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Kronik KC Ranzé

Évolutions

22 mars 2026, 05:30

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Évolutions

On peut comprendre une partie de la réflexion de Bérenger: il n’était pas content de la vitesse à laquelle les dossiers étaient traités, il tempêtait contre le fait que les comités qu’il présidait ne débouchaient pas assez vite ou assez souvent sur des solutions, il désapprouvait certaines nominations, il était de plus en plus frustré de voir que son voisin de River Walk, son partenaire d’alliance 60-0, ne voyait plus les choses comme lui et ne faisait pas les choses «comme il fallait». C’està-dire, comme il le souhaitait…

Il est clair que si Bérenger était PM, il aurait peut-être fait différemment. Le terme «peut-être» est de circonstance car il est sans doute toujours plus simple de fulminer dans des fonctions de DPM que de prendre des décisions comme PM ! Au sommet, il faut composer avec plus d’équations, les unes plus compliquées ou même conflictuelles que les autres. Bérenger doit en savoir quelque chose, lui qui a été PM entre 2003 et 2005 ! Ramgoolam, élu PM en 2005, et son ministre des Finances Sithanen ne lui reprochaient-ils pas, par la suite, les dettes accumulées de Business Parks Ltd, un emprunt de Rs 200 millions de la Banque de Maurice (tiens…) pour compléter le montage financier du centre de conférence de Pailles et, ironie suprême, un manque de rigueur budgétaire entre 2003 et 2005 ?

Mais Bérenger savait tout cela avant de faire alliance avec Ramgoolam. Il connaissait le «style» de Ramgoolam. Il n’ignorait pas, quand l’alliance se constituait, que c’était ce dernier qui aurait toutes les cartes décisionnelles en main, sauf s’il dépendait mathématiquement de ses alliés, MMM en tête, pour assurer sa majorité parlementaire. Après un résultat sans nuance de 60-0, il était d’autant plus clair que son pouvoir d’influence, voire de marchandage, se retrouvait limité. Il savait tout cela ! Et c’est donc les yeux grands ouverts que cet homme exigeant, ce patriote arrivé en bout de piste (il aura 81 ans le 26 mars prochain…), a probablement choisi d’être DPM sans portefeuille pour essayer de faire avancer son pays au maximum. Qui va imaginer que l’absence de portefeuille était un choix unilatéral imposé par Ramgoolam, dans l’euphorie de leur victoire, tout de même…

Alors, qu’est-ce qui l’aura surpris ces 15 derniers mois qu’il ne pouvait envisager quand l’alliance du Changement s’était constituée ? Pensait-il que Ramgoolam avait fondamentalement changé ? Était-ce plausible, alors que lui-même n’avait aucune intention d’être différent ?

Ramgoolam et Bérenger ont clairement un faible l’un pour l’autre. Sinon, le fait que Bérenger ait systématiquement et publiquement critiqué ce qui se passe dans les ministères dont Ramgoolam s’est approprié aurait, depuis longtemps déjà, mené à la rupture. Voire au limogeage ! Le «gang des 5», la police et le «Law and Order», Air Mauritius, l’EDB, la MRA et les immenses préoccupations liées à la guerre d’Iran et aux Rs 10 milliards en retard sur le dossier Chagos relèvent tous de Ramgoolam. Un comité de crise aurait été suggéré comme alternative à un nouveau ministre des Finances. Sans succès. Ramgoolam a certainement tort de vouloir tout garder sous son contrôle ! Ce n’est pas que ce soit présentement ingérable, mais que c’est sous-optimal ! Ramgoolam dit qu’il faut quelqu’un qui tranche et qui décide. Tiens ! N’est-ce pas, en effet, comme cela qu’il devrait agir de toute façon ? Y compris avec un ministre des Finances à plein-temps !?

Bérenger était donc en partance. Il avait déjà pris sa décision depuis des semaines, disait-il. Entre son poste de DPM et le pays, il disait choisir son pays. Entre le MMM et le pays, il disait encore faire le même choix. C’est admirable ! Mercredi, il n’officialisait toujours rien. Vendredi, si ! Il s’était piégé lui-même… Une des répercussions, c’est qu’il ne reste plus personne au gouvernement capable de contredire Ramgoolam de l’intérieur… Cela pourrait avoir de vraies conséquences !

