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Bilan après une année au pouvoir
Évaluation des ministres par nos journalistes
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Bilan après une année au pouvoir
Évaluation des ministres par nos journalistes
Un an après l’arrivée au pouvoir de l’Alliance du Changement, la rédaction de l’express évalue la performance des ministres. Nous réalisons cet exercice depuis quinze ans, ayant noté les ministres du gouvernement de Navin Ramgoolam (2010–2014) ainsi que ceux de l’Alliance Lepep (entre 2014 et 2024).Réalisé par les journalistes du groupe, cet exercice se fonde sur quatre critères : la performance générale, la maîtrise des dossiers, le leadership et la capacité à proposer des idées nouvelles.
Il faut poser le contexte :
Navin Ramgoolam, après dix ans hors du Parlement, et Paul Bérenger, sortant d’une vingtaine d’année dans l’opposition, retrouvent l’hôtel du gouvernement dans un contexte économique difficile. Le State of the Economy publié par le nouveau gouvernement fait ressortir : «Il est clair qu’il y a eu une manipulation délibérée et un maquillage des données sous le précédent gouvernement afin de donner une fausse impression de progrès économique. Après un examen approfondi de la situation, il a été établi que les chiffres de croissance du PIB avaient été grossièrement exagérés. Le taux de croissance réel du PIB pour 2023 est désormais estimé à 5,6 %, inférieur à l’estimation de 7 % publiée en septembre 2024. L’estimation de septembre avait été calculée à partir de taux de croissance volontairement gonflés pour certains secteurs, en particulier celui de la construction. Le taux de croissance pour 2024 a également été artificiellement porté à 6,5 %. Selon les données révisées de Statistics Mauritius, la nouvelle prévision pour 2024 est un taux de croissance de 5,1 %.»
Face à cette situation, le nouveau gouvernement annonce, lors du Budget 2025–2026, le report de l’âge d’éligibilité à la pension universelle de 60 à 65 ans, une mesure audacieuse mais impopulaire, massivement rejetée par la rue.
C’est sur cette toile de fond politico-économique, à laquelle s’ajoutent les divergences entre le Premier ministre et son numéro deux après sept à huit mois au pouvoir, que les 24 ministres – dont une quinzaine sont des novices au Cabinet – se sont mis au travail, avec leurs conseillers et leurs fonctionnaires, pour tenter de mettre en œuvre le programme gouvernemental. La plupart ont joué le jeu en partageant leur bilan et en expliquant les grands axes de leur action gouvernementale.
Gavin Glover, premier de la classe

Ministre pour la première fois, Gavin Glover s’est imposé en douze mois comme l’une des valeurs sûres du gouvernement. Ancien lauréat, avocat respecté du barreau et esprit méthodique, il aborde sa fonction d’Attorney General avec une volonté assumée de «give back» au pays qui l’a formé. Son sens du devoir se traduit par une capacité de travail hors norme : il pilote simultanément plusieurs dossiers techniques – réforme judiciaire, création d’une Cour d’appel autonome, recrutement de juges étrangers – sans jamais perdre le fil politique. Bon communicant, toujours joignable, il ne fuit pas les débats. Au contraire, il accepte volontiers de confronter ses arguments à ceux des journalistes sur les sujets les plus sensibles. Sa connaissance fine des cours de justice, des acteurs du monde judiciaire et des mécanismes institutionnels constitue un atout dans un gouvernement comptant de nombreux novices. Son style tranche : rigoureux, constant, factuel. Pas de coups d’éclat, mais une méthode. Pas de posture, mais une écoute. De l’avis de nos journalistes, Gavin Glover a été le ministre le plus solide de cette première année. Il termine premier au classement.
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