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Questions à…

Hissen Caramben : «Si on bannit Telegram, d’autres cercueils apparaîtront sous WhatsApp, Instagram ou Snapchat»

5 novembre 2025, 10:00

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Hissen Caramben : «Si on bannit Telegram, d’autres cercueils apparaîtront sous WhatsApp, Instagram ou Snapchat»

Hissen Caramben, policier et chargé de recherche dans une agence internationale sur les questions de cybersécurité et de criminalité numérique.

Ces dernières semaines, des cas de suicide, notamment celui d’une jeune fille de 17 ans dont des photos intimes ont été diffusées sur Telegram, ont bouleversé le pays. Pourtant, Hissen Caramben, constable et expert en recherche dans une agence internationale sur les questions de cybersécurité et de criminalité numérique, avait déjà alerté sur ce danger lors d’un passage sur le plateau de l’express, début octobre. Aujourd’hui, il reprend la parole, indigné face à l’inaction générale.

■ Ces temps-ci, les suicides se multiplient et vous alertez régulièrement sur nos plateformes à ce sujet. Pourtant, rien ne semble bouger. Comment réagissez-vous face à cette inaction ?

Effectivement, l’express m’avait invité pour avertir le public sur les dangers à venir des réseaux sociaux, principalement Telegram. Mon sentiment ? Le dégoût de voir des familles brisées. L’inaction équivaut à un crime social prémédité. J’ai donné les solutions pour éviter ces drames humains, familiaux et sociaux, mais comme le disait Martin Luther King, «le pouvoir sans amour est dangereux et abusif et l’amour sans pouvoir est sentimental et faible». Combien de tragédies faudra-t-il encore pour que nous réalisions la gravité du silence ?

■ Face à cette soudaine indignation provoquée par un nouveau drame lié à Telegram, y voyez-vous enfin une réelle prise de conscience ou simplement de l’hypocrisie ?

Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’inhumanité pure. J’ai tout donné : les statistiques, le plan de secours psychologique, les méthodes d’encadrement, tout cela gratuitement. Mais maintenant, vous allez voir des «champions» faire de beaux discours. Le «cancer Telegram» est au stade 4. Et on continue, pourtant, à faire semblant…

■ Les autorités vous semblent-elles réellement prêtes à s’attaquer à l’ampleur du phénomène ? Ont-elles sollicité votre expertise jusqu’à présent ?

Il faut des propositions de loi pour protéger les jeunes et renforcer la responsabilité digitale. Cela a déjà été suggéré aux personnes concernées. J’ai proposé des cyberopérations, des ateliers de formation pour les policiers et les parents. Mais ce que je vois aujourd’hui, ce sont mes recherches, mes idées et mon travail repris ici et là pour donner l’impression qu’on agit. Il faut protéger nos jeunes, car les protéger, c’est protéger la richesse du pays.

■ Concrètement, quelles seraient les premières mesures à prendre ?Le bannissement de Telegram fait-il partie des options envisageables ?

Il faut d’abord comprendre l’aspect psychologique et algorithmique de Telegram. Pour contrer cette application, il faut des personnes honnêtes et travailleuses. Comme je dis souvent : «Failing to plan is planning to fail.» La solution n’est pas de bannir l’application, mais de déraciner à la source les photos et vidéos et d’envisager des limitations numériques. Car si on fait l’erreur de bannir Telegram, d’autres cercueils apparaîtront sous WhatsApp, Instagram ou Snapchat. Un homme averti en vaut deux…

Depuis votre passage sur «l’express», d’autres victimes vous ont-elles approché pour demander de l’aide ?

Effectivement. Croire dans les recherches d’un policier, «un simple constable», a permis d’ouvrir un dialogue. Depuis, près de 900 victimes m’ont contacté. Je fais de mon mieux pour les aider, sans aucun soutien, jonglant entre mes études, mon travail, ma famille et Telegram. Grâce à l’express, le tabou Telegram est brisé, on en parle enfin. Mais je suis profondément attristé de ne pas avoir pu sauver cette jeune fille. Elle ne méritait pas ça. Ses parents m’ont rencontré et veulent que justice soit faite.

Pensez-vous que d’autres drames du même genre risquent de se produire ?

