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Interview de ...Mᵉ Venusha Autar
Féminicide : comprendre le crime et briser le silence
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Interview de ...Mᵉ Venusha Autar
Féminicide : comprendre le crime et briser le silence
Mᵉ Venusha Autar réclame des mécanismes de protection et d’intervention plus efficaces.
Tout le monde se pose la même question : qu’est-ce qu’un féminicide, exactement ? Depuis 2020, le pays a été secoué par 24 féminicides et plus de 5 758 cas de violences domestiques. Des chiffres alarmants qui rappellent l’urgence d’en parler. Avocate, «Legal Resource Person» au National Women’s Council et membre de Mpower, Mᵉ Venusha Autar nous éclaire sur ce phénomène encore trop méconnu.
Qu’est-ce que c’est que le féminicide ?
Le féminicide désigne l’homicide intentionnel d’une femme en raison de son genre. Ce crime ne se limite pas à un simple meurtre ; il est motivé par des facteurs tels que la domination, la violence conjugale, la jalousie, la possession ou encore un cycle d’abus souvent toléré ou insuffisamment pris en charge. Le féminicide est donc un crime fondé sur la violence de genre, révélant une dynamique de pouvoir et de discrimination.
Est-il reconnu dans le Code pénal ?
Malheureusement, le Code pénal ne reconnaît pas le féminicide comme infraction spécifique. Il n’y a que des crimes comme le meurtre, l’homicide involontaire ou les coups et blessures entraînant la mort. Cette absence de qualification légale empêche de reconnaître ces actes comme des crimes aggravés liés à la violence basée sur le genre, d’où la nécessité urgente d’intégrer une disposition dédiée dans le Code pénal.
2025 : trois féminicides enregistrés en deux mois. Quelles sont vos réactions ?
Les trois féminicides de cette année retiennent l’attention. Le premier drame est celui de Bibi Nawsheen Chaddy, battue à mort par son mari malgré ses antécédents de violences – elle aurait pu être protégée. Le second est celui de Danna Laeticia Malabar, tuée par son compagnon. Un système d’intervention plus efficace aurait pu prévenir le pire. Et, le troisième, Natasha Vidushi Cornet, mère de trois enfants, a été retrouvée morte près d’une rivière, illustrant une vulnérabilité extrême.
Ces tragédies révèlent que ces femmes auraient pu être sauvées si les mécanismes de protection et d’intervention avaient été plus efficaces. Les failles incluent des retards dans les ordonnances de protection, des peines trop légères, un manque d’interventions urgentes et l’absence de suivi des auteurs à risque.
Pourquoi deux meurtres de femmes en mois de 15 jours ?
La situation s’explique par la faiblesse des mécanismes actuels encore trop symboliques. Les ordonnances de protection sont non contraignantes, les sanctions peu dissuasives et il y a un manque de prévention au sein des foyers où la violence est banalisée.
Quelles ont été les actions prises contre les auteurs ?
Les suspects ont été arrêtés et seront poursuivis selon les dispositions existantes du Code pénal. Cependant,le problème majeur demeure : l’absence de reconnaissance légale du féminicide et l’absence de procédure systématique pour analyser les défaillances institutionnelles et améliorer la prévention et la gestion de ces crimes.
Quel est votre message pour le public ?
Chaque femme assassinée laisse derrière elle une vie qui aurait pu être préservée – si le système avait réagi plus rapidement, si la société avait prêté attention et si la législation avait été plus ferme.
Lorsqu’une femme est assassinée par son partenaire, c’est un échec collectif : échec de prévention, échec juridique, un échec de soutien. Nous ne pouvons plus attendre le prochain drame. Nous ne pouvons plus perdre des femmes dont la mort aurait pu être évitée.
Afin de mettre un terme au féminicide, tout débute par le courage – le courage de s’exprimer, d’agir et de protéger.
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