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À Tranquebar
La maison de Josian Lebon au bord du gouffre : «Mo lakaz kapav efondre ninport kan»
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À Tranquebar
La maison de Josian Lebon au bord du gouffre : «Mo lakaz kapav efondre ninport kan»
À Tranquebar, les signes avant-coureurs d’un nouveau drame se lisent déjà sur les murs fissurés de la maison de Josian Lebon. Cet homme de 52 ans, père de deux enfants et coach sportif, vit depuis des mois dans la peur constante de voir sa maison s’écrouler. « Mo lakaz kapav efondre ninport kan », confie-t-il, le regard inquiet. À chaque pluie, il dort d’un œil.
Sa demeure, bâtie à proximité d’un canal et d’un ancien lit de rivière, subit depuis des années les assauts de l’eau et de l’érosion. Lors des fortes averses, le salon se transforme en bassin, les murs trempent et se fragilisent davantage. « Monn travay dir, monn met tou dan sa lakaz-la », soupire-t-il, conscient que son rêve de stabilité familiale s’effrite peu à peu.
Depuis la crue du 15 janvier 2024, Josian a multiplié les démarches auprès des autorités locales, sans obtenir de solution concrète. Il ne se plaint pas uniquement pour lui : « Pa zis mwa, plis ki mil dimoun pe soufer ar sa problem-la. Nou ti anvi zis travay ki zot ti promet fer. »
Contacté, le ministre du Transport et député de la circonscription numéro 2 Osman Mahomed assure suivre la situation de près. « Je connais bien le cas de M. Lebon. Sa maison se trouve dans une zone à haut risque. Le projet de Flood Wall à Nazareth–Tranquebar est en phase de consultation, sous la supervision du consultant Lux Consult. » Le ministre précise que le financement est déjà sécurisé et que les travaux devraient être lancés selon le calendrier du ministère des Infrastructures publiques.
Mais sur le terrain, les habitants restent dans l’attente, guettant le ciel avec appréhension. Car à Tranquebar, la moindre pluie suffit désormais à réveiller la peur — celle d’une nuit où tout pourrait s’effondrer.
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