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Pollution à Pointe-aux-Sables

Les autorités coordonnent le nettoyage après un déversement d’eaux usées toxiques

16 juin 2026, 13:00

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Jeudi dernier, lors de travaux de fouille pour un projet de ferme solaire menés par Gokhool Engineering & Construction Company Limited (GECC Ltd), un conduit d’eaux usées de la Wastewater Management Authority (WMA) à La Tour-Koenig a été endommagé. Ce conduit transportait environ 80 % des eaux usées émanant d’opérations de teinture de la zone industrielle et 20 % d’eaux domestiques.

Alerté le jour même de l’incident, le ministère de l’Environnement a effectué une visite conjointe sur le site avec des éléments de la police de l’Environnement, du National Disaster Risk Reduction and Management Centre, de RT Knits, des éléments de la WMA, du National Environment Laboratory (NEL) et du ministère de la Pêche. Il a été constaté que les effluents s’étaient déversés dans un canal menant à un cours d’eau situé à environ 50 mètres du lagon de Pointeaux-Sables, rendant l’eau violette.

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Des poissons de différentes espèces, y compris des alevins et juvéniles, ont été retrouvés morts dans le canal et sous un pont. Des prélèvements d’échantillons ont été réalisés par le laboratoire de l’Environnement et le ministère de la Pêche et ces analyses sont en cours. L’Aquaculture division en a été informée afin de prendre les mesures nécessaires. Aucune infiltration de ces effluents n’a été observée dans le lagon grâce à une dune de sable naturelle entre l’embouchure du canal et la mer, ce qui a constitué une barrière empêchant la propagation.

Au moment de la visite, GECC Ltd procédait à la réparation du conduit sous supervision de la WMA. RT KnitsLtd a réduit ses activités et suspendu ses rejets dans le conduit en attendant la réparation. La WMA a indiqué que 30 m³ d’eaux usées stagnantes dans les tranchées seraient pompées vers la station de délestage la plus proche. Vendredi dernier, un suivi rapproché par le ministère de l’Environnement a été assuré. GECC Ltd a effectué 104 rotations de camions d’assainissement pour transférer les effluents vers la station de traitement de Montagne-Jacquot.

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Samedi dernier, le directeur de l’Environnement et des fonctionnaires se sont rendus sur le site. Deux rotations supplémentaires de camions transportant chacun 18 000 litres d’effluents ont eu lieu. Des instructions ont été données à GECC Ltd pour retirer les 150 m³ d’eaux contaminées restantes, déployer davantage de matériel, élargir et consolider la digue de sable retenant les eaux contaminées, et procéder à l’enlèvement des déchets contaminés et des poissons morts. Le ministère de l’Environnement continue de suivre la situation et prendra les mesures nécessaires selon les conclusions des investigations en cours par la police de l’Environnement.

Le junior minister à la Pêche et à l’économie bleue, Fabrice David, s’est rendu sur place hier, et a confirmé que la réparation du conduit a été achevée, que la WMA et l’entrepreneur ont commencé à pomper les eaux usées pour réduire la propagation. Il a affirmé que la dune de sable naturelle a empêché la pollution du lagon de Pointe-aux-Sables et que le conduit réparé a été renforcé par un coffrage en béton pour prévenir de futurs dommages.

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Du côté de WMA, on indique que «la faute ne revient pas à la WMA. Nous avons fait tout ce qui était possible pour atténuer les dégâts. De plus, il y a une équipe technique qui est sur place et nous vérifions tous les documents soumis par le contracteur, c’est à dire les plans et les autorisations.»

Amende de Rs 25 000 contre GECC Ltd

Dans un communiqué émis hier après-midi par le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, il est indiqué qu’un fixed penalty de Rs 25 000 a été dressé contre l’entrepreneur GECC Ltd, en vertu de l’article 136(1) de l’Environment Act 2024, pour avoir causé le déversement d’eaux usées dans un cours d’eau. De plus, un Programme Notice a également été émis à l’encontre de l’entrepreneur, en vertu de l’article 109(1) de l’Environment Act 2024. Ce dernier est donc tenu de soumettre à approbation, dans un délai de deux jours, un programme détaillé de mesures assorti de délais précis et d’un calendrier de mise en œuvre, que la société entend mettre en place pour remédier à la pollution causée, y compris les mesures de dépollution des zones affectées. Une réunion technique se chargera d’examiner et de statuer sur les mesures à court, moyen et long termes ainsi que leurs implications respectives.

Selon le même communiqué les officiers du ministère de l’Environnement surveillent la situation depuis le 10 juin, alors que des opérations de pompage sont en cours pour éliminer les effluents dans le canal Golden. «Une barrière de sable est utilisée pour prévenir l’infiltration d’eau de mer et limiter le volume à pomper. L’entrepreneur collecte également les poissons morts et la mairie de Port-Louis interviendra pour enlever les déchets solides observés dans le canal. Des prélèvements d’échantillons d’eau de mer ont été réalisés par le Département des pêches pour analyse», dit le communiqué.

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Joanna Bérenger : «Quelles garanties que cette intervention ne fera pas plus de mal que de bien ?»

Vendredi dernier, Joanna Bérenger, députée de l’opposition et ancienne junior minister de l’Environnement, a visité le site. Elle a qualifié l’incident d’«écocide» et exprimé des préoccupations quant à la gestion de la crise. «Ce n’est que trois jours après l’accident que le gouvernement s’est mis à communiquer sur le sujet et à pomper l’eau polluée et toxique, qui a stagné pendant tout ce temps. J’ai constaté moi-même l’ampleur de cette catastrophe écologique. Maintenant que leur sommeil s’est cassé, ils doivent nous dire combien de temps ça prendra pour enlever toute l’eau polluée, sachant que toute la rivière est affectée ! Ce qui est inquiétant, c’est que les produits chimiques issus du déversement ne restent pas uniquement dans l’eau. Une partie importante se dépose dans les boues et les sédiments au fond de la rivière. En envoyant des excavatrices creuser le lit de la rivière, on risque de remettre en suspension ces substances toxiques et de les disperser à nouveau dans le cours d’eau. Au lieu de contenir la pollution, cette intervention pourrait provoquer une pollution secondaire en répandant davantage les contaminants. Si l’objectif est un nettoyage rapide ou purement visuel, il faut se demander si toutes les précautions nécessaires ont été prises. La population mérite des explications claires : quelle est la stratégie de dépollution mise en place ? Quels tests ont été réalisés ? Quelles garanties que cette intervention ne fera pas plus de mal que de bien ? Et surtout, quelles garanties que cet accident ne se reproduira pas: est-ce que la WMA avait informé cette compagnie de la présence de son tuyau à cet endroit? Est-ce les ‘warning signs’ nécessaires avaient été mis?»

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