Publicité

À Madagascar

Le CNDT mandate Fanirisoa Ernaivo comme observatrice

23 octobre 2025, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Le CNDT mandate Fanirisoa Ernaivo comme observatrice

Sa présence ne passe pas inaperçue. Fanirisoa Ernaivo, ancienne magistrate et figure de la société civile malgache, a été officiellement mandatée par le Conseil national pour la défense de la transition (CNDT) d’Antananarivo pour suivre, de près, l’enquête mauricienne visant l’homme d’affaires Maminiaina «Mamy» Ravatomanga. Samedi 18 octobre, elle a remis à la Financial Crimes Commission (FCC) un dossier volumineux comprenant des documents financiers et des preuves de transactions présumées illicites, avant d’obtenir un statut inédit : celui de Watching Brief, c’est à-dire d’observatrice autorisée au sein de la procédure.

Ce statut confère à Fanirisoa Ernaivo un rôle rare dans les affaires internationales de ce type : assister à certaines étapes clés de l’instruction, notamment lors des auditions de Mamy Ravatomanga et des échanges entre enquêteurs mauriciens et homologues malgaches. Son mandat vise à garantir la transparence du processus et à représenter les intérêts du CNDT dans une enquête considérée comme stratégique pour le nouveau pouvoir de transition à Antananarivo.

Les pièces remises par Fanirisoa Ernaivo contiennent des données bancaires, des relevés de transactions et des correspondances internes liant plusieurs entreprises actives à Madagascar, Maurice et aux Émirats arabes unis. Elles font état de transferts suspects, parfois via des sociétés-écrans, susceptibles d’être rattachés à des marchés publics ou à des flux financiers non déclarés. La FCC a engagé un «test de crédibilité» des documents, afin d’en vérifier la provenance, l’authenticité et la conformité légale.

La FCC doit jongler entre la discrétion diplomatique et l’exigence de rigueur. À Antananarivo, le CNDT veut prouver que la lutte contre la fraude transfrontalière n’est plus un slogan, mais une action concertée. Les enquêteurs mauriciens ont déjà commencé à examiner les pièces transmises, tandis que le CNDT prévoit de renforcer son équipe juridique internationale pour suivre le dossier.

Publicité