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Plumes engagées

L’homme incapable de recevoir

29 juin 2026, 13:30

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L’homme incapable de recevoir

Fatéma.

Des mots qui dénoncent, qui guérissent, qui résistent. Dans cette nouvelle édition, numéro 160, de ce lundi 29 juin, la rubrique «Plumes engagées» réunit des poètes mauriciens confirmés, et de nouvelles voix émergentes autour de textes forts sur l'amour, la résilience, la foi et la société mauricienne. Des plumes? déjà reconnues de la littérature mauricienne contemporaine côtoient des talents qui signent ici leurs premiers vers publiés, preuve que la poésie engagée à Maurice est vivante, diverse et sans compromis. ✍️ Lisez, partagez et laissez les mots faire ce qu'ils font de mieux : toucher là où ça compte.

Je me suis livrée à toi telle une proie,

Avançant vers tes crocs, sans détour, sans effroi,

Le cœur lourd, les mains pleines,

T’offrant mes blessures les plus anciennes.


J’ai fait tinter les barreaux de ta cage,

Non pour te défier, pour te rendre hommage,

Pour que tu sentes encore ma présence,

Pour que tu saches que je refusais ton absence.


Mais toi, homme fier et orgueilleux,

Tu as pris mon amour et l’as jeté au feu.

Chacun de mes gestes remplis de tendresse

Te renvoyait à ta honte, à ta faiblesse.


Tu repoussais celle qui voulait rester,

Suppliant à ta solitude de te dévorer,

Préférant les corps sans lendemain,

Jurant, les dents serrées, n’avoir besoin de rien.


Je t’ai seulement dit : «Tu me manques.»

Trois mots nus, une voix tremblante.

Tu m’as répondu comme on tranche cruellement

La gorge d’un oiseau chantant.


Alors j’ai saisi ta violence

Et l’ai forgée en puissance,

Celle d’une femme qui s’est relevée,

Et refuse de se faire piétiner.


Me disant que peut-être un soir,

Quand ta solitude te brûlera,

Et que ces trois mots résonneront

Contre les murs glacés de ta prison


Tu te rappelleras mon prénom,

Celui que ta bouche tordait comme un affront,

Et là tu comprendras, pauvre homme seul :

Le hurler ne me ramènera pas à ton seuil.


Je suis partie sans te maudire,

Bien que ton absence me fende encore,

Car le plus cruel n’est pas de souffrir...


C’est d’être aimé

Et ne pas savoir le recevoir.

photo Bio

Fatéma

Rédactrice SEO internationale, elle est passionnée par les mots, l’humain et les vérités que l’on tait trop souvent. À travers des écrits, sous son nom de plume Pocca, elle explore le harcèlement, les différences, la résilience, l’amour et la dignité humaine.

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