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Remise des insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur
“Je n’ai pas été décorée dans mon propre pays, mais par la France, deux fois” : Shirin Aumeeruddy-Cziffra émue et lucide
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Remise des insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur
“Je n’ai pas été décorée dans mon propre pays, mais par la France, deux fois” : Shirin Aumeeruddy-Cziffra émue et lucide
Ce soir, une cérémonie empreinte de solennité et d’émotion s’est tenue à la Résidence de France, où Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Speaker de l’Assemblée nationale, a reçu les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur. Une distinction prestigieuse remise par Frédéric Bontems, ambassadeur de France à Maurice, en présence de proches, amis et invités venus saluer un parcours exceptionnel.
Dans son allocution, l’ambassadeur a retracé les grandes étapes de la carrière de la récipiendaire, mettant en lumière ses nombreux combats et son engagement constant dans la vie publique mauricienne. Pendant plus d’un demi-siècle, Shirin Aumeeruddy-Cziffra s’est illustrée dans différents rôles, devenant une figure incontournable de la sphère politique et sociale. Moment fort de la soirée, le discours de la Speaker, à la fois sincère et teinté d’humour, a marqué les esprits. «On dit toujours qu’on ne demande pas la Légion d’honneur, on ne la refuse pas», a-t-elle lancé avec un sourire, avant de confier son émotion face à cette reconnaissance. «Je suis très touchée, parce que, pour l’instant, je n’ai pas été décorée dans mon propre pays, mais je suis décorée par la France, deux fois.»
Une déclaration qui n’a pas manqué de susciter réflexion dans l’assistance. Avec franchise, elle a ajouté : «C’est à vous de voir si je mérite cette décoration ou pas. J’ai fait de mon mieux pendant 51 ans que je suis dans la vie publique (…) mais je n’ai jamais attendu d’être décorée.»
Au-delà de cette distinction, Shirin Aumeeruddy-Cziffra a également évoqué son rôle actuel à la tête de l’Assemblée nationale. Un poste qu’elle décrit comme «très exigeant» et «difficile», nécessitant à la fois écoute, fermeté et équilibre. «Il faut écouter tout le monde, ce qui est en vérité difficile», a-t-elle expliqué, rappelant les longues heures passées à présider les débats parlementaires, parfois dans des conditions complexes.
Avec une pointe d’humour, elle a souligné sa manière bien à elle de gérer les tensions : éviter les expulsions de députés et privilégier la suspension des séances. «Je me suis jurée que jamais je ne mettrai un député à la porte. (…) Lever la séance permet à tout le monde de se calmer, de réfléchir», a-t-elle confié, ajoutant que ces pauses favorisent parfois des excuses et un retour à l’ordre.
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