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Grèce

L’État va dépenser 25 milliards d’euros pour réformer sa défense

2 avril 2025, 15:03

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L’État va dépenser 25 milliards d’euros pour réformer sa défense

Des chasseurs Rafale de l’Armée de l’air hellénique volent lors d’un défilé militaire marquant le Jour de l’Indépendance de la Grèce, à Athènes, en Grèce, le 25 mars 2025. Louiza Vradi / REUTERS

Le premier ministre grec a annoncé qu’il s’agissait de la refonte des forces armées «la plus importante de l’histoire moderne» du pays.

La Grèce, membre de l’Otan, lance la refonte de son armée «la plus importante» de son histoire moderne à laquelle elle va consacrer quelque 25 milliards d’euros, a annoncé mercredi le premier ministre Kyriakos Mitsotakis, dans un contexte de défis grandissants pour la sécurité de l’Europe.

Devant le Parlement, le chef du gouvernement conservateur a insisté sur l’«environnement international incertain» dans lequel baigne ce pays méditerranéen voisin de la Turquie et qui est l’un des pays de l’Otan qui consacrent plus de 3% de son PIB aux dépenses de défense. Cette vaste refonte est «la transformation la plus importante des Forces armées dans l’histoire moderne du pays», a-t-il assuré.

Position géographique stratégique

«De l’Arctique à la mer Égée, les équilibres se modifient», a insisté Kyriakos Mitsotakis devant les députés. «Cela implique de nouveaux défis pour l’ensemble du continent européen (...) mais aussi pour des pays comme le nôtre», a-t-il ajouté, évoquant un pays «petit peut-être en superficie» mais selon lui «grand en importance et en dynamisme» en raison surtout de sa position géographique stratégique en Méditerranée orientale, aux frontières extérieures de l’Union européenne.

Il a souligné la nécessité pour la Grèce de «rester forte, stable et indépendante dans un monde qui change à un rythme imprévisible». Le premier ministre conservateur n’a pas détaillé le calendrier de cette réforme mais selon des sources ministérielles, ces 25 milliards d’euros d’investissements doivent s’étaler d’ici 2036.

La France, l’Allemagne et la Pologne ont récemment annoncé vouloir renforcer leurs armées au moment où la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a assuré que l’Union européenne devait augmenter significativement ses dépenses d’armement dans un contexte géopolitique tendu. Outre l’acquisition de 20 avions de combat F-35, pour lesquels un accord a déjà été signé, Athènes veut renforcer son dôme antiaérien actuel avec des armes nouvelles, des drones navals et aériens, ou des radars.

«Bouclier d’Achille»

Ce «Bouclier d’Achille», comme l’a présenté Kyriakos Mitsotakis, doit renforcer la défense antimissile et antiaérienne ainsi que des systèmes antidrones. Athènes a déjà doublé son budget de la défense pour 2025 par rapport à 2024, à 6,13 milliards d’euros.

La Grèce, qui entretient des relations acrimonieuses avec son partenaire au sein de l’Otan, la Turquie, est l’un des quatre pays de l’Alliance qui consacrent plus de 3% de son PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l’Estonie et la Lettonie. Située aux frontières extérieures de l’Union européenne, elle cherche ces dernières années à renforcer sa position géopolitique en Méditerranée orientale, proche des zones conflictuelles du Moyen-Orient.

«Historiquement, la Grèce a servi et continuera de servir d’avant-poste pour l’Europe, qui actuellement cherche à réorganiser sa défense dans une conjoncture internationale difficile», explique à l’AFP Maria Gavouneli, professeure de droit international à l’université d’Athènes. Athènes a toujours justifié sa course aux armements par ses différends historiques avec Ankara, en particulier la délimitation de la zone exclusive économique (ZEE) en mer Égée qui sépare les deux voisins.

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