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Réforme 2026 dans l’éducation

Fin de la mixité, nouveaux collèges nationaux et notation repensée au PSAC

2 décembre 2025, 11:00

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Fin de la mixité, nouveaux collèges nationaux et notation repensée au PSAC

■ La fin de la mixité dans les Académies et l’arrivée de 21 «National Colleges» annoncent une réorganisation profonde du paysage éducatif.

En attendant la publication officielle du blueprint sur l’éducation annoncée comme imminente, les premières informations qui filtrent laissent entrevoir une réforme d’ampleur, tant au primaire qu’au secondaire. Alors que le ministère de l’Éducation engage à partir de cette semaine une consultation élargie avec les partenaires et le public sur le nouveau mode de passage au secondaire, plusieurs orientations semblent déjà tracées, dont la plus commentée : la fin de la mixité au sein des Académies.

Le Cabinet a approuvé, le vendredi 28 novembre, une démarche de consultation visant à finaliser l’inclusion des différentes mesures dans le futur blueprint. Parmi les changements majeurs figure la transformation des 12 Académies actuelles en 21 National Colleges, dont quatre établissements du Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC). Mais la nouveauté la plus marquante repose sur un revirement : ces collèges ne seront plus mixtes, à l’exception du Mahatma Gandhi Institute (MGI). Ainsi, le collège Royal de Port-Louis et celui de Curepipe redeviennent exclusivement masculins, tandis que le Queen Elizabeth College (QEC) ou encore le Dr Maurice Curé reprennent leur identité féminine.

?Une décision jugée précipitée

Cette décision, selon plusieurs observateurs, aurait pu attendre. Pour Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), il aurait été «plus logique» de faire un véritable bilan de la mixité avant d’y mettre fin. «Les recteurs, les parents et même certains élèves ont exprimé leurs difficultés. Mais nous n’avons pas encore les résultats des premiers lauréats issus de cohortes mixtes. C’est seulement l’année prochaine que l’on saura si plus de garçons se distinguent au QEC ou si davantage de filles brillent dans les Royal Colleges. On ne peut parler de défaillance avant d’avoir les performances académiques», souligne-t-il.

Pour Arvind Bhojun, la réforme aurait mérité un travail plus approfondi en amont, à l’époque de l’ancienne ministre. «Les problèmes rencontrés n’étaient peut-être pas uniformes. Certains collèges mixtes privés, comme le MGI et le collège Doha, produisent des lauréats sans difficulté. Alors pourquoi généraliser?», interroget-il. Selon lui, le ministère aurait dû analyser les types d’incidents signalés, identifier les établissements réellement concernés et engager un débat public avant de trancher. «On aurait pu trouver des solutions avec les stakeholders. Là, on tourne la page trop vite.»

?Objectif du primaire : Réduire le stress et lutter contre les leçons particulières

Au niveau primaire, la réforme vise un objectif clair : soulager les enfants et réduire la pression des leçons particulières. Le ministère veut rééquilibrer le parcours scolaire des plus jeunes afin qu’ils puissent apprendre, jouer et se développer sans être enfermés dans une logique de compétition pour décrocher un collège élitiste. Le Primary School Achievement Certificate (PSAC) connaîtra ainsi une refonte majeure. Les célèbres mentions A, B et U disparaîtront au profit d’un système de notation numérique. Voici la nouvelle grille envisagée : 1 pour 90 à 100 points, 2 pour 80 à 90 points, 3 pour 70 à 80 points, 4 pour 60 à 70 points et jusqu’à 9 pour moins de 30 points, remplaçant ainsi l’actuel U.

Pour Vishal Baujeet, président de la Government Teachers Union, ce système encouragera un meilleur engagement scolaire. «L’élève qui obtient 85 points voudra pousser plus loin pour atteindre un 1. Cela va dynamiser l’écriture, la créativité, la maîtrise des langues. On constatait un certain relâchement, mais ce barème va motiver les enfants à progresser.» Il souligne également que la nouvelle notation pourrait tirer vers le haut les élèves en difficulté : «Ceux qui savent qu’ils peuvent passer d’un 8 à un 7 feront les efforts nécessaires pour ne pas rester au bas du classement.»

