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Universités publiques

Fron Komin Sindikal Liniversite Piblik : Un pas historique vers la solidarité intersyndicale

3 novembre 2025, 10:30

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Fron Komin Sindikal Liniversite Piblik : Un pas historique vers la solidarité intersyndicale

(De g. à dr.) Iqbal Sookhroo, Enrico Permall, Vikash Seesagur et Rajen Kaully appellent à la mise en place urgente de conseils d’administration pour restaurer la gouvernance et la stabilité au sein des universités publiques

Le jeudi 30 octobre, le Fron Komin Sindikal Liniversite Piblik a tenu une conférence à l’hôtel St George, à Port-Louis. L’événement a réuni six syndicats représentatifs des universités publiques : l’University of Mauritius Technicians Union (UTU), l’Université des Mascareignes Employees Union (UDMEU), l’Université des Mascareignes Academic Staff Union (UDMASU), l’University of Mauritius Staff Union (USU), l’Open University Staff Association (OUSA) et l’University of Technology Mauritius Employees Union (UTMEU).

Un vide institutionnel inquiétant

Le vice-président de l’OUSA, Enrico Permall, a déploré «l’absence prolongée de conseils d’administration au sein des quatre universités publiques». Selon lui, cette situation «crée un vide institutionnel, un véritable trou noir administratif et une paralysie persistante». Il a rappelé que l’Open University bénéficie traditionnellement d’un congé de fin d’année allant de la troisième semaine de décembre à la première semaine de janvier. Or, faute de conseil d’administration, aucune décision n’a été prise concernant cette période. Avant les élections générales de 2024, un officier assurait l’intérim du directeur général. En 2025, un autre a été désigné, mais aujourd’hui, c’est un représentant du ministère de l’Enseignement supérieur qui assume cette responsabilité. Enrico Permall a toutefois reconnu que le gouvernement actuel avait procédé à des nominations conformes aux cadres légaux, en désignant des professionnels compétents et expérimentés. N

Politisation et déclin du secteur

De son côté, Vikash Seesagur, président de l’UTMEU, a dénoncé la «politisation croissante» qui mine l’University of Technology. «Il est incompréhensible qu’un directeur de l’ancien régime, dont le contrat a été résilié, continue de venir chaque mois.» Cette situation alimente un environnement de travail toxique et contribue au déclin du secteur de l’enseignement supérieur, déjà fragilisé par un manque de financement et une gestion déficiente. La solution, a-t-il affirmé, passe par «une gouvernance transparente, respectueuse des lois, et la nomination du membre académique le plus expérimenté» au sein des conseils d’administration. Il a indiqué avoir adressé une lettre au Premier ministre et au Premier ministre adjoint, qui auraient promis de suivre la situation de près.

L’Université des Mascareignes en attente de gouvernance

Pour Rajen Kaully, président de l’UDMASU, l’Université des Mascareignes «repose sur un système francophone» grâce à sa collaboration de longue date avec l’université de Limoges et le soutien de l’ambassade de France. Il a souligné qu’«un an sans conseil d’administration fragilise la gouvernance» de l’établissement, qui célèbre près de 30 ans de partenariat avec la France. Il a plaidé pour la mise en place urgente d’un nouveau conseil afin de garantir la continuité et la stabilité institutionnelle.

Une paralysie administrative généralisée

Le président de l’UTU, Iqbal Sookhroo, a rappelé que toutes les universités publiques sont affectées par l’absence de conseils d’administration, parfois depuis plus d’un an. «Sans conseil, il n’y a ni recrutement ni promotion. Ceux qui sont en période de probation ne perçoivent pas leur plein salaire et ignorent s’ils seront confirmés», a-t-il expliqué. Cette paralysie touche aussi les services techniques et administratifs, notamment les laboratoires où le manque de personnel compromet la maintenance des équipements et la supervision des étudiants.

Iqbal Sookhroo a dressé un constat alarmant : le contrat du vice-chancelier a pris fin le 18 septembre 2025 et celui de son suppléant se termine le 18 novembre. «S’ils quittent leurs fonctions, qui assumera la responsabilité ? Une seule personne ne peut couvrir tous les postes.» À l’approche des examens, l’absence de vice-chancelier risque d’empêcher la ratification des résultats, pénalisant directement les étudiants.

Malgré ce contexte tendu, il s’est félicité que l’université affiche un budget à zéro déficit. «La priorité, désormais, est de nommer rapidement un conseil d’administration afin de relancer les recrutements et les promotions. La situation est très grave.»

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