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Six mois sans salaire

Le calvaire silencieux de trois employés de la MMHA

15 décembre 2025, 05:00

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Le calvaire silencieux de trois employés de la MMHA

Depuis près de six mois, trois employés de la Mauritius Mental Health Association (MMHA) vivent une situation aussi préoccupante qu’incompréhensible. Malgré leur présence quotidienne au travail, aucun salaire ne leur a été versé. La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a lancé un nouvel appel aux autorités concernées, en particulier au ministère de la Sécurité sociale afin qu’une solution durable soit trouvée.

Ces employés font partie des Special Support Services, un dispositif existant depuis plus de 25 ans, dont les salaires étaient jusque-là pris en charge par le National Social Inclusion Foundation. Un changement administratif intervenu l’an dernier aurait modifié le processus de validation des paiements, entraînant des retards successifs. Après une période marquée par l’absence de conseil d’administration au sein de certaines institutions concernées, une autorisation exceptionnelle aurait permis un paiement en juin dernier. Toutefois, la situation s’est à nouveau compliquée avec le nouvel exercice budgétaire entamé en juillet. Trois employés ont déjà quitté leurs postes, faute de perspectives claires. Trois autres sont restés à la demande de la direction de la MMHA, en raison du caractère essentiel de leurs fonctions: responsable des activités sportives, chargé de l’entretien des espaces verts et chargé d’encadrer les activités théâtrales.

Pour Alladen Pitahmootoo, jardinier, la situation est devenue critique. «Nous travaillons tous les jours, mais nous ne sommes pas payés. Nous avons fait des démarches, des manifestations, multiplié les visites aux bureaux concernés, mais jusqu’ici, rien n’a changé.» À cette précarité financière s’ajoute le fait que son épouse est gravement malade. «Chaque consultation coûte environ Rs 2 000, sans compter les médicaments. Parfois, je dois emprunter de l’argent à mes frères et sœurs juste pour acheter de quoi manger ou payer les factures.»

Lors d’une récente rencontre tripartite, la situation a même été portée à l’attention du Premier ministre, qui se serait dit surpris par ce dossier. Des échanges ont depuis eu lieu avec des hauts responsables, laissant espérer un suivi, même si aucune échéance précise n’a été communiquée.

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