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Comores

Le gouvernement contre-attaque face aux accusations visant l'entourage du président Azali Assoumani

26 juillet 2026, 20:30

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Le gouvernement contre-attaque face aux accusations visant l'entourage du président Azali Assoumani

Le président des Comores, Azali Assoumani, lors de son allocution à l'occasion de la fête nationale, le 6 juillet, à la Place de l'Indépendance, à Moroni.

À Moroni, 13 ministres se sont réunis devant la presse dans une démarche inhabituelle afin de répondre aux accusations portées par Mahmoud Salim Hafi, ancien numéro deux du secrétariat général du gouvernement. Parmi les membres du gouvernement présents figurait Abubakar Ben Mahmoud, ministre de l'Environnement. Il a mis au défi Mahmoud Salim Hafi de rendre publique la lettre confidentielle qu'il affirme détenir, signée par 14 des 15 ministres, estimant que les vidéos diffusées par ce dernier relevaient de «mensonges» visant à déstabiliser l'exécutif.

Au cœur de la controverse se trouve Nour El Fath Azali, fils du président Azali Assoumani et actuel secrétaire général du gouvernement, chargé de la coordination de l'action gouvernementale. Selon Mahmoud Salim Hafi, la lettre confidentielle viserait précisément à dénoncer les blocages que 14 ministres imputeraient à ce dernier ; seule la ministre des Transports n'aurait pas signé le document. Le contenu exact de cette lettre n'a toutefois jamais été rendu public et aucun document portant les signatures des ministres n'a été présenté dans l'espace public, ce qui laisse la véracité des propos de Mahmoud Salim Hafi non confirmée de manière indépendante. Dans un communiqué publié le 23 juillet, le gouvernement de l'Union des Comores a rejeté ces allégations, les qualifiant de «fausses et dénuées de tout fondement», et affirmé qu'aucun ministre n'avait engagé une telle démarche, individuellement ou collectivement.

L'opposition livre une analyse opposée de cet épisode. Daoudou Abdallah Mohamed, président du parti Orange, considère au contraire que cette mobilisation gouvernementale révèle un trouble profond au sein du pouvoir. Selon lui, la réaction des ministres confirme la validité des propos de Mahmoud Salim Hafi, qui exprimerait publiquement ce que plusieurs figures du régime pensent en privé. Il y voit le signe d'une concentration du pouvoir entre les mains d'un seul homme, au point que les institutions de l'État seraient, selon lui, vidées de leur substance au profit de ce dernier.

Les deux camps campent donc sur des positions inconciliables : Mahmoud Salim Hafi persiste dans ses accusations, tandis que le gouvernement les rejette fermement, dénonce une manœuvre de déstabilisation et envisage de saisir la justice.

Qui est Azali Assoumani ?

Né en janvier 1959 à Mitsoudjé, en Grande Comore, Azali Assoumani est un ancien militaire devenu chef d'État à la faveur d'un coup d'État le 30 avril 1999, avant d'être élu à la présidence de l'Union des Comores en 2002, 2016 et 2019, puis réélu en 2024 pour un troisième mandat. Ses opposants l'accusent d'avoir modifié la Constitution pour se maintenir au pouvoir jusqu'en 2029 ; la fermeture de la Cour constitutionnelle et de la Cour anticorruption a par ailleurs conduit l'Union européenne à suspendre totalement sa coopération avec les Comores. Il a présidé l'Union africaine en 2023.

Le gouvernement actuel, composé de 15 ministres, est issu d'un remaniement signé en avril 2025, le deuxième depuis sa réélection de 2024 – un chiffre qui correspond aux «15 ministres» évoqués dans l'affaire de la lettre confidentielle. Son fils, Nour El Fath Azali, occupe le poste de secrétaire général du gouvernement, fonction dans laquelle Mahmoud Salim Hafi affirme avoir été numéro deux, un détail qui éclaire le contexte familial et institutionnel dans lequel s'inscrit cette controverse.

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