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Journée internationale des personnes handicapées
Le système craque, les ONG appellent à une inclusion réelle
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Journée internationale des personnes handicapées
Le système craque, les ONG appellent à une inclusion réelle
■ À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, les ONG rappellent que malgré quelques progrès, de nombreuses personnes vivent encore quotidiennement avec des obstacles qui entravent leurs droits, leur autonomie et leur dignité.
Chaque 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées rappelle l’importance de la dignité, des droits et du bienêtre des personnes vivant avec un handicap. À Maurice, cette date résonne avec une inten- sité particulière : malgré certaines avancées récentes du ministère de la Sécurité sociale et de l’Intégration sociale, de nombreux obstacles persistent sur le terrain.
Depuis 2018, l’Association Pour la Protection des Droits des Handicapés (APDH) accompagne familles et individus confrontés au handicap, un travail patient et souvent urgent. «Au quotidien, nous recevons plusieurs doléances et essayons d’aider le maximum de personnes à résoudre leurs problèmes», explique Ashvin Gudday, vice-président de l’APDH. Selon lui, «le chemin est encore long et épineux» pour garantir à toutes les personnes handicapées la dignité et l’autonomie qu’elles méritent.
Selon lui, le ministère a amorcé un dialogue, via le Consultation For Change, pour réviser le fonctionnement du Medical Board, les critères de la pension d’invalidité ou encore certaines protections sociales. Certaines mesures sont déjà effectives, comme la possibilité pour un bénéficiaire de conserver sa pension même après plus de six mois à l’étranger, une revendication de longue date.
Mais beaucoup de points restent à traiter : backlog des dossiers, refus de pensions, lenteurs administratives. Ashvin Gudday salue les intentions de changement, mais insiste sur la nécessité d’améliorations concrètes, comme le doublement de la pension à partir de 60 ans, l’augmentation du Carer’s Allowance à Rs 10 000, et surtout une communication accessible, par exemple via un système de hotline.

Le vice-président de l’APDH pointe aussi la non-promulgation du Protection and Promotion of the Rights of Persons with Disability Act, voté sous l’ancien gouvernement mais jamais opérationnel. «Elle aurait pu améliorer l’accès à l’emploi et à l’accessibilité», précise-t-il. Il reconnaît les intentions du ministère, mais réclame des résultats concrets. Pour 2026, il espère un système digitalisé et des réformes concrètes, avec des Medical boards composés de professionnels formés aux réalités du handicap et une approche sociale plutôt que strictement médicale.
Le ton est encore plus direct du côté d’Ali Jookhun, président de l’African Down Syndrome Network : «Cette année, il n’y a pas eu grand-chose. Beaucoup de discours, mais rien de concret. Le handicap est complexe. One size can’t fix all. Les réformes doivent être profondes et specifiques.» Il critique les initiatives déconnectées de la réalité, comme les fauteuils roulants flottants, présentés comme une avancée. Pour lui, il s’agit d’une mesure déconnectée de la réalité. «On ne peut pas proposer des fauteuils si l’accès de base à la plage n’est pas assuré. Comment amène-t-on une personne handicapée jusqu’à la mer ? C’est louable, mais cela ne peut pas être du pick and choose», martèle-t-il.
Concernant la pension d’invalidité, Ali Jookhun dénonce un véritable statu quo. Il rejette fermement l’idée de tenir les Medical boards dans les hôpitaux : «Une personne associe l’hôpital à la maladie. Il faut différencier handicap et maladie. Il faut appliquer une approche fondée sur les droits humains. Le droit des personnes handicapées est sacré, ce ne peut pas être un eyewash.» Au Parlement mardi dernier, le ministre Ashok Subron a annoncé qu’une réforme globale du système d’invalidité était en cours. La réintroduction des Medical boards dans les hôpitaux est à l’étude, mais nécessitera l’accord du ministère de la Santé.
Alors que Maurice affiche sa volonté d’être plus inclusive, le 3 décembre rappelle une évidence : les personnes handicapées ne demandent ni privilèges ni faveurs, mais l’accès plein et entier à leurs droits fondamentaux – égalité, accessibilité, dignité et respect.
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