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Caudan Arts Centre

Ras Ninin ouvre les célébrations de Fet Kaya

27 juillet 2026, 11:30

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Ras Ninin ouvre les célébrations de Fet Kaya

Le seggae a trouvé, samedi soir, un nouvel écrin. Le Caudan Arts Centre s’est laissé envahir par les rythmes de cette musique emblématique de Maurice à l’occasion de Fet Kaya, un concert avec Ras Ninin marquant le lancement des célébrations consacrées à l’héritage de Kaya jusqu’au 10 août, date anniversaire de sa naissance. Une soirée portée par l’agence culturelle réunionnaise Komkifo, dirigée par Zakaria Mall, en collaboration avec Babani Records, qui a transformé l’espace en un véritable lieu de mémoire, de partage et de communion.

Dès 18 h, une ambiance particulière s’installe. Dans le hall d’entrée, un DJ diffuse les plus grands classiques du seggae. Les conversations se mêlent aux rythmes familiers de Kaya, tandis que le public, composé de passionnés de musique, de familles et de plusieurs figures du monde artistique, prend le temps de se retrouver avant le spectacle. Une atmosphère chaleureuse règne dans le lobby, où chacun semble mesurer le caractère particulier de cette soirée. À l’intérieur de la salle, les spectateurs découvrent rapidement que le concert ne sera pas une simple succession de chansons. Dès les premières minutes, le public est conquis par le travail de mapping vidéo imaginé par Avneesh de Babani Records. Les projections visuelles donnent une nouvelle dimension au spectacle, enveloppant la scène d’images inspirées de l’univers du seggae et renforçant l’émotion portée par les morceaux.

Puis Ras Ninin entre en scène. Pendant près d’une heure et demie, l’artiste revisite 18 titres emblématiques de Kaya avec sa propre identité musicale. Loin d’une imitation, il propose une interprétation personnelle, fidèle à l’esprit du père du seggae tout en y apportant sa sensibilité. Sa voix, son énergie et sa présence scénique séduisent rapidement un public qui reprend les refrains en chœur. L’un des moments les plus forts de la soirée survient avec Fam dan zil. La salle entière accompagne l’artiste, certains debout, d’autres les bras levés, transformant le concert en une véritable célébration collective. Même enthousiasme lorsque résonne Sant lamour, revisité à la manière de Ras Ninin . Chaque morceau rappelle combien les textes de Kaya demeurent actuels et continuent de toucher plusieurs générations.

Ras Ninin

Plus qu’un hommage, Fet Kaya se veut une célébration vivante de l’homme, de son œuvre, de son message et de son héritage. C’est précisément cette philosophie qu’avait mise en avant Zakaria Mall avant le spectacle. L’objectif n’était pas de figer Kaya dans le passé, mais de permettre à un artiste de la nouvelle génération de faire revivre son répertoire avec ses propres influences. Une démarche qui s’inscrit dans ZILANZIL 2026, programme de circulation culturelle entre La Réunion et Maurice visant à préserver et transmettre le patrimoine artistique des îles de l’océan Indien.

Tout au long de la soirée, les applaudissements nourris témoignent de l’adhésion du public. Plusieurs spectateurs se lèvent spontanément pour danser, tandis que d’autres chantent chaque parole, preuve que la musique de Kaya demeure profondément ancrée dans la mémoire collective mauricienne. En quittant la salle, beaucoup prolongent les discussions dans le lobby, encore bercés par les derniers airs de seggae. Tous repartent avec le sentiment d’avoir assisté à bien plus qu’un concert : le début d’un parcours mémoriel qui mènera jusqu’au 10 août, autour d’un artiste dont la musique continue de rassembler, de faire réfléchir et de faire vibrer Maurice.

Cette première édition de Fet Kaya aura ainsi tenu toutes ses promesses : offrir au seggae une scène prestigieuse, rappeler la force intemporelle de l’œuvre de Kaya et démontrer que son héritage continue d’inspirer les artistes comme le public. Une soirée réussie, où la mémoire s’est exprimée en musique.

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