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«Israël, Palestine, deux États maintenant» d’Amos Oz (2)

22 septembre 2025, 05:51

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«Israël, Palestine, deux États maintenant» d’Amos Oz (2)

En marge de la reconnaissance récente de l’État palestinien par 73% des États membres que compte l’ONU, il est opportun de (re)lire l’essai magistral d’Amos Oz, Israêl, Palestine, deux Etats maintenant.

Comme on l’a dit, Amos Oz est l’un des plus grands écrivains d’Israël. Né en 1939 et mort en 2018, il est l’auteur d’une quinzaine de livres traduits (de l’hébreu) dans le monde entier. Amos Oz était pendant des années la conscience et la voix politique du mouvement pour la paix. Dans Aidez-nous à divorcer !, il rappelle qu’il a commencé à œuvrer pour une paix israélo-palestinienne bien avant la création, en 1978, du mouvement israélien La Paix maintenant.

Amos Oz pense qu’il y a une question cruciale à considérer : «Plus urgente que la question des frontières, plus urgente que toute autre question, reste à régler la question des réfugiés palestiniens de 1948 et de leur tragédie. Ces gens qui, lors de la guerre israélienne d’indépendance, ont tout perdu, même leurs maisons, et dans certains cas même leur patrie.»

On peut, certes, écrit Amos Oz, soulever la question de la responsabilité : Israël ou les gouvernements arabes de l’époque ? Constatant la profondeur des désaccords sur le sujet, il ajoute que le sort des réfugiés ne peut attendre : «Il faut …à chaque réfugié palestinien sans maison et sans travail, une maison, un travail et un passeport. Israël ne peut accueillir tous ces gens, en tout cas pas en très grand nombre. Si Israël le fait, ce ne sera plus Israël. Mais Israël doit avoir sa part dans la solution. Israël doit avoir sa part de responsabilité dans leur tragédie.»

Amos Oz est convaincu que le blocage mental est révolu. Il affirme qu’un référendum ou un sondage d’opinion publique entre la Méditerranée et le Jourdain révèlerait que 80 % des personnes interrogées choisirait le partage, la solution de deux États : «La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que, pour la première fois depuis cent ans, les deux peuples, juif israélien et arabe palestinien, sont en avance sur leurs dirigeants.»

En conclusion, Amos Oz demande aux Européens, au monde extérieur de ne plus pointer du doigt les Israéliens ou les Palestiniens mais de tout faire pour aider les deux peuples. Pourquoi ?

Il signale que l’abandon des territoires occupés et le renoncement aux colonies feraient que la frontière d’un État palestinien à venir se situerait à environ sept kilomètres du seul et unique aéroport d’Israël. Et les Palestiniens, de leur côté, devraient sacrifier des endroits (Haïfa, Yafo, Beer Sheva) qui leur appartenaient, ce qui sera pénible. Et les derniers mots d’Amos Oz : «Vous n’avez plus à choisir entre être pro-israélien ou pro-palestinien, vous devez être pro-paix.»

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