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Éducation

«Kreol Morisien» au HSC: «Degaze vit pa tarde»

29 janvier 2026, 10:00

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«Kreol Morisien» au HSC: «Degaze vit pa tarde»

■ Élèves et parents attendent avec impatience que les autorités finalisent les modalités d’application dans les collèges.

L’introduction du Kreol Morisien (KM) comme matière principale au Higher School Certificate (HSC) n’est plus une simple promesse politique. Depuis que le Conseil des ministres a donné son feu vert, l’intérêt pour cette discipline ne cesse de se manifester, tant par les élèves que leurs parents. Dans les collèges, l’attente est palpable : tous espèrent que les cours pourront démarrer dans les plus brefs délais, alors que l’année scolaire de Grade 12 est déjà bien entamée.

Ces derniers jours ont été marqués par une série de rencontres intensives visant à concrétiser cette réforme longtemps attendue. Réunions stratégiques, séances techniques et échanges avec les parties concernées se sont succédé afin de baliser le terrain. Plusieurs questions clés ont été abordées, notamment la disponibilité des enseignants, les modalités d’enseignement, les critères d’éligibilité ainsi que le choix du manuel scolaire qui servira de référence. Une réunion technique tenue en début de semaine a permis d’affiner les aspects pratiques, tandis qu’un travail est en cours pour finaliser une circulaire explicative destinée aux collèges, afin de clarifier les conditions d’introduction du KM au niveau HSC.

Le facteur temps reste toutefois crucial. Le premier semestre a déjà débuté pour les élèves de Grade 12. Pour Arnaud Carpooran, président du Creole Speaking Union, l’engouement des jeunes ne fait aucun doute. Il souligne que la demande est bien réelle sur le terrain et que l’information doit désormais circuler clairement dans les établissements scolaires. À ce stade, un élève souhaitant choisir le Kreol Morisien au HSC devra disposer au minimum d’un «credit» dans cette matière.

Mais des obstacles subsistent, notamment au niveau de certains collèges réticents à proposer la matière, malgré la demande. La question de la logistique et du personnel enseignant se pose avec acuité. Selon Arnaud Carpooran, il est essentiel que ces situations soient signalées aux autorités compétentes – qu’il s’agisse du ministère de l’Éducation, de la PSEA ou du SeDEC – avec copie au ministre. Cela permettrait d’identifier les manques éventuels et d’envisager des solutions concertées, comme le partage d’enseignants entre établissements géographiquement proches.

Au-delà de l’organisation des cours, la question des bourses constitue un autre enjeu pour les élèves. Deux options distinctes sont actuellement à l’étude. Dans la première configuration, le Kreol Morisien pourra être choisi comme une des trois matières principales examinés par Cambridge. L’examen de KM serait alors assuré localement par le National Examinations Board (NEB), et l’élève obtiendrait un National Higher School Certificate. Dans ce cas de figure, l’étudiant s’inscrirait au GCE A Level de Cambridge, une qualification reconnue comme équivalente au HSC par les universités et sur le marché du travail. Une bourse spécifique, distincte du système classique de Cambridge, serait accessible aux candidats concernés.

La seconde option permettrait aux élèves de conserver trois matières principales examinées par Cambridge, et y ajouter une quatrième, le KM, évaluée par le NEB. Cette voie offrirait la possibilité de concourir pour les bourses traditionnelles, au prix toutefois d’une charge de travail supplémentaire.

Un document de synthèse regroupant l’ensemble des discussions et propositions doit être présenté au Conseil des ministres ce vendredi. Sur le terrain, une attente domine : que le Kreol Morisien, langue nationale et vecteur d’identité, puisse enfin trouver sa place pleine et entière dans les collèges, sans délai supplémentaire.

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