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Kronik KC Ranzé

Inondations, black-out et sucre

31 août 2025, 05:30

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Inondations, black-out et sucre

Pour justifier la non-publication du Land Drainage Master Plan, dirigé par Suez et financé par l’AFD, alors que ce rapport était disponible dès 2022, l’exministre des Infrastructures publiques, Bobby Hurreeram, déclare encore que la publication de tels documents ne fait que générer des inquiétudes et «surtout de créer une panique inutile au sein de la population».

Ce sont là des propos paternalistes frisant l’irresponsabilité, car depuis 2022, c’était seulement quand on demandait un Building Permit sur un terrain déjà acheté entre-temps que l’on pouvait s’entendre dire que la construction y était interdite, pour risque d’inondation ! C’est-à-dire un peu tard. Autrement dit, le manque de transparence pouvait coûter cher aux acheteurs et protéger certains vendeurs…

Désormais, c’est avant d’acheter que les citoyens sauront reconnaître où il sera éventuellement possible de construire, sur pilotis ou pas. Quant aux propriétaires existants, ils pourront dorénavant savoir s’ils résident dans des zones à risque et s’il faudra prendre des précautions en attendant le plan d’évacuation, qui est promis avant les prochaines pluies d’été en novembre…

Ces informations seront capitales dans un environnement de changement climatique qui promet des pluies plus intenses, où l’eau aura davantage tendance à ‘courir’ qu’à être épongée par le sol.

Depuis lundi, quoi qu’en dise M. Hureeram, je n’ai constaté aucune panique, inutile ou pas, dans la population ! Sauf peut-être venant de ceux qui sont menacés d’amendes allant de Rs 2 000 à Rs 10 000 s’ils rejettent ‘sur le chemin’, l’eau provenant de leur toit.

En effet, comme se le demande un internaute avec acidité : où garder cette eau du toit, dans les petites parcelles, en ville, où les constructions épousent presque les limites du terrain ? Dans le salon ?

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L’avenir photovoltaïque (PV) du pays doit surmonter quelques incohérences.

Saviez-vous qu’il est interdit à un contracteur qui installe un système PV de vous proposer des panneaux flexibles et souples qui ont l’avantage d’être légers et que l’on peut aussi mouler ? Il paraît que c’est interdit parce qu’il faut d’abord certifier que ces panneaux peuvent résister à des vents cycloniques de 300 km/h. La belle affaire ! Qui certifie que les appentis, les garages, les étables, les enseignes de boutique, les panneaux publicitaires, les ateliers du pays, généralement sous tôle, sont tous capables de résister à de tels vents ?

De plus, de nombreux résidents qui ont investi dans le PV et qui ont présenté au CEB leur demande de remboursement pour le surplus de KWh vendus au CEB en 2024, attendent toujours leurs chèques. Ça passe un mauvais message !

Rappelons que Padayachy avait transféré les réserves ‘cash’ de Rs 3,5 milliards du CEB vers le Consolidated Fund en 2021/22, au plus mauvais moment ! En effet, le CEB affichait Rs 4,2 milliards de pertes au 30 juin 2022 et presque Rs 5 milliards de pertes au 30 juin 2023, malgré la hausse des tarifs du 1ᵉʳ février 2023. Le rapport annuel au 30 juin 2024, qui est en retard, augure mieux, avec le prix du Heavy Fuel Oil (90 % des coûts de production du CEB) et du charbon des IPPs, matériellement stabilisés depuis ! Cependant, à Rs 6,33 de revenu moyen par kWh, le CEB couvre t-il ses frais ; le coût total de production d’un KWh ayant été à Rs 7,06 en 2021/22 et Rs 7,72 en 2022/23 ?

Là se trouve une vraie question avec le ‘black-out’ à l’horizon et de très gros investissements étant requis pour le contrer, à court et moyen terme ! Une baisse de tarifs paraît impossible s’il faut rentabiliser ces investissements cruciaux. Une hausse paraît même probable, du moins pour les heures de pointe…

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Il y a de cela quelques semaines, dans le Budget, le ministre des Finances augmentait l’excise duty sur le sucre, le doublant de 6 sous à 12 sous par gramme dans la plupart des produits sucrés, y compris pour le chocolat.

S’ensuivait une levée de bouclier sur le prix des ‘tablettes’ de chocolat qui augmentaient fortement au grand déplaisir des consommateurs qui l’attribuaient, de manière prévisible, au doublement de la taxe sur le sucre. Cependant, même les partisans de chocolat noir sans sucre se plaignaient. Pourquoi ?

