Publicité

Fond-du-Sac

La peur de voir ses enfants tomber dans la drogue

14 octobre 2026, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La peur de voir ses enfants tomber dans la drogue

■ Les habitants de Fond-du-Sac souhaitent que leurs inquiétudes soient prises au sérieux, que les informations transmises aux autorités soient examinées et que des actions concrètes soient entreprises.

Des résidents dénoncent la vente et la consommation de drogue dans le village et s’inquiètent de leurs conséquences sur les jeunes. Entre nuisances, craintes pour la sécurité des enfants et sentiment d’impuissance, ils réclament des actions concrètes. Yash Ramchurn, travailleur social et habitant de Fond-du-Sac, appelle à une mobilisation collective.

«Le village a complètement changé.» C’est le constat amer d’un ancien conseiller du village, qui préfère garder l’anonymat par crainte de représailles. Habitant toujours le secteur, il affirme que la situation liée à la drogue s’est considérablement détériorée et que les résidents vivent désormais dans l’inquiétude. Selon lui, les nuisances sont particulièrement présentes le soir. Des jeunes circulent à moto dans les rues, faisant du bruit et perturbant la tranquillité des habitants. Lorsqu’il leur demande de cesser, il affirme être pris à partie et insulté. Mais audelà de ces nuisances, c’est surtout l’exposition des jeunes à la drogue qui l’inquiète.

Des parents inquiets pour leurs enfants

Un autre habitant estime lui aussi que le village est profondément affecté par le problème. Selon lui, la drogue serait vendue à différents endroits du village. Des personnes venant d’autres localités s’y rendraient également pour s’en procurer. Il affirme également que des jeunes seraient sollicités pour transporter ou déposer de la drogue dans d’autres secteurs. Ces allégations n’ont pas été confirmées par les autorités. La présence de caméras de surveillance dans le village suscite aussi des interrogations chez certains résidents, qui estiment que ces dispositifs ne suffisent pas à empêcher les activités qu’ils dénoncent.

L’inquiétude se ressent jusque dans les familles. Certains parents hésitent désormais à laisser leurs enfants jouer sur le terrain de volleyball de peur qu’ils ne fréquentent des personnes susceptibles de les entraîner vers la consommation de drogue. Pour ces familles, les espaces de loisirs devraient rester des lieux où les enfants peuvent se retrouver et pratiquer des activités en toute tranquillité, sans que leurs parents aient à s’inquiéter de leurs fréquentations.

L’autre préoccupation concerne les conséquences de la consommation de drogue sur les relations familiales. Selon des habitants, certains jeunes qui en consomment demandent de l’argent à leurs parents pour en acheter. Lorsque ceux-ci refusent ou n’ont pas les moyens de leur en donner, des vols sont commis au domicile familial ou chez des voisins. Un résident affirme également que certaines personnes consomment de la drogue dans des endroits isolés, notamment au cimetière. Ces témoignages reflètent les préoccupations exprimées par les habitants, sans toutefois permettre de mesurer à eux seuls l’ampleur du phénomène.

Une vidéo qui circule suscite par ailleurs des inquiétudes. Elle montrerait une mère accompagnée de son enfant, âgé d’environ sept à huit ans, à un arrêt d’autobus, ainsi que l’oncle de ce dernier, qui serait sous l’influence de drogues de synthèse. Selon les informations recueillies, le père de l’enfant serait décédé. Contacté à ce sujet, le ministère de l’Égalité des genres et de la famille a indiqué que le Family Support Service de Triolet et la Brigade de la famille avaient été informés de la situation. Le cas fait actuellement l’objet d’un suivi. Le contexte exact de la vidéo et les circonstances entourant la situation familiale restent toutefois à établir.

«Cela fait près de dix ans que l’on en parle»

Pour les habitants interrogés, le problème ne date pas d’hier. Certains affirment que les préoccupations liées à la drogue sont soulevées depuis près de dix ans. Ils disent voir des patrouilles policières dans le village, mais estiment que celles-ci ne permettent pas de mettre durablement fin aux activités dénoncées. Selon un résident, les policiers lui ont indiqué qu’une opération est en préparation. Les habitants souhaitent néanmoins obtenir des réponses sur les actions menées et les mesures envisagées pour lutter contre la vente présumée de stupéfiants

Pour Yash Ramchurn, la lutte contre la drogue doit mobiliser l’ensemble de la communauté. La police doit enquêter sur les informations crédibles, identifier les réseaux et faire respecter la loi. Toutefois, la répression doit aller de pair avec la prévention, l’accompagnement des familles et l’accès aux services de traitement et de réhabilitation. Les écoles, les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et les associations ont également un rôle à jouer. L’éducation, le sport, la culture et la formation peuvent offrir aux jeunes d’autres perspectives et les aider à construire leur avenir.

À Fond-du-Sac, les habitants souhaitent que leurs inquiétudes soient prises au sérieux, que les informations transmises aux autorités soient examinées et que des actions concrètes soient entreprises. Derrière ces témoignages, une même crainte revient : celle de voir les enfants grandir dans un environnement où la drogue prend de plus en plus de place. Pour ces habitants, il est urgent de protéger la jeunesse et de retrouver la tranquillité dans le village.

Publicité