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Le concert du désenchantement !
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Le concert du désenchantement !
Des signes révélateurs ! L’aveu du ministre du Travail, en réponse à la PNQ du leader de l’opposition, sur l’absence de participation du public – qui ne s’est pas déplacé en grand nombre pour assister au concert organisé en l’honneur des travailleurs et qualifié de «fiasco» par Lesjongard – n’est pas anodin. Il traduit une ambiance de morosité généralisée dans un pays, où le cœur n’est plus à la fête… même lorsque celle-ci est gratuite !
Uteem aura beau tenter de s’accrocher aux 350 000 «viewers», toutes plateformes digitales confondues, l’opinion retient surtout qu’un concert «live», ayant coûté plus de Rs 1,5 million, n’a attiré que 1 700 personnes, alors même que des facilités de transport – bus et métro – étaient exceptionnellement offertes aux travailleurs et à leurs familles ce jour-là.
Ce mardi, à l’Assemblée nationale, face à un Lesjongard enthousiaste à l’idée d’embarrasser le Mauve Uteem sous les regards rieurs de Bérenger et de ses deux camarades – venus grossir les rangs de l’opposition –, le ministre du Travail a aussi fait un autre aveu inattendu : son ministère n’a aucune expérience dans l’organisation de concerts et l’événement n’a été médiatisé que 48 heures avant sa tenue. Des explications plutôt légères au regard des dépenses publiques engagées.
On pourrait être tenté d’accuser le leader de l’opposition de démagogie lorsqu’il estime que le ministre a été mal avisé d’organiser ce concert, alors que le même Lesjongard faisait partie d’un gouvernement qui avait fait du gaspillage des fonds publics sa marque de fabrique. On pourrait aussi répondre – et Uteem l’a déjà fait – que les travailleurs ont droit à un moment de détente et que l’idée de départ reposait sur une bonne intention. Sauf que le résultat est là, et l’échec traduit un certain amateurisme.
Cette manifestation, qui se voulait une opération séduction envers des travailleurs éprouvés par la décision du rehaussement de l’âge de la pension de vieillesse, accentue finalement la déconnexion entre le public et un gouvernement dans lequel il avait placé beaucoup d’espoir et qui se révèle incapable de respecter ses promesses électorales.
Faut-il souligner que les critiques ne viennent plus uniquement de la rue, mais de l’intérieur même de la majorité ? Le Rouge Juman, fidèle à son franc-parler, prévoit déjà une défaite à la hauteur de la victoire de l’Alliance du Changement si le gouvernement ne change pas sa façon d’opérer. Le leader des Nouveaux Démocrates (Lobine) réclamait une réponse rapide et responsable face à la crise mondiale.
De son côté, le leader de Rezistans ek Alternativ ne prend plus de gants pour critiquer sa propre équipe lorsqu’il affirme que le secteur privé exerce trop d’influence sur le gouvernement. Un constat démenti par son collègue Uteem, mais sans la force nécessaire pour convaincre un public déçu, dont Subron tente désormais de relayer le malaise en réclamant une réorientation – sans grand succès jusqu’ici – de la politique sociale, économique et solidaire du gouvernement.
Une position tardive en guise de réveil politique après la démission de Bérenger et qui provoque des interrogations. D’autant que Subron évoque désormais publiquement une éventuelle démission de l’Alliance du Changement si les engagements pris ne sont pas respectés !
C’est dans cette ambiance maussade que se sont déroulées les consultations prébudgétaires, laissant présager un Budget sévère après l’appel du Premier ministre à la solidarité nationale. Est-ce l’écart qui se creuse progressivement entre le gouvernement et le public qui a donné lieu à une déclaration plutôt surprenante du Premier ministre réclamant, lors d’une fonction à Arsenal ce mercredi, un second mandat, estimant qu’«un seul ne suffirait pas après les dégâts de l’ancien gouvernement» ?
Si la nomination de Navarre-Marie – vécue comme une parenthèse bienvenue par une partie de la population – a permis au pays de franchir une nouvelle étape avec le choix d’une femme pour le poste de Deputy Prime Minister, l’échiquier politique reste agité. Et ce, notamment avec les spéculations autour du poste de leader de l’opposition dans la perspective de la création du nouveau mouvement politique Fron Militan Progresis.
Pendant ce temps, le public assiste, impuissant, à toutes ces scènes, conscient des signes révélateurs….
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