Mamet rend un vibrant hommage à la culture mauricienne. Les illustrations plongent le lecteur dans des lieux emblématiques et des scènes du quotidien – du bazar de Quatre-Bornes au jardin botanique – en passant par la régate de Mahébourg ou la plage de Tamarin. «Maurice m’inspire par son humour, ses facettes improbables, ces petites choses qu’on ne voit que chez nous. Il y a aussi une richesse de couleurs et une énergie unique : c’est une île pleine de vie. Vini Tifi ! m’a permis d’illustrer le quotidien mauricien avec toutes ses surprises et ses détails rigolos dans un univers foisonnant de couleurs», confie l’artiste.Un univers qui peut séduire les locaux comme les touristes.

Le dessin accompagne Nadia Mamet depuis l’enfance. Autodidacte, elle apprend en observant et en expérimentant, avant de suivre des études de créatrice de mode, qui affinent son regard artistique. «J’aime dessiner, créer et me perdre dans les couleurs et les détails. Je peux passer des heures à ajouter de petits éléments, à peaufiner les détails, jusqu’à sentir la scène s’animer, gagner en vie et en personnalité», explique-t-elle. Ses illustrations entièrement faites à la main, prennent d’abord forme au crayon, puis au stylo et aux feutres. Elles naissent souvent sans croquis précis et se construisent progressivement. «Je construis l’image au fur et à mesure, des moments banals du quotidien, des conversations, des situations parfois absurdes. Je transforme ensuite ces fragments de réalité en illustrations très chargées.»

Humour, désordre et profusion sont au cœur de son travail. «J’aimerais transmettre de l’humour, que les gens se disent : “ça, je l’ai déjà vécu”». L’artiste aime montrer que le désordre, la complexité et la multitude font partie de la beauté du monde. «Je choisis les scènes ou les éléments qui me font sourire ; ce qui me touche ou m’intrigue. Chaque élément a sa raison d’être, même discrète, et j’aime que le regard découvre de nouveaux détails à chaque observation.»

Les animaux occupent aussi une place dans son imaginaire : «Les dessiner dans des postures humaines, avec des attitudes inattendues, m’a beaucoup amusée.» Le principal défi, confie-t-elle, reste de trouver l’équilibre entre foisonnement et lisibilité afin que le regard puisse se promener librement sans se perdre.

Nadia Mamet s’inspire davantage d’univers que de noms précis comme les illustrations très narratives, riches en détails et les artistes capables de raconter une histoire sans mots. L’observation des gens et de la vie réelle est aussi une grande source d’inspiration. L’artiste nourrit désormais l’envie de continuer à développer l’univers de Vini Tifi ! et d’explorer d’autres projets artistiques. Aux artistes en herbe, elle adresse un message simple : faire confiance à sa sensibilité. «C’est souvent là que naît l’unicité d’un travail.»

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