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Marché de Port-Louis
L’annonce de l’interdiction des bonbonnes de gaz enflame le food-court
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Marché de Port-Louis
L’annonce de l’interdiction des bonbonnes de gaz enflame le food-court
Un vent d’incertitude souffle sur le food-court du marché central de Port-Louis. Depuis la semaine dernière, les commerçants ont été informés qu’à partir du 15 avril, l’utilisation de bonbonnes de gaz pour la cuisson de leurs produits – fritures, thé, rotis ou dholl puri ne sera plus autorisée.
Cette annonce a surpris de nombreux marchands, dont l’activité repose essentiellement sur la préparation de plats chauds très prisés des Mauriciens. Gâteaux frits, pain croustillant ou thé fumant rythment le quotidien des habitués, notamment aux premières heures de la journée. «Pour certains clients, c’est presque un rituel», confie un commerçant.
À quelques jours de l’échéance, les marchands se disent dans le flou. Mardi, certains ont rencontré des officiers de la municipalité pour obtenir des éclaircissements. Il leur a été suggéré de formaliser leur désaccord par écrit, tout en laissant entendre qu’ils pourraient continuer à opérer au-delà du 15 avril. «On nous a dit que nous pouvons continuer à cuire, mais qu’il faut écrire une lettre pour exprimer notre désaccord», explique un commerçant, perplexe face à ces indications contradictoires.
D’autres évoquent la possibilité de travaux futurs, avec l’installation de conduites de gaz adaptées qui régulariseraient la situation. Une perspective qui reste à confirmer. Entre respect des directives et nécessité de maintenir leur activité, les commerçants peinent à se projeter et redoutent des pertes financières importantes si aucune solution claire n’est trouvée rapidement.
Du côté de la mairie, on se veut rassurant tout en rappelant que ces décisions ne sont pas prises à la légère. Le lord- maire, Aslam Hosenally, insiste sur l’importance de la sécurité au sein du marché. «La décision ne date pas d’hier», souligne- t-il, évoquant notamment l’absence de fire certificate, un élément jugé préoccupant.
Les autorités entendent ainsi prévenir tout incident dans un lieu aussi fréquenté. Une réunion impliquant le ministère de la Santé, celui des Collectivités locales et les services des pompiers devrait prochainement être convoquée pour examiner les options possibles.
Cette mesure s’inscrit également dans un cadre réglementaire existant. Depuis mai dernier, il est précisé que le gaz ménager à usage domestique ne peut servir à des fins commerciales. Les activités professionnelles doivent recourir à des bonbonnes industrielles conformes.
Par ailleurs, il est recommandé d’envisager des alternatives, comme les plaques électriques. Cette option soulève toutefois des interrogations sur la faisabilité, notamment en termes de coûts et d’adaptation des installations existantes.
Malgré ces contraintes, la municipalité assure vouloir agir avec prudence. «Aucune décision brusque ne sera prise», affirme le lord-maire, tout en reconnaissant les difficultés que cette situation engendre pour les marchands.
Dans l’attente de clarifications concrètes, les commerçants du food-court restent suspendus aux prochaines annonces. Entre impératifs de sécurité et réalité économique, trouver un équilibre s’annonce délicat.
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