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MASA : pas touche aux Rs 95 millions le temps d’un «forensic audit trail»
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MASA : pas touche aux Rs 95 millions le temps d’un «forensic audit trail»
■ Poing levé, le samedi 25 octobre, notamment pour Joëlle Coret, présidente de l’Union des artistes, et Gérard Louise, directeur de la MASA. Les frères Joganah et Ras Natty Baby ont aussi répondu à l’invitation du syndicat.
Répondre aux nombreuses incompréhensions des artistes. L’exercice a eu lieu le samedi 25 octobre à l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM), à Rose-Hill. Gérard Louise, directeur de la Mauritius Society of Authors (MASA) a accepté l’invitation de l’Union des artistes. Est-ce que ce sera le jackpot pour les artistes avec les Rs 95 millions dans les caisses de la MASA, qui attendent de retrouver leurs propriétaires ? Un «forensic audit trail» devra d’abord situer les responsabilités.
Rs 95 millions dans les caisses: un «forensic audit trail» ordonné
Annonce du président du conseil d’administration de la MASA, Richard Hein, lors de l’assemblée générale : Rs 95 millions sont dans les caisses. Une «lamone artis» à la fois constituée de royalties d’artistes décédés, de paiements non effectués parce que les ayants droit seraient introuvables. Ou encore des royalties d’artistes étrangers. Plusieurs sources estiment que la majeure partie des Rs 95 millions serait pour des artistes étrangers. «Meena ki pe mont latet bann artis lokal, pe dir zot ki sa kas-la pou zotsa», note une source.
Un audit externe et indépendant avait déjà été décidé. Le nouveau board a ordonné un forensic audit trail, «ce qui donne le droit de poursuivre celui ou ceux qui ont fauté», précise une source. Pendant que le forensic audit trail sera en cours, il ne sera pas possible de toucher aux Rs 95 millions.
La prochaine répartition des droits d’auteur est prévue le mois prochain. Ce sera la seule tranche payable en 2025. Une source ajoute que «les ayants droit devraient toucher beaucoup plus que ce qu’ils ont touché lors de la précédente répartition. Mais le paiement de cette tranche des royalties ne concernera définitivement pas les Rs 95 millions qui sont dans les caisses de la MASA».
Conseil d’administration: des signes d’agitation
Des sources parlent avec persistance de l’empiètement du président sur la gestion au quotidien de la MASA. «Le nouveau chairman se comporte comme un président-directeur général. Même si au final, il cherche le bien des artistes, il s’y prend mal», dit une source. Malgré un temps d’ajustement – alors que le président a déjà siégé plusieurs fois au board –, la situation ne se serait pas améliorée, déplorent certains.
Le conseil d’administration de la MASA a souvent été divisé par des conflits entre les représentants des ministères et les artistes élus, rappelle une source. Il y a aussi eu des désaccords entre le board et l’administration de la MASA. «Au cours des trois dernières années, la situation s’était apaisée», indique une source. Les conditions se seraient dégradées à l’arrivée du nouveau chairman. L’une des conséquences: l’employé de la MASA agissant comme secrétaire du board a préféré se retirer. Le président aurait proposé le recrutement d’un secrétaire du board externe, ce qui serait contraire aux règlements. Il se dit que le président aurait temporisé au sujet de la compensation due au directeur de la MASA qui a repris son poste après 14 ans de suspension. «Alors que chaque année, le Budget a fait provision pour le paiement de ce que la MASA doit au directeur suspendu.»
Invité à réagir, le président du conseil d’administration, Richard Hein, nous a seulement indiqué qu’il est actuellement à l’étranger. Par ailleurs, un membre réélu du board a porté plainte auprès de la Financial Crimes Commission (FCC) au sujet des Rs 95 millions dans les caisses de la MASA. Ce qui aurait provoqué l’irritation d’autres membres élus, qui estiment que cette démarche aurait été politiquement téléguidée pour «monter les artistes contre le gouvernement». Un enregistrement d’un message WhatsApp a beaucoup circulé. Le membre réélu y affirme qu’il aurait reçu un appel du bureau du Premier ministre lui demandant ce qui se passe réellement à la MASA. «Laba pe per zot», entend-on dans l’enregistrement.
Dialogue constructif. Gérard Louise répond à l’union des artistes
Le directeur de la MASA a répondu à l’invitation de l’Union des artistes présidée par Joëlle Coret. C’était le samedi 25 octobre à l’ICJM, à Rose-Hill. Le syndicat voulait des éclaircissements concernant le retour de Gérard Louise dans le fauteuil de directeur après 14 ans de suspension et la situation actuelle de la MASA. Dans l’assistance figuraient Ram et Nitish Joganah, entre autres.
«Trop souvent, nous n’entendons qu’un seul son de cloche. Cette rencontre a été organisée dans la transparence et le respect mutuel. Ce qui tranche, selon des artistes, avec la cacophonie des assemblées générales de la MASA», souligne Joëlle Coret. Cette rencontre a aussi été motivée par la récente plainte d’un membre élu du board de la MASA, au sujet de Rs 95 millions dans les caisses de la société des droits d’auteur, à la FCC.
L’Union des artistes a également interrogé Gérard Louise au sujet d’une collaboration entre le syndicat et la MASA, dans son processus de restructuration. «Depuis que le directeur et le chairman sont en poste, ils n’ont pas expliqué publiquement comment ils comptent redonner confiance dans la MASA. Nous espérons que cette rencontre marquera le début d’un dialogue renouvelé entre la MASA et le syndicat, que cela ouvrira la voie à une gestion plus transparente, plus équitable et plus humaine des droits d’auteurs à Maurice», souligne la présidente de l’Union des artistes.
Grève de la faim. Rencontre Ras Natty Baby–MASA jeudI
Ras Natty Baby, membre de l’Union des artistes, est revenu sur son intention d’entamer une grève de la faim. C’était samedi à l’ICJM. Le contentieux concerne la «pension» d’artiste, qui était initialement de Rs 2 500, que la MASA ne lui a pas accordée quand il a eu 60 ans, en mai 2014.
Ras Natty Baby a toujours clamé que son statut de membre fondateur de la MASA et sa longue carrière lui donnent droit à cette allocation. Cette aide sociale avait été réduite à un flat rate de Rs 1 000 en 2022, avant de disparaître, faute de fonds.
Dans le bras de fer opposant Ras Natty Baby à la MASA, en février 2023, l’artiste avait accepté, under protest, un paiement de Rs 104 000. Pour lui, ce n’était qu’un acompte de la somme totale qui lui est dû, qui représente environ Rs 300 000.
Le 14 octobre, l’artiste de 71 ans a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim pour réclamer les arriérés. Samedi, à la table de l’Union des artistes, il a déclaré que «lundi, je compte m’acheter une tente pour faire la grève».
Gérard Louise l’a alors invité à une réunion à la MASA le jeudi 30 octobre. «À l’origine, le plan de pension a été travaillé avec des actuaires. Si on avait respecté le plan établi, Ras Natty Baby n’aurait pas été dans cette situation.» Il a mis en garde l’artiste. «Pa krwar seki dimounn dir twa. Je te montrerai les dossiers. Mo pou montre twa ki sannla inn koulout twa. Les solutions ne sont pas sur TikTok.»
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