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Crise à Madagascar
Le colonel Randrianirina : «La majorité des ministres seront des civils, avec quelques militaires»
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Crise à Madagascar
Le colonel Randrianirina : «La majorité des ministres seront des civils, avec quelques militaires»
RÉDIT PHOTO : AP PHOTO
La transition enclenchée à Madagascar, après la prise de pouvoir par l’armée, avance à la même cadence. Le colonel Michaël Randrianirina (photo), désigné la veille par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), chef de l’État par intérim, a confirmé que des consultations sont en cours pour la nomination d’un Premier ministre et la composition du prochain gouvernement. Le colonel Randrianirina a indiqué que la majorité des ministres seront des civils, avec quelques militaires, et a promis une annonce «imminente». À l’heure où nous nous mettions sous presse hier, aucune annonce n’avait été faite.
Répondant aux critiques du camp d’Andry Rajoelina, il a balayé les accusations de coup d’État, assurant qu’il préfère «se concentrer sur l’action et la résolution des problèmes sociaux plutôt que sur des broutilles». Le colonel a affirmé que ses équipes agissent conformément à la décision de la HCC et a assuré que la Génération Z Malgache, moteur de la mobilisation populaire, n’est pas écartée de la transition. Il a aussi confirmé qu’aucune tension n’existe entre l’armée et la gendarmerie.
En parallèle, la présidence sortante a publié un communiqué très offensif dénonçant une décision «illégale, irrégulière et inconstitutionnelle» de la HCC. Elle accuse la Cour d’avoir statué sous pression militaire et évoque des menaces contre les hauts conseillers constitutionnels, ainsi que des soupçons de corruption. Andry Rajoelina affirme qu’il continue d’assurer ses fonctions constitutionnelles et dénonce une prise de pouvoir par la force.
Le débat s’étend à la société civile. Le mouvement Gen Z affirme que «le changement en cours n’est pas un coup d’État mais un éveil populaire», insistant sur le rôle central des citoyens, syndicats, étudiants et militaires dans le processus. Gen Z Ankatso parle d’«étape importante vers la liberté» et appelle à répondre aux problèmes sociaux urgents, notamment à l’université. L’Asse-du-Mada annonce qu’elle privilégiera les concertations, tout en avertissant qu’elle reprendra les manifestations si les engagements pris ne sont pas respectés.
Sur le front sécuritaire, le général Mamelison Mbina Nonos, commandant de la gendarmerie nationale, confirme qu’il n’existe pas encore de charte officielle pour la transition mais que la gendarmerie nationale joue un rôle actif dans la phase d’organisation. Il appelle ses troupes à ne pas céder aux rumeurs. Le général Lylison a, de son côté, lancé un appel à l’unité et dénoncé les ingérences de l’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, dans les rangs de la gendarmerie. Parallèlement, le retour au pays du colonel Charles Andrianasoavina, après des années d’exil politique, est venu renforcer l’image d’un large ralliement militaire.
L’Assemblée nationale a voté la destitution de son bureau permanent : 127 députés sur 133 se sont prononcés pour, ouvrant la voie à de nouvelles élections internes pour désigner le président et les vice-présidents de la Chambre. À l’international, la Communauté de développement de l’Afrique australe s’est dite profondément préoccupée et a annoncé l’envoi d’une mission de médiation conduite par Joyce Banda, ancienne présidente du Malawi.
Sur le plan pratique, les autorités ont ordonné aux représentations diplomatiques de se conformer aux nouvelles directives du Conseil présidentiel pour la rénovation. Malgré la crise, l’aéroport d’Ivato reste partiellement opérationnel : Air Mauritius (MK), Corsair, Turkish Airlines et Ethiopian maintiennent leurs vols alors qu’Air France et Emirates prolongent leurs suspensions. Le syndicat de Madagascar Airlines donne jusqu’au 17 octobre pour obtenir la démission de la direction.
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