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Portrait

Marchand de sorbets, un métier qui fond… mais pas Feroze

7 décembre 2025, 12:00

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À 75 ans, Feroze Maudarbucus continue de pédaler chaque jour dans les rues de Port-Louis, son tricycle chargé de sorbets. Cet habitant de Vallée-Pitot a consacré 60 ans à ce métier qu’il a embrassé à seulement 14 ans. Aujourd’hui, il est l’un des derniers à exercer encore cette activité dans la capitale.

Son tricycle porte le nom de «Florida Ice Cream». Une appellation qui remonte à 1965. «C’est le grand-père de Navin Ramgoolam qui m’a donné ce nom», raconte-t-il avec fierté. À l’époque, Feroze avait même inscrit son équipe de football sous la bannière du Florida Sporting Club.

Au fil des décennies, il a sillonné plusieurs zones : l’ancien port, la route nationale, puis la rue Remy Ollier, à Chinatown, où il a fini par établir son point fixe. Son activité s’est adaptée à la demande : aujourd’hui, il prépare aussi des commandes pour des anniversaires, des fiançailles ou diverses célébrations. Il vend notamment des boîtes d’un litre à Rs 200.

Mais derrière la douceur de ses sorbets se cache une réalité plus amère : le métier disparaît. «Autrefois, on était environ 80 marchands de sorbets à Port-Louis. Aujourd’hui, je suis le dernier», déplore-t-il. Selon lui, les jeunes n’y voient que la fatigue, les longues journées au soleil et les faibles marges. «Ils ne veulent plus apprendre.»

Pourtant, ce travail a façonné toute sa vie. «Avec ce métier, je me suis marié, j’ai élevé mes enfants et j’ai construit mon avenir», confie Feroze. Il continue, malgré les années, à vendre ses sorbets comme il l’a toujours fait : avec dignité et la même fierté qu’à ses débuts.

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