Ce qui m’est incompréhensible, c’est que Bérenger semble convaincu qu’il sera plus utile au pays en passant dans l’opposition… ! Or les bâtisseurs ne se retrouvent jamais de ce côté-là de la barrière politique ! Pire ! Partir au moment où lui-même reconnaît la conjoncture difficile qui se dégrade matériellement, c’est forcément courir le risque qu’il soit historiquement catalogué, pour toujours, comme quelqu’un qui décampe quand le poêlon est trop chaud…

Quant au MMM-Paul (MMMP), «épuré» pour la énième fois (ce qui commençait avec le MMMSP, et les Jeerooburkhan, incluait par la suite les Jugnauth et le MSM, de l’Estrac, Nababsing, Cuttaree, Kader Bhayat, Collendavelloo, Obeegadoo, Ganoo pour ne citer que ceux-là… avant la nouvelle fournée de cette semaine), qu’en restera-t-il vraiment à part un cœur familial et un vote sérieusement rabougri autour des fidèles de Paul ? La question cruciale d’avenir est que le MMMP, ne pouvant plus aller seul aux élections pour gagner (à moins de croire, les narines dûment pincées entre deux doigts, que les «chatwas» ont intérêt à le rejoindre ?), ni accepter de travailler «en bonne intelligence» comme partenaire junior dans une alliance quelconque ; sera donc condamné à se recroqueviller dans l’opposition, tant que Bérenger reste à la tête. Comme choix délibéré, cela ne mènera nulle part. Quand on n’aspire même plus à être «aux affaires», on génère peut-être du respect, mais on devient rapidement redondant.

Demandez donc à Lalit…

C’est peut-être pour cela que, devant un Comité central qui voulait majoritairement demeurer au gouvernement, la décision de partir fut renvoyée une fois encore.

C’est l’assemblée des délégués de lundi, qui décidera, finalement, qui hérite du MMM ? Quelle que soit l’issue, la déchirure sera vive.

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Le statut SDDS PLUS du FMI, qui renforce les systèmes de collecte et de diffusion des données économiques et financières du pays, est une accréditation qui compte. Il marque, en effet, une volonté de transparence vis-à-vis des investisseurs et des marchés, qui est non négligeable, surtout après une crédibilité entachée vers la fin du mandat du MSM.

Nous sommes seulement le 32e pays à atteindre ce statut et ce n’est pas négligeable non plus. D’autant que l’on peut supposer que les pays aspirent à révéler plus quand tout va plutôt bien que quand l’on sait que ça va aller plus mal… Activer ce statut est donc aussi un acte de courage. Une des façons de «profiter» de ce courage est sans doute de prendre rapidement les mesures qui s’imposent pour que tout devienne plus rose, selon un SDDS PLUS que l’on ne… questionnera plus ?

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Quand il y a la guerre, ce qui entraîne inévitablement des perturbations aux chaînes de distribution, y compris des hausses de prix, les commerçants sont souvent tentés d’en rajouter en haussant les prix de manière opportuniste afin d’engranger un super profit. Il faut espérer que les autorités seront vigilantes à ce niveau et que les commerçants eux-mêmes pensent plutôt à ne pas étrangler… la clientèle qui les nourrit.

En parlant de quoi, il nous faudra, en ces temps difficiles absolument et résolument freiner nos appétits pour les marques importées et favoriser la production locale ! Il y va de nos avenirs, de favoriser la valeur ajoutée locale et la protection de nos emplois. Goûter à l’exotisme des produits importés, souvent plus chers, a été longtemps possible, mais doit maintenant être freiné. Si America First se protège à coups de tarifs, faisons aussi la promotion de «Moris D’abor», mais volontairement, intelligemment, librement… Nous avons d’excellents produits locaux. Favorisons-les !

Nous n’aurons, sinon, que peu de choix de toute manière… à l’avenir !

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C’est quand même inédit : voilà des sionistes enragés, des islamistes forcenés et des chrétiens fondamentalistes, tous jusqu’au-boutistes, qui se crêpent le chignon, par drones et missiles interposés, dans cette foutue guerre d’Iran, alors qu’ils relèvent tous du monothéisme et, à divers degrés, reconnaissent tous, au moins, le même prophète, Abraham ! Ces trois pays pensent avoir dieu dans leur camp et encouragent leurs guerriers à détruire l’autre. Encore heureux que les chrétiens fondamentalistes n’accusent plus les juifs d’être un peuple déicide…

Cela m’a fait penser à Carl Jung (*) qui s’inquiétait de ce que les religions se soient interposées, pour leurs propres avantages, entre l’humain et dieu, en remplaçant la spiritualité et l’expérience directement vécue du divin par des règlements, des commandements et des rituels qui contrôlent les croyants. Chaque Iranien, chaque Américain, chaque Israélien peut trouver le divin en lui-même, dans sa paix intérieure, dans sa dévotion au bien général, dans l’amour de son prochain. Des notions qui ne sont pas étrangères à ce que prêchent les religions, bien sûr, mais qui sont, quand même, incompatibles avec les codes de la peur. Codes qui proposent la punition et l’enfer pour ceux qui sont dans l’une des 1 900 autres religions que la leur ou à ceux qui se retrouvent dans la «bonne» religion, mais enfreignent malgré tout le règlement… À réfléchir.

(*) https://www.youtube.com/watch?v=TX5ka_TlAmE

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