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Harcèlement scolaire
La tentative de suicide d’un élève de Grade 6 fait réagir parents et autorités
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Harcèlement scolaire
La tentative de suicide d’un élève de Grade 6 fait réagir parents et autorités
Photo d'illustration.
«Quelle est la solution ?» demande cette mère dont l’enfant ne veut plus franchir les grilles de son collège. Quelques jours après la tentative de suicide d’un élève de Grade 6, son témoignage publié sur les réseaux sociaux a suscité une vague de réactions et relancé le débat sur le harcèlement scolaire à Maurice.
Dans un long message, cette mère raconte avoir décidé de retirer temporairement son fils, victime de brimades répétées, de son établissement afin de préserver sa santé mentale. Cauchemars, pleurs, cris durant la nuit et refus catégorique de retourner en classe seraient devenus son quotidien. «J’ai déjà écrit au ministère de l’Éducation avant les vacances scolaires. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne m’a appelée», déplore-t-elle.
La récente tentative de suicide impliquant un autre élève a agi comme un électrochoc. Elle dit redouter que la souffrance psychologique de son propre enfant ne soit pas prise au sérieux avant qu’il ne soit trop tard. «Je ne veux pas attendre qu’une tragédie arrive à mon enfant pour que tout le monde dise ensuite : “Courage aux parents”, “Quelle tristesse”, “Si seulement…” », écrit-elle. Elle craint que, à force d’humiliations, son fils puisse «commettre l’irréparable». Elle estime également que certaines formes de violence verbale entre enfants trouvent parfois leur origine dans des discours entendus chez les adultes.
Un témoignage qui fait écho
Dans les commentaires, Avishka raconte avoir retiré son propre enfant de l’école après une situation qu’elle attribue à un enseignant. Cinq ans plus tard, écrit-elle, les séquelles psychologiques seraient toujours présentes. Corinne évoque, elle, une expérience de harcèlement dans un van scolaire. Faute de solution immédiate, elle explique avoir interrompu temporairement la scolarité de son enfant avant de l’inscrire dans un autre établissement. Ces récits, bien que distincts, illustrent une même inquiétude : celle de parents qui disent avoir eu le sentiment de devoir agir euxmêmes pour protéger leurs enfants.
Le ministère de l’Éducation, au courant de cette affaire, précise que le dossier dépasse la seule question du harcèlement scolaire. Selon les explications fournies, l’enfant est actuellement scolarisé au collège Maurice Curé. Les parents souhaiteraient obtenir son transfert vers le Collège Royal de Curepipe, mais cette demande ne pourrait être satisfaite en raison des résultats académiques de l’élève et de la combinaison de matières recherchée, qui n’y est pas disponible.
Une seconde demande a été formulée pour une admission au SSS de Forest-Side Girls, établissement mixte. Là encore, le transfert ne serait pas possible en raison d’un manque de places et de l’indisponibilité de la combinaison souhaitée. Les autorités affirment avoir proposé un autre établissement où cette combinaison est offerte, mais les parents maintiendraient leur préférence pour les deux collèges sollicités.
Parallèlement, le ministère assure avoir informé la direction du collège Maurice Curé des allégations de harcèlement. L’élève devrait bénéficier d’un accompagnement impliquant la direction, les enseignants ainsi que les services de soutien disponibles au sein de l’établissement.
Dispositifs en place
Au-delà de ce cas particulier, le ministère rappelle que le National Education Counselling Service met à la disposition des écoles des psychologues de l’éducation et des travailleurs sociaux afin d’accompagner les élèves confrontés à des difficultés émotionnelles, sociales ou comportementales.
Le ministre Mahend Gungapersad a également insisté sur la nécessité de détecter précocement les signes de mal-être. Une politique nationale ainsi que des lignes directrices contre le harcèlement sont en cours de finalisation, tandis qu’un atelier réunissant près de 500 chefs d’établissement et éducateurs a déjà été organisé pour renforcer la prévention.
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