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Pay Research Bureau 2026
Le «Bachelor in Education» qualifié de «programme de développement» : des enseignants s’indignent
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Le «Bachelor in Education» qualifié de «programme de développement» : des enseignants s’indignent
«Les enseignants du primaire ne sont pas des éducateurs de seconde zone. Ils constituent le socle de tout le système éducatif», s’insurge l’ACSEF.
La polémique enfle dans le secteur éducatif. Le président de l’All Civil Service Employees Federation (ACSEF), Vinod Seegum, est monté au créneau contre le Pay Research Bureau (PRB), dénonçant avec vigueur ce qu’il qualifie de «déni institutionnel» et de «grave humiliation» à l’égard des enseignants du primaire.
Dans une lettre adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, le syndicaliste exprime sa «profonde indignation» face à la qualification du Bachelor in Education (BEd) comme simple «programme de développement» dans le rapport PRB 2026.
Pour Vinod Seegum, cette affirmation est non seulement erronée, mais dangereuse. «Le BEd est un diplôme universitaire reconnu, validé par les autorités compétentes et aligné sur les standards internationaux», martèle-t-il.
Plus troublant encore, cette remise en cause n’est pas nouvelle. Le PRB avait déjà inscrit des propos similaires dans son rapport de 2021, avant de reconnaître l’erreur et de s’engager à la corriger. Un engagement qui, selon l’ACSEF, n’a manifestement pas été tenu.
Le syndicaliste y voit désormais bien plus qu’une simple maladresse. «Ce n’est plus une erreur innocente, mais une répétition volontaire, qui frôle le mépris pour la profession enseignante», déplore-t-il. Selon lui, le PRB outrepasse ses prérogatives en s’arrogeant un rôle qui ne lui revient pas. «Un diplôme universitaire est défini par les universités et les organismes d’accréditation, non par le PRB», rappelle Vinod Seegum, soulignant que le BEd est classé au niveau 7 du National Qualifications Framework de la Mauritius Qualifications Authority.
Injustice
Au-delà de la question académique, c’est la dignité même des enseignants du primaire qui est bafouée. «Les enseignants du primaire ne sont pas des éducateurs de seconde zone. Ils constituent le socle de tout le système éducatif», insiste-t-il. Requalifier leur diplôme reviendrait, selon lui, à freiner leur progression de carrière, à les pénaliser financièrement et à contribuer à une déprofessionnalisation insidieuse du métier.
Face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante, Vinod Seegum appelle le Premier ministre à sortir de son silence. Il lui demande de rejeter publiquement la position du PRB, de nommer une personnalité indépendante à la tête de l’Errors and Omissions Arbitration Committee – comme cela avait été fait en 2012 – et de veiller à ce qu’aucun enseignant ne subisse de préjudice salarial fondé sur cette interprétation contestée.
Rappelant que le BEd est le fruit «d’une longue lutte syndicale pour professionnaliser l’enseignement primaire», menée au prix de nombreux sacrifices, le président de l’ACSEF affirme que plus de 2 000 enseignants ont déjà obtenu ce diplôme, et des centaines attendent encore leur tour. «Le dégrader aujourd’hui est injuste, contraire à l’éthique et indéfendable», tranche-t-il.
Déterminé, Vinod Seegum prévient que le combat ne s’arrêtera pas là. Le dossier sera porté devant des instances internationales, notamment Education International et l’Organisation internationale du travail (OIT). «Les enseignants du primaire ont plié assez longtemps. Ils ne se briseront pas», conclut-il, laissant présager un bras de fer durable entre les syndicats et les autorités.
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