Je ne suis pas médium, mais souvenez-vous du Death Game (NdlR : des défis successifs sur Telegram, d’abord anodins, puis de plus en plus extrêmes, jusqu’à pousser le joueur au suicide) : j’avais averti que des jeunes prenaient des pilules. Et un jour, c’est arrivé – même si cela a été qualifié d’accident. Oui, les suicides vont devenir plus fréquents et vous allez encore me recontacter. Aujourd’hui, nous en sommes à 1,5 million de photos et vidéos en circulation (NdlR : sur Telegram uniquement). Vous connaissez la suite…

Ces temps-ci, les suicides se multiplient et vous alertez régulièrement sur nos plateformes à ce sujet. Pourtant, rien ne semble bouger. Comment réagissez-vous face à cette inaction ?

Effectivement, l’express m’avait invité pour avertir le public sur les dangers à venir des réseaux sociaux, principalement Telegram. Mon sentiment ? Le dégoût de voir des familles brisées. L’inaction équivaut à un crime social prémédité. J’ai donné les solutions pour éviter ces drames humains, familiaux et sociaux, mais comme le disait Martin Luther King, «le pouvoir sans amour est dangereux et abusif et l’amour sans pouvoir est sentimental et faible». Combien de tragédies faudra-t-il encore pour que nous réalisions la gravité du silence ?

Face à cette soudaine indignation provoquée par un nouveau drame lié à Telegram, y voyez-vous enfin une réelle prise de conscience ou simplement de l’hypocrisie ?

Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’inhumanité pure. J’ai tout donné : les statistiques, le plan de secours psychologique, les méthodes d’encadrement, tout cela gratuitement. Mais maintenant, vous allez voir des «champions» faire de beaux discours. Le «cancer Telegram» est au stade 4. Et on continue, pourtant, à faire semblant…

Les autorités vous semblent-elles réellement prêtes à s’attaquer à l’ampleur du phénomène ? Ont-elles sollicité votre expertise jusqu’à présent ?

Il faut des propositions de loi pour protéger les jeunes et renforcer la responsabilité digitale. Cela a déjà été suggéré aux personnes concernées. J’ai proposé des cyberopérations, des ateliers de formation pour les policiers et les parents. Mais ce que je vois aujourd’hui, ce sont mes recherches, mes idées et mon travail repris ici et là pour donner l’impression qu’on agit. Il faut protéger nos jeunes, car les protéger, c’est protéger la richesse du pays.

Concrètement, quelles seraient les premières mesures à prendre ?Le bannissement de Telegram fait-il partie des options envisageables ?

Il faut d’abord comprendre l’aspect psychologique et algorithmique de Telegram. Pour contrer cette application, il faut des personnes honnêtes et travailleuses. Comme je dis souvent : «Failing to plan is planning to fail.» La solution n’est pas de bannir l’application, mais de déraciner à la source les photos et vidéos et d’envisager des limitations numériques. Car si on fait l’erreur de bannir Telegram, d’autres cercueils apparaîtront sous WhatsApp, Instagram ou Snapchat. Un homme averti en vaut deux…

Depuis votre passage sur «l’express», d’autres victimes vous ont-elles approché pour demander de l’aide ?

Effectivement. Croire dans les recherches d’un policier, «un simple constable», a permis d’ouvrir un dialogue. Depuis, près de 900 victimes m’ont contacté. Je fais de mon mieux pour les aider, sans aucun soutien, jonglant entre mes études, mon travail, ma famille et Telegram. Grâce à l’express, le tabou Telegram est brisé, on en parle enfin. Mais je suis profondément attristé de ne pas avoir pu sauver cette jeune fille. Elle ne méritait pas ça. Ses parents m’ont rencontré et veulent que justice soit faite.

Pensez-vous que d’autres drames du même genre risquent de se produire ?

Je ne suis pas médium, mais souvenez-vous du Death Game (NdlR : des défis successifs sur Telegram, d’abord anodins, puis de plus en plus extrêmes, jusqu’à pousser le joueur au suicide) : j’avais averti que des jeunes prenaient des pilules. Et un jour, c’est arrivé – même si cela a été qualifié d’accident. Oui, les suicides vont devenir plus fréquents et vous allez encore me recontacter. Aujourd’hui, nous en sommes à 1,5 million de photos et vidéos en circulation (NdlR : sur Telegram uniquement). Vous connaissez la suite…

Avez-vous été sollicité officiellement, par un ministère ou une autre instance, pour contribuer à la lutte contre ce fléau ?

Oui, j’ai participé à quatre sessions de travail, où j’ai expliqué les solutions et proposé un projet de loi. Les administrations, les exécutifs et les instances judiciaires ont pris note. Les documents sont entre leurs mains. Mais travailler honnêtement pour le pays est devenu un crime de nos jours.

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