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L’après-Camp-Levieux
Le couvre-feu n’a pas tout éteint
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L’après-Camp-Levieux
Le couvre-feu n’a pas tout éteint
Un couvre-feu a été instauré de 20 h 30 hier soir à 6 heures ce matin dans 15 régions du pays, à la suite des violences, actes de vandalisme et pillages survenus lundi soir. C’est ce qu’a annoncé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de son message à la nation hier. Le chef du gouvernement a lancé un avertissement : «Mon message est clair et sans concession. Nou pou idantifie bann insitater, bann dimounn ki azir kont lintere nou pei ek zot pou bizin reponn. Dimounn ki finn fer bann akt ilegal pou sibir bann konsekans bien lour ki zot aksion antipatriotik merite.» Cette intervention fait suite à une réunion spéciale du Conseil des ministres, présidée par Navin Ramgoolam hier après-midi au Bâtiment du Trésor, et consacrée à la situation du maintien de l’ordre. Initialement annoncée pour 18 heures par le Prime Minister’s Office, l’allocution a finalement été diffusée à 19 h 32 sur la MBC. Le Premier ministre s’est exprimé pendant environ six minutes.
Évoquant les violences survenues dans une dizaine de régions, le chef du gouvernement a appelé à la solidarité et à la responsabilité collective. Il a rappelé que les Mauriciens ont toujours exprimé leur mécontentement par les urnes ou à travers des manifestations. Il a condamné les actes de vandalisme et les pillages, soulignant que ces incidents interviennent alors que des élèves passent leurs examens de Cambridge et que le pays traverse une période de prières.
Selon les renseignements reçus par les autorités, des individus chercheraient à inciter à la haine et à la violence afin de troubler l’ordre public. Navin Ramgoolam a affirmé que, selon la police, certaines de ces personnes seraient financées et envoyées par des trafiquants de drogue qui se sentiraient menacés par les opérations policières. Il a précisé que les forces de l’ordre les auraient identifiées.
Face aux informations faisant état de nouvelles tentatives de troubles hier soir, le gouvernement a décidé d’imposer un couvre-feu dans 15 zones : Port-Louis, Beau-Bassin–Rose-Hill, Quatre-Bornes–Palma, Vacoas-Phoenix, Curepipe–Forest-Side, Mahébourg–Vieux-Grand-Port, Chemin-Grenier–Bel-Ombre, Case-Noyale–Rivière-Noire, Bambous, Petite-Rivière, La Gaulette, Flacq-Argy, Goodlands, Grand-Gaube et Triolet. Des dispositions spéciales ont été prévues pour les malades et les urgences.
Navin Ramgoolam a assuré que la police agirait avec fermeté et discernement contre toute personne cherchant à provoquer de nouveaux désordres. Revenant sur le coup de feu tiré par un policier à Camp-Levieux, il a qualifié cet acte d’impardonnable, tout en estimant que l’ensemble des policiers ne devait pas être tenu responsable du comportement d’un seul agent.
Le Premier ministre a également dénoncé la circulation d’images trompeuses et de fausses informations sur les réseaux sociaux. Il a appelé les médias à vérifier leurs informations et les personnalités politiques ainsi que les observateurs à mesurer la portée de leurs propos.
Remerciant ceux qui ont lancé des appels au calme, il a insisté sur la nécessité de préserver la paix et l’harmonie du pays. Une nouvelle réunion spéciale du Conseil des ministres est prévue aujourd’hui à 14 h 30 pour réévaluer la situation et décider de la marche à suivre.
Pour sa part, Arnaud Lagesse, président de Business Mauritius, a appelé au calme, à l’unité nationale et à la solidarité, invitant les Mauriciens à privilégier le dialogue et le respect.
À l’heure où nous mettions sous presse, des tensions étaient encore signalées hier soir à Bambous, Goodlands et Résidence Kennedy (voir photo).
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