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Crise au Moyen-Orient
Ehsan Juman : «Kan nou dan enn lamer kalm lerla sakenn kapav fer so politik, pa aster la»
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Crise au Moyen-Orient
Ehsan Juman : «Kan nou dan enn lamer kalm lerla sakenn kapav fer so politik, pa aster la»
Le député de la circonscription n°3 (Port-Louis Maritime–Port-Louis Est), Ehsan Juman, a annoncé samedi matin, à la municipalité de Port-Louis, une initiative personnelle de solidarité dans un contexte marqué par les répercussions économiques de la crise au Moyen-Orient. Dans une publication sur sa page Facebook, l’élu travailliste a indiqué avoir demandé au département des finances de l’Assemblée nationale de procéder à un prélèvement de 20 % de son salaire de base pendant six mois, à compter du mois d’avril. Une décision qu’il qualifie de personnelle, motivée par la nécessité de soutenir les plus vulnérables face à la hausse du coût de la vie.
■ Vous avez pris la décision de prélever 20% de votre salaire pour venir en aide à la population suite à la crise au Moyen-Orient. Expliqueznous cette démarche ?
D’abord, je tiens à dire qu’il y a une perception dans la population que nous ne faisons pas assez en tant que gouvernement. Par exemple, pour le diesel et l’essence, il y a eu des augmentations d’environ 10 %. Mais la réalité, c’est que dans le monde entier, avec la crise au Moyen-Orient, les prix auraient dû augmenter de plus de 40 %. Heureusement, à Maurice, nous avons le Price Stabilisation Account qui permet d’amortir ces hausses.
Beaucoup pensent que si les prix baissent à l’international, ils doivent immédiatement baisser ici. Ce n’est pas le cas. Les coûts liés au transport maritime, aux détours des navires et aux assurances influencent les prix locaux. La situation reste difficile et cela pèsera sur le budget des ménages. Nous sommes dans une situation sans précédent et il faut soutenir les plus vulnérables. J’ai parlé d’une allocation de «shock absorber». Un couple qui gagne entre Rs 20 000 et Rs 25 000 par mois aura du mal à joindre les deux bouts. Dans cet élan, j’ai pris une décision personnelle : je souhaitais qu’on prélève 25 % de mon salaire pour aider la population. Cependant, après discussion avec le département des finances de l’Assemblée nationale, nous avons opté pour 20 %. Cet argent sera versé à des organisations caritatives pendant six mois, à partir d’avril.
Se pa enn zafer ki pou ed bokou dimounn, me se enn aksion sinser de mo par. Au-delà de ça, j’essaie aussi de réduire le gaspillage. J’ai refusé la voiture de fonction et le garde du corps auxquels j’ai droit. Je peux conduire moi-même. Même chez moi, j’adopte des gestes simples.
Nous devons être solidaires. Ce n’est pas le moment pour la politique partisane. Ce message concerne tout le monde, y compris les grandes entreprises qui devront aussi contribuer.
■ Qu’en est-il de l’autosuffisance ?
C’est une priorité. J’en ai discuté avec le ministre Boolell pour explorer des collaborations régionales et accélérer certains projets. La guerre ouvre aussi des opportunités qu’il faut exploiter. Il existe un comité interministériel qui travaille sur ces questions. Mais il faut laisser le temps aux décisions de produire leurs effets. Si nous passons notre temps à décourager les dirigeants, nous risquons de freiner les progrès.
■ Néanmoins, certaines personnes déplorent une certaine lenteur dans les décisions gouvernementales face à la crise. Pensez-vous que Maurice gère bien cette situation ?
Sa ou ki pe dir. Ena enn persepsion deor ki krwar sa. Nous sommes dans une situation complexe où personne ne sait quand la guerre va se terminer. Chaque ministère travaille pour proposer des solutions.
Le ministre Patrick Assirvaden a annoncé une transition vers l’énergie solaire. Nou pa pe zis dir dimounn fer lekonomi, nou pe donn zot alternativ. Le ministre Boolell encourage aussi les jeunes à se tourner vers l’agriculture et l’élevage. Mais cela prend du temps. Pa krwar lager inn koumanse yer ek zordi pou trouv enn pie manioc inn pare. Il faut poser les bases pour l’avenir.
■ Ne pensez-vous pas que vos collègues auraient dû suivre votre exemple en contribuant financièrement ?
Non. C’est une initiative personnelle et symbolique. Il n’est pas nécessaire que tous les ministres donnent 20 % de leur salaire. Je préfère qu’ils travaillent efficacement et que les résultats soient visibles. La solidarité ne se limite pas à l’argent. Ce sont aussi les gestes collectifs qui comptent. Chacun doit contribuer à sa manière.
■ Certains vous perçoivent comme une voix critique du gouvernement. Qu’en pensez-vous ?
Je suis un membre à part entière du gouvernement. J’agis selon ce que me dit le peuple. Je suis le porte-voix de la population. Mais dans un moment comme celui-ci, il faut une trêve et avancer dans la même direction. Kan nou dan enn lamer kalm lerla sakenn kapav fer so politik, pa aster la.
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