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Agaléga

Inquiétudes à l’approche de la rentrée 2026, un an après le cyclone Chido

24 novembre 2025, 08:45

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Inquiétudes à l’approche de la rentrée 2026, un an après le cyclone Chido

■ Feuilles de tôle arrachées et murs fissurés au collège d’Agaléga en décembre après le passage du cyclone Chido.

Bientôt un an depuis que le cyclone Chido a frappé Agaléga, laissant derrière lui des infrastructures endommagées et un système éducatif profondément perturbé. Si l’archipel reprend peu à peu vie, parents et enseignants sont aujourd’hui dans une zone d’incertitude à l’approche de la nouvelle année scolaire.

Depuis la catastrophe, l’improvisation a été inévitable. La bibliothèque du collège a été transformée en plusieurs petites salles de classe, sommairement séparées. Chaque enseignant doit hausser la voix pour couvrir celles des autres, créant un brouhaha permanent au milieu des élèves. Et 2025 aura marqué une étape importante : pour la première fois, les collégiens d’Agaléga ont passé les examens du School Certificate sur place, malgré les conditions difficiles. La visite du ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, avait laissé espérer une avancée. Le bâtiment principal du collège, jugé instable, devait être démoli pour la construction d’une nouvelle structure capable d’accueillir les élèves en toute sécurité. Mais sur le terrain, le discours semble avoir changé.

«On nous avait dit que le bâtiment serait détruit pour en reconstruire un nouveau. Aujourd’hui, on comprend qu’une équipe d’ouvriers agaléens va réparer l’existant, re- mettre la tôle et tout réorganiser pour que le collège puisse être opérationnel», explique un parent encore sceptique. Les travaux ont démarré depuis plus de deux semaines, mais les habitants n’ont reçu aucune explication claire sur ce revirement. «Si les experts ont recommandé de démolir pour reconstruire, pourquoi ce changement soudain ? Qu’en est-il de la sécurité de nos enfants ?», questionne-t-il.

Du côté des enseignants, représentés par Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), les préoccupations sont tout aussi vives. Après le passage du cyclone, les infrastructures éducatives ont été sérieusement touchées. L’UPSEE avait sollicité une visite dans l’archipel pour constater les conditions de vie du personnel éducatif et cela s’est fait il y a quelques semaines . «Les membres sur place nous ont alertés : les conditions de vie sont inacceptables», souligne Arvind Bhojun. Les plaintes se multiplient : a l locations coupées, nonrespect des réglementations du Pay Research Bureau, absence de disturbance allowance malgré la fin des classes depuis le 31 octobre, manque d’eau potable, risque d’inondation des salles de classe et logements sans cuisine fonctionnelle. «La Mauritius Educational Development Company Ltd n’avait rien fait pour eux jusqu’aux récents changements de gestion. Heureusement, l’officer-in-charge est intervenu», ajoute-t-il.

La situation logistique complique encore les choses : l’absence de bateau en janvier 2026 aurait pu contraindre les enseignants à rester dans l’archipel. Un accord a finalement été trouvé : ils pourront regagner Maurice en décembre et un avion sera affrété pour les ramener à la rentrée. Durant les vacances scolaires, des travaux doivent remettre les écoles en état. Mais parents comme enseignants affirment n’avoir reçu aucun calendrier, aucune information concrète sur les engagements annoncés.

À un mois de la reprise des classes, Agaléga attend toujours des assurances claires du ministère de l’Éducation. Entre réparations improvisées, bâtiments fragilisés et conditions de vie précaires pour les enseignants, la rentrée 2026 s’annonce sous tension.

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