Autre changement notable : les matières histoire-géographie et sciences seront désormais évaluées en même temps que les autres matières et non plus plusieurs mois avant, comme cela a été le cas jusqu’à cette année. Cette harmonisation vise à réduire la fragmentation des examens et à alléger la pression sur les élèves.

?Un «blueprint» très attendu

Alors que les consultations se poursuivent, le ministère devrait publier son communiqué officiel dans les prochains jours. L’ensemble du secteur éducatif – enseignants, parents, syndicats, direction d’établissement – attend désormais le Blueprint 2026 pour connaître les détails définitifs de cette réforme qui s’annonce structurante.

Changements au primaire, révision du PSAC, refonte de la carte des collèges nationaux, fin de la mixité dans les Académies, nouveaux mécanismes de passage : 2026 sera une année charnière pour l’éducation mauricienne. Le blueprint dira, avant la fin de l’année, à quoi ressemblera réellement l’école de demain.

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Kreol Morisen et français comme langues d’enseignement : une innovation qui soulève de lourdes questions

À partir de 2026, plusieurs collèges mauriciens expérimenteront un nouveau modèle pédagogique : utiliser le français et le Kreol Morisien (KM) comme langues d’enseignement. Une approche inspirée de La Réunion, mais qui suscite déjà de vifs débats.

Pour Arvind Bhojun, président de l’UPSEE, cette transposition comporte des risques majeurs si elle n’est pas adaptée à la réalité mauricienne. Il rappelle que le modèle réunionnais répond d’abord à une situation locale : «Là-bas, avec la présence des Mahorais, certains élèves ne comprennent pas le français. Le créole réunionnais devient donc un outil, décliné en trois niveaux – élémentaire, intermédiaire et efficient.» À Maurice, le problème est ailleurs: «Certains jeunes ont des difficultés à la fois en français et en anglais.» Si le KM peut effectivement faciliter l’apprentissage, Arvind Bhojun souligne une incohérence fondamentale : l’évaluation reste en anglais. «On retourne à la case départ. L’enfant apprend dans une langue et prend part aux examens dans une autre. Comment fera-til face aux questionnaires ? Est-ce que Cambridge ou le Mauritius Examinations Syndicate (MES) feront des concessions ?» Il met en garde contre les comparaisons hâtives avec les pays où les élèves prennent part aux examens dans leur langue maternelle – hindi, suédois, mandarin. «Maurice ne fonctionne pas ainsi.»

Autre conséquence : l’obligation de prendre part à l’épreuve de français au niveau «efficient» pour ceux qui en font le choix comme matière principale au Higher School Certificate, comme à La Réunion. «Si l’élève ne vise pas un niveau avancé, il se retrouve avec des épreuves plus simples. Cela signifie un syllabus différent pour chaque niveau.» Pour l’UPSEE, le fond du problème demeure l’évaluation. «On ne peut pas enseigner en langue maternelle et évaluer en langue étrangère. Le ministre doit trouver une formule cohérente pour que les enfants soient évalués dans la langue qu’ils comprennent, sans être pénalisés.»

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Résultats du NCE aujourd’hui

Les résultats du «National Certificate of Education» (NCE) et les admissions en Grade 10 pour l’année 2026 seront disponibles ce mardi. Les responsables des établissements secondaires pourront récupérer les documents au MES, à Réduit, de 7 heures à 9 heures, tandis que les parents recevront les «result slips» directement au collège entre 9 heures et 15 heures. Il nous revient que les candidats privés sont attendus au MES aujourd’hui entre 9 heures et 15 heures. Les parents ayant soumis une demande pour les Académies recevront également une lettre aujourd’hui et les recteurs pourront récupérer les listes des admis dès 9 heures. À noter que ce sera la dernière année où les jeunes filles et garçons se retrouvent dans des Académies mixtes car dès 2027, le concept changera.

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