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World Knits
Les directeurs sommés de payer les salaires sous peine de poursuites
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Les directeurs sommés de payer les salaires sous peine de poursuites
■ Des employés de World Knits lors du «sit-in» à l’usine de Quartier-Militaire, lundi dernier.
Après l’échec du plan de restructuration d’Universal Fabrics, le ministère du Travail hausse le ton. Si une partie des employés de World Knits Ltd a finalement reçu son salaire de juillet, 155 membres du personnel administratif restent impayés. Pour Reza Uteem, la responsabilité incombe désormais aux directeurs du groupe, qui s’exposent à des actions légales en cas de non-paiement.
La crise qui secoue World Knits Ltd prend une nouvelle tournure. Quelques jours après le sit-in organisé par les employés de l’usine de Quartier-Militaire, le ministre du Travail, Reza Uteem, a confirmé que Universal Fabrics, l’une des trois entités du groupe, n’est plus sous administration. Une situation qui replace les directeurs de l’entreprise au cœur de leurs obligations : payer les salaires dus aux travailleurs.
Le mois dernier, l’administrateur d’Universal Fabrics avait convoqué une réunion des créanciers afin de faire approuver un Deed of Company Arrangement, un mécanisme destiné à permettre la poursuite des activités de l’entreprise sous un plan de restructuration. Les créanciers ont toutefois rejeté cette proposition. «À partir du moment où le Deed of Company Arrangement n’a pas été accepté, Universal Fabrics n’est plus sous administration. La responsabilité revient donc aux directeurs», a déclaré Reza Uteem.
Selon les chiffres communiqués par le ministère, une partie importante des salariés a finalement été rémunérée pour le mois de juillet. Au total, 235 employés d’Universal Fabrics ainsi que 36 salariés de Kline Textile, autre société appartenant au groupe World Knits, ont perçu leur paie.
En revanche, 148 employés de World Knits et sept de Kline Textile, essentiellement du personnel administratif, attendent toujours leur salaire de juillet. Pour le ministre, cette situation constitue une infraction à la législation du travail. «Le non-paiement des salaires est un délit. Le ministère prendra toutes les mesures nécessaires pour que les travailleurs soient payés. À défaut, des actions légales seront initiées contre le groupe.»
Un vide juridique pour les employés
Cette annonce intervient alors que les salariés vivent une situation de plus en plus précaire. Lundi, entre 150 et 200 employés avaient organisé un sit-in à l’intérieur même de l’usine de Quartier- Militaire, dénonçant des semaines d’attente et une incertitude grandissante. À l’absence du salaire de juillet s’ajoute désormais celui d’août, également attendu. Au-delà des salaires impayés, le ministre souligne une autre difficulté majeure : actuellement, les travailleurs ne peuvent bénéficier d’aucun filet de sécurité.
Les employés n’ayant pas été licenciés, ils ne peuvent être référés devant le Redundancy Board. Ils restent donc exclus du Workfare Programme, pourtant destiné à soutenir les salariés victimes de pertes d’emploi. «Ce n’est pas possible que des travailleurs restent dans cette situation. Ils ne sont pas licenciés, mais ils ne sont pas payés non plus», a déploré Reza Uteem.
Cette impasse laisse plusieurs centaines de familles sans revenus, tout en les privant des mécanismes d’aide prévus par la loi.
L’inquiétude est tout aussi vive parmi les employés étrangers de World Knits. Environ 150 travailleurs migrants ont exprimé leur souhait de rejoindre d’autres employeurs afin de pouvoir continuer à subvenir aux besoins de leurs familles, restées dans leur pays d’origine.
Eux aussi vivent dans l’incertitude, sans rémunération et sans visibilité sur l’avenir de l’entreprise. Selon le ministre, des discussions sont en cours pour un éventuel repreneur, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite. En attendant, les actionnaires sont appelés à assumer leurs responsabilités financières.
Reza Uteem rappelle également un principe clair concernant les fonds qui pourraient être récupérés durant cette période. «Tout argent que l’administrateur perçoit doit, avant toute chose, servir à payer les salaires des travailleurs, avant même de rembourser la banque.»
Une pression qui monte sur le groupe
L’échec du plan de restructuration d’Universal Fabrics marque un tournant dans la crise qui secoue le groupe World Knits. Désormais, le ministère du Travail affiche une ligne plus ferme et n’écarte plus un recours aux tribunaux si les salaires dus aux employés ne sont pas versés dans les plus brefs délais.
Du côté syndical, les interrogations se multiplient. Fayzal Ally Beegun estime que toute la lumière doit être faite sur l’utilisation des fonds injectés par la Mauritius Investment Corporation (MIC). «Je pense que la Financial Crimes Commission devrait initier une enquête. Comment une entreprise reconnue à l’international pour la qualité de ses produits peut-elle aujourd’hui se retrouver avec des dettes de plusieurs milliards de roupies ?» s’interroge-t-il.
Le syndicaliste appelle également l’administrateur de World Knits, Rajeev Basgeet, à sortir du silence et à préciser les perspectives pour les quelque centaines de travailleurs concernés.
Sur le terrain, la situation devient de plus en plus préoccupante. Les employés ont entamé le mois de septembre sans avoir perçu leur salaire de juillet, tandis que celui d’août demeure lui aussi impayé. Pour de nombreuses familles, la crise n’est désormais plus uniquement financière ou industrielle : elle prend une dimension sociale de plus en plus aiguë.
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