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Risque de tsunami dans la région de l’océan indien
«IOWave25» : la coordination entre les différents niveaux d’alerte et la préparation mises à l’épreuve
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Risque de tsunami dans la région de l’océan indien
«IOWave25» : la coordination entre les différents niveaux d’alerte et la préparation mises à l’épreuve
■ Maurice a participé à la simulation de tsunami le mercredi 15 octobre, sous la coordination du National Disaster Risk Reduction and Management Centre.
Les tsunamis se produisent rarement, mais lorsqu’ils surviennent, leurs effets peuvent se propager sur de vastes zones côtières, voire traverser des océans entiers. Le séisme sous-marin d’une magnitude de 9,1 survenu au large de Sumatra, le 26 décembre 2004, a provoqué le tristement célèbre Boxing Day tsunami. Ce cataclysme, qui a frappé durement l’Indonésie et plusieurs pays riverains de l’océan Indien, a mis en évidence l’absence d’un système d’alerte précoce efficace.
Cette catastrophe naturelle, l’une des plus meurtrières de l’histoire moderne, a causé d’immenses destructions et fait plus de 230 000 morts dans 15 pays, tandis que des millions de personnes ont été blessées ou évacuées. Bien que rares, ces phénomènes rappellent l’importance cruciale d’exercices réguliers et d’une meilleure coordination afin d’améliorer la capacité de réaction des pays et de leurs populations.
C’est dans ce contexte que lors de sa 14e session, tenue en Indonésie en novembre 2024, l’IOC Intergovernmental Coordination Group for the Indian Ocean Tsunami Warning and Mitigation System (ICG/IOTWMS) a annoncé l’organisation de l’exercice régional de simulation Indian Ocean Wave Exercise 2025 (IOWave25).
Une équipe spéciale a été mise en place pour superviser la planification et la mise en œuvre de cet exercice. Son rôle est d’assurer la cohérence des procédures, de soutenir les pays participants et de tirer les leçons nécessaires pour améliorer les systèmes d’alerte précoce et les plans d’évacuation dans la région.
Des ateliers de formation ont été organisés durant les mois de juillet et d’août dernier pour la révision des chaînes nationales d’alerte et les Standard Operating Procedures (SOPs) afin de renforcer la capacité des États membres à faire face à de possibles situations réelles.
Lors de cet exercice de simulation, les pays de l’océan Indien ont été placés dans une situation fictive de menace de tsunami, afin de permettre aux National Tsunami Warning Centers ainsi qu’aux National, Provincial ou Local Disaster Management Offices de mettre en œuvre leurs SOPs et de tester la coordination entre les différents acteurs. Les simulations, basées sur des scénarios en temps réel, visent à évaluer l’efficacité des Tsunami Service Providers (TSPs), des centres d’alerte nationaux, des organismes de gestion des catastrophes et des communautés côtières.
Les simulations d’IOWave25 comportent quatre scénarios. Le premier, qui s’est tenu le 25 septembre, simulait un séisme de magnitude 9,0 dans la fosse de Sunda, au large de l’Indonésie. Le deuxième scénario, prévu le 15 octobre, simulera un séisme de même magnitude dans la fosse de Makran, au large du Pakistan et de l’Iran. Le troisième mettra en scène un tsunami provoqué par l’éruption sous-marine du volcan Fani Maore dans le canal du Mozambique le 25 octobre et le quatrième simulera un séisme de magnitude 9,2 dans la fosse de Sumatra le 5 novembre.
«Slow-onset event»
Chaque pays participe à un scénario considéré comme le plus plausible pour sa région. Maurice y a pris part le 15 octobre, sous la coordination du National Disaster Risk Reduction and Management Centre (NDRRMC). Les services météorologiques, en tant que National Tsunami Warning Centre, ainsi que le NDRRMC, ont appliqué leurs SOPs liées à la chaîne nationale d’alerte. En parallèle, les autorités locales ont organisé des exercices impliquant les parties prenantes.
Dans le cadre de cet exercice, la station météorologique de Vacoas a émis un Tsunami Watch à 10h, à la suite d’un séisme de magnitude 8,7 survenu à 10 km de profondeur près des côtes du Pakistan. Le National Emergency Operations Command (NEOC) a été activé au Level 1 à 10 h 20, puis à 10 h 32, un Tsunami Warning a été émis. Ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’un tsunami est imminent, mais qu’il existe un risque réel, avec un délai de 6 à 7 heures avant l’éventuel impact. Contrairement à des phénomènes rapides comme les fortes pluies, il s’agit ici d’un slowonset event, mais aux effets potentiellement dévastateurs.
À 10 h 35, le niveau d’alerte est passé au Level 3, le niveau maximal du NEOC. Une évacuation des zones côtières a alors été ordonnée, avec la collaboration des principaux stakeholders tels que les différentes unités de la police, les collectivités locales, la Fisheries Protection Service, la National Land Transport Authority, l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice et d’autres opérateurs touristiques. Les données recueillies permettent d’estimer la distance d’évacuation nécessaire et de suivre la progression des vagues en temps réel.
Premanand Budhoo, commandant de la Special Mobile Force et responsable du NDRRMC, explique que cet exercice mobilise l’ensemble des parties prenantes, notamment les first responders déployés sur le terrain et les autorités locales, chacun suivant ses propres procédures en cas de tsunami. Le NEOC, activé au Level 3, rassemble toutes les parties prenantes concernées au siège du NDRRMC. Le Chairman du National Crisis Committee est informé de la situation et le comité se réunit pour définir les actions à entreprendre, notamment concernant la fermeture des écoles, crèches et lieux de travail.
Mukool Munoruth, Assistant Permanent Secretary au ministère des Collectivités locales, indique que lors de l’exercice le ministère a pris contact avec l’ensemble des 12 conseils de district, en particulier les 7 conseils de district côtiers, afin d’activer leur NEOC respectif. Deux conseils de district, ceux de GrandPort et Flacq, ont mené de véritables simulations d’évacuation dans quatre régions : Petit-Sable, Grand-Sable, Grande-Rivière-Sud-Est et Camp des-Pêcheurs.
Les conseils de district comme ceux de Rivière-duRempart et Pamplemousses, ont organisé des table-top exercises avec les parties prenantes telles que la Road Development Authority, le Central Electricity Board, la Central Water Authority et le ministère de l’Education, afin de planifier les procédures à suivre en cas d’événement réel.
Le commandant Premanand Budhoo a également précisé que l’exercice ne concernait pas uniquement Maurice, mais aussi Rodrigues, Agalega et St. Brandon, où l’Emergency Operations Command a été activé.
Par ailleurs, l’exercice a aussi permis de tester les indicateurs de l’UNESCO-IOC Tsunami Ready Recognition Programme ou d’autres initiatives similaires dans les zones à risque.
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