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Coupe du monde 2026
Les ballons de foot sont fabriqués : Par des... enfants au Pakistan
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Les ballons de foot sont fabriqués : Par des... enfants au Pakistan
Nous sommes cinq milliards mobilisés pour regarder les 104 matches de la Coupe du monde de football 2026, qui réunit pour la première fois 48 nations et ce, jusqu’au 19 juillet. C’est l’événement le plus suivi sur Terre. Ces matches de déroulent au Mexique, aux États-Unis et au Canada. Quelques-uns seraient même décalés là où la température atteindra 35o C. Au-delà de 32o C, ça devient nocif pour les joueurs sur le terrain.
Le décor est planté, mais voyons ce qui se passe dans les coulisses en ce qui concerne la fabrication des ballons. Ils sont 160 millions d’enfants à travailler dans le monde, au lieu d’aller à l’école. La pauvreté extrême, le chômage des parents et l’absence d’accès à l’éducation les y obligent. On les retrouve dans l’agriculture, à faire le ménage, dans la prostitution, ou encore dans les entreprises de sous-traitance pour les multinationales. Souvenez-vous de Malala, jeune Pakistanaise de 14 ans, grièvement blessée par balle à la tête en octobre 2012 par un taliban parce qu’elle militait pour l’éducation des filles.
Sialkot, la capitale du ballon
On y fabrique 70 % des ballons de foot au nord-est du Pakistan. Cette région de Sialkot est réputée pour la fabrication d’articles de sport et, dans un passé encore récent, des milliers d’enfants – filles et garçons – fabriquaient ces ballons dans des conditions déplorables. Assis à même le sol, ils exécutaient 12 heures de travail dans des caves mal éclairées servant d’ateliers. Le tout pour un salaire de misère alors que ces ballons étaient revendus dans le monde à un prix 20 fois supérieur à leur pitance.
L’exploitation infantile frappaient 7 000 enfants. Un ballon est composé de 32 panneaux de deux tailles différentes. Ils devaient les assembler au moyen de 18 m de fil synthétique et de 700 points de couture. À l’aide d’une grosse aiguille, ils perçaient un trou. Les demi-sphères achevées, ils les réunissaient. Parvenus au dernier panneau, ils retournaient la balle à l’endroit pour la sceller de l’extérieur.
Au départ, ils produisaient deux ballons par jour après une année d’apprentissage pour s’initier aux bons gestes. Acquérir force et dextérité. Ensuite, ils fabriquaient quatre ballons par jour et obtenaient un petit bonus quand le ballon était une belle pièce. Ils travaillaient nuit et jour. Ces ballons assuraient leur survie. Recroquevillés et résignés, ils cousaient inlassablement avec un tissu sur la tête pour les protéger des mouches. Évidemment, tous ces ateliers étaient illégaux.
L’abolition de ce travail pénible effectué par des enfants était un défi à relever pour le pays, qui aurait préféré que les prochaines générations puissent être scolarisées.
L’exemple de Sudhaar
Ce fut un tollé général quand cette exploitation fut connue dans le monde entier. Des mesures furent prises à la fin des années 1990 pour tenter d’appliquer la loi en faveur de la scolarisation et agir selon les règles d’un commerce équitable. Cette mise en place a été facilitée par des ONG spécialisées et soutenues par la Fédération internationale de football, l’Organisation internationale du travail et l’UNICEF. Ce changement a également gagné d’autres régions du Pakistan. Le but est d’encourager les enfants à rejoindre les bancs de l’école afin de se développer intellectuellement Sudhaar donne l’exemple. Située dans le district de Sialkot, cette localité a construit 138 écoles pour accueillir 40 000 enfants, dont le quart vivait de la fabrication des ballons. Impossible d’envoyer ces enfants dans des écoles privées où la scolarité coûte cher. Faut dire aussi que l’éducation était encore une plaisanterie, avec un mauvais encadrement à la fois des instituteurs et des élèves.
Un accord presque historique fut signé en 1997. Le groupe allemand Adidas s’est engagé depuis 2002 à fournir tout le matériel nécessaire non seulement pour engager des éducateurs sportifs pour intéresser les enfants au football mais il fournit aussi les maillots, sacs, livres, fournitures scolaires... L’autre amélioration consiste à améliorer leur condition physique. Respecter les droits de l’enfant, leur apporter un message de paix et de respect et surtout le droit à l’éducation. Le pari est loin d’être gagné, mais les prémices sont encourageantes.
Aux adultes de s’y mettre
La devise à Sudhaar est claire. Ce lieu applique dès le départ l’organisation de tournois juniors qui remportent un grand succès. Ce genre de tournoi aide à renforcer l’idée simple que les adultes doivent fabriquer les ballons et les enfants jouer avec. Une révolution pour ces enfants qui ne savaient même pas comment jouer au football.
Il faut savoir que le Pakistan n’a jamais participé à la Coupe du monde de football.
Mais récemment, il a participé au Mondial de football des enfants de la rue, qui s’est tenu à Rio, au Brésil. Le Pakistan a même décroché la troisième place à ce tournoi de street soccer.
N’allons pas trop vite. La partie n’est pas encore tout à fait gagnée. Des resquilleurs continuent à exploiter des enfants en d’autres lieux au Pakistan. C’est de l’argent facile à gagner sur le dos des enfants issus de la classe pauvre. Certains parents s’y résignent afin d’assurer un complément de revenu indispensable surtout quand on a six à neuf enfants à nourrir. Bizin manz boul!
Ce mois-ci a été célébrée la Journée de l’enfance. Les fans de foot vont se régaler pendant la quinzaine de la Coupe du monde. Mais de temps à autre, qu’ils aient une pensée pour ces petites mains à l’autre bout du monde, qui ont peut-être péniblement fabriqué ces beaux ballons de foot. Certains fans vont même devenir... maboules ! «Let’s go», a clamé Shakira à l’ouverture officielle.
Boul ron, laplenn kare!
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