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Réforme des pensions

«Finance Bill» : les syndicats sonnent la charge devant le Parlement

29 juillet 2026, 12:00

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«Finance Bill» : les syndicats sonnent la charge devant le Parlement

Alors que le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, présentait le Finance Bill à l’Assemblée nationale, la Platform Komun Syndikal s’est rassemblée, hier, devant le Parlement. Une mobilisation qualifiée de «symbolique» par les dirigeants syndicaux, mais qui se veut également un avertissement avant les débats parlementaires prévus ce vendredi.

Au cœur des critiques figure la réforme de la pension de vieillesse. Pour Ashvin Gudday, négociateur à la General Workers Federation (GWF), le remplacement de la Basic Retirement Pension (BRP) par la State Age Pension (SAP) demeure inacceptable. «Nous restons solidaires avec la population. Une personne qui prendra sa pension à 60 ans perdra 30 % de son montant, soit 6 % par année», a-t-il affirmé. Il a également dénoncé le manque de clarté entourant l’indexation des pensions, estimant que les amendements annoncés entretiennent une certaine ambiguïté. «La Platform Komun Syndikal est aux côtés des travailleurs. Le retour de la pension à 60 ans est non négociable», a-t-il insisté.

Les syndicats estiment que les changements vont bien au-delà de la seule question des retraites. Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé et public, a évoqué ce qu’il considère comme un «démantèlement de l’État providence». Il a pointé le gel salarial jusqu’en 2028, la baisse de certaines allocations liées à la Contribution sociale généralisée et les modifications concernant l’emploi des travailleurs étrangers. Selon lui, ces dispositions risquent de fragiliser davantage les travailleurs mauriciens, notamment dans un contexte où, affirme-t-il, de nombreux employeurs ne seraient pas prêts à conserver leurs salariés jusqu’à 65 ans.

Le modèle social au cœur des inquiétudes

Même son de cloche du côté d’Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis, qui estime que les propositions syndicales n’ont pas été suffisamment prises en compte malgré les consultations menées. Il a rappelé qu’une motion en faveur d’une grève générale avait déjà été adoptée lors d’un rassemblement au Jardin de la Compagnie, ajoutant que les soutiens reçus de la population renforcent la détermination du mouvement.

Clency Bibi, président de la GWF, a pour sa part appelé les parlementaires à assumer leurs responsabilités lors du vote. Prakash Bundhun, président de la Federation of Public Sector and Other Unions, a plaidé pour de véritables discussions sur les amendements concernant les fonctionnaires. Jane Ragoo, secrétaire générale de la CTSP, a estimé que le gouvernement avait partiellement reculé sous la pression syndicale, tout en poursuivant, selon elle, la même orientation. Enfin, Narendranath Gopee, président de la National Trade Union Confederation, a réaffirmé que le retour de la BRP à 60 ans demeure une revendication «non négociable».

Pour la Platform Komun Syndikal, la mobilisation est donc loin d’être terminée. Les prochains jours devraient constituer une nouvelle étape dans le bras de fer engagé avec le gouvernement autour du Finance Bill.

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