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Syrie

Les premiers civils druzes fuient Soueïda à la faveur d’une accalmie

21 juillet 2025, 06:59

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Les premiers civils druzes fuient Soueïda à la faveur d’une accalmie

Au lendemain du cessez-le-feu, un calme précaire règne dans les rues de Soueïda, dans le sud de la Syrie. Plus de 1 000 personnes y ont perdu la vie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

À Soueïda, dans le sud de la Syrie, les premiers civils druzes ont enfin pu quitter la ville, dimanche 20 juillet. Ils sont une poignée, majoritairement des femmes et des enfants. Ils ne sont pas blessés, mais profondément marqués. Ils ont fui les combats et les exactions, parfois après avoir vu leurs proches tués sous leurs yeux. Réfugiés dans des écoles ou des bâtiments publics à la frontière du gouvernorat, ils attendent désormais que la situation s’apaise.

Dans une salle de classe poussiéreuse d’une trentaine de mètres carrés, une vingtaine de femmes dorment à même le sol. Elles font partie des premières rescapées sorties vivantes de Soueïda. La plupart ont tout perdu. Jamila, 40 ans, habitait le centre-ville. Elle a vu son fils mourir sous ses yeux.

« Mon fils n’était pas un soldat. C’est un simple civil. Il travaillait comme coiffeur. Sa vie, c’était maison-travail, travail-maison. Il n’a jamais fait de mal à personne. Pourquoi ces groupes armés l’ont tué ? Après ça, ils ont volé nos affaires, brûlé ma maison. Ils nous ont laissé à la rue ».

« J’ai perdu sept membres de ma famille »

Assise près d’elle, Souhad, 83 ans, a vu sa maison devenir un cimetière. Des hommes habillés en treillis militaire qu'elle ne sait identifier ont exécuté devant elle tous les hommes de sa famille. « Je pensais que les groupes armés druzes nous protégeraient. Mais ces hommes en treillis ont tué mes deux fils, leurs beaux-frères… tous exécutés devant les enfants. Quatre petits-enfants ont vu leur père mourir sous leurs yeux. Six hommes ont été tués ce jour-là. Et plus tard, mon dernier fils est mort lui aussi. J’ai perdu sept membres de ma famille ».

Ces femmes, traumatisées, sont aujourd’hui cachées par la sécurité intérieure. Elles ne parlent que peu. Elles ne mangent pas. Leur témoignage reflète une réalité que personne n’ose encore nommer : dans cette guerre éclatée, les lignes de front sont devenues floues. Les civils paient le prix d’un chaos où plus personne, pas même les figures locales, ne semble en mesure de garantir leur sécurité.

« Nous avons vu des monstres »

Au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu, un premier convoi d'aide humanitaire a pu entrer, mais la situation à l'hôpital de Soueïda reste très précaire. Le docteur Hatem Al Mghwish, médecin résidant à l'hôpital, raconte ce qu'il s'est passé le jour où des milices ont pris le contrôle de l'hôpital.

Aujourd'hui, « la situation à l'hôpital est désastreuse, rappelle le médecin. C'est lamentable. Nous avons tout perdu. Il ne reste que quelques soignants et on a besoin de matériel. On a besoin de bons traitements pour les patients. Il y a tellement de corps à l'hôpital. Les vers ont envahi l'endroit et le personnel est dans une situation désastreuse. Ils vivent actuellement dans des conditions misérables. Il n'y a ni nourriture, ni eau, ni électricité ».

Selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les affrontements intercommunautaires entre groupes druzes et bédouins sunnites ont fait plus de 1 100 morts.

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