Il faut remonter à la source et aux deux plus gros producteurs de fèves de cacao, c.-à-d. la Côte d’Ivoire et le Ghana, pour comprendre. Une combinaison pernicieuse de changement climatique, de maladies botaniques et de méthodes culturales inadaptées, y ont causé une forte baisse de la production. Or, ces deux pays représentaient 70 % de la production mondiale de la Théobroma Cacao ; littéralement la ‘nourriture des dieux’, comme d’ailleurs culturellement adoptée par la civilisation des Mayas.

Qui dit chute de production alors que la demande augmente veut évidemment dire flambée des prix ! C’est ainsi que la tonne de cacao, longtemps restée à un peu plus de $ 2 000 la tonne, commençait à grimper en 2023, et explosait jusqu’à atteindre $ 12 000 à sa pointe de décembre 2024, affichant régulièrement $ 8 000 et plus depuis mars 2024.

Ainsi le prix de votre tablette de chocolat !

Et, avec une telle explosion de prix, ce qui devait arriver arriva. Les gros producteurs, voyant leurs ventes baisser volumétriquement se sont lancés dans la recherche de substituts. C’est ainsi que The Economist signale le snack bar de Lindt, fait à partir de graines de tournesol grillées puis fermentées, un substitut qui imite le goût du cacao… Mieux, on a commencé à produire du cacao artificiellement, en laboratoire, au Japon, aux Etats-Unis et en Israël, un peu comme on ‘cultive’ en laboratoire des cellules qui remplaceraient la viande de bœuf, notamment dans les burgers.

En lorgnant la courbe de prix du café, l’on peut sans doute aussi prévoir que l’on cherche déjà des substituts aux graines de café, tant Robusta, qu’Arabica, les prix ayant… doublé depuis mars 2024 ! Et l’on ne parle pas de chicorée, mais de café synthétique.

Les producteurs primaires bénéficieront sans doute toujours de la prime de l’authenticité, mais ils ont désormais un concurrent sérieux : les laboratoires !

Tout ceci n’est pas sans rappeler le remplacement du sucre par le High Fructose Corn Syrup (HFCS) à l’époque, notamment dans les boissons gazeuses. Encore une situation qui tournait largement autour du fric, du lobbying et de subsides mal avisés, que l’on va essayer de résumer rapidement.

Commençant en 1971, la Russie achète d’énormes quantités de maïs, notamment des prairies américaines. Les prix explosent ! Les fermiers plantent alors démesurément plus pour ‘cash in’. Les prix baissent donc avec trop d’offre, mais Washington choisit de maintenir la production, grace à des subsides gouvernementaux ‘temporaires’. On produit donc autant, mais on ne vend plus assez ! Il faut trouver de nouveaux débouchés et l’on en propose alors deux : l’éthanol et le remplacement du sucre par le HFCS dans les productions alimentaires. Les prix élevés de l’essence et du sucre de l’époque créent l’ouverture…

Quand le HFCS fait son entrée sur le marché comme substitut, le prix du sucre s’écroule de 65 cents à 8 cents la livre et le lobbyiste Andreas, dont les investissements sont dans le HFCS, concocte alors un plan démoniaque : contre intuitivement, il fait du lobbying pour… les producteurs de sucre afin que le gouvernement les protège avec des quotas à l’importation, qui augmenteraient les prix ! Ce que fait Reagan en 1981. Le prix du sucre double donc en Amérique et Coca Cola et Pepsi plongent à 100 % pour le HFCS… M. Andreas est ravi !

La récente annonce de Trump que le sucre (produit par les États du Sud) va remplacer le HFCS est sûrement encore une question de lobby. Coca Cola ne va certainement pas retourner au sucre pour tous ses produits. Seul UN nouveau produit avant fin 2025 utilisera du sucre pour le moment. Mais la bénédiction de Trump a offusqué les producteurs de maïs, certes plus nombreux que les sucriers en termes de votes, mais dont les chèques de campagnes n’ont pas tenu la comparaison… Ceux qui pensaient que l’initiative Trump allait bénéficier à Maurice sont des naïfs. Maurice n’est pas un Etat américain, même s’il est, pour le moment, rouge ! (et mauve…).

En effet, M. José Franjul, gros producteur sucrier de Floride, a gagné la dernière partie de lobbying grâce à son carnet de chèque. En attendant que ne chante le chéquier des producteurs de maïs ? Quelle que soit l’époque, y compris la période actuelle, vous concèderez que l’on puisse libeller tout ça comme du transactionnel corrompu ? (*)

Ce qui semble certain c’est que du point de vue nutritionnel et médical, le sucre et le HFCS se valent et ne sont nocifs que si consommés à l’excès… (**). Qu’est-ce qui peut donc justifier que l’excise duty prévu au Eighth Schedule du Finance Act 2025 ne vise que le sucre et pas le HFCS ?

(*) https://www.bbc.com/news/articles/cp8263jn20zo

(**) https://www.healthline.com/nutrition/ high-fructose-corn-syrup-vs-sugar

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