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Budget 2026-2027

Éducation : Des avancées saluées par les syndicats mais les attentes demeurent

26 juin 2026, 19:15

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Éducation : Des avancées saluées par les syndicats mais les attentes demeurent

Les syndicats de l’éducation saluent certaines mesures sociales du Budget 2026-2027, tout en réclamant davantage d’actions pour l’éducation et la protection des pensions.

Le Budget 2026-2027 continue de faire réagir. Entre mesures sociales accueillies favorablement et préoccupations persistantes, plusieurs acteurs estiment que certaines attentes importantes n’ont pas trouvé leur place dans les annonces gouvernementales.

Pour le président de la Government Teachers’ Union (GTU), Vishal Baujeet, cet exercice budgétaire était particulièrement attendu dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie. Selon lui, de nombreuses familles espéraient des mesures capables d’alléger davantage leurs dépenses quotidiennes, alors que les revenus n’ont pas toujours suivi le rythme de l’inflation. «Beaucoup de ménages éprouvent des difficultés à répondre à leurs besoins essentiels. Les attentes étaient donc élevées», souligne-t-il.

Il reconnaît toutefois que le gouvernement devait concilier les impératifs sociaux avec la nécessité de préserver les équilibres financiers du pays. La GTU salue plusieurs annonces du Budget. Parmi elles figurent l’extension du congé de maternité à 12 mois et le prolongement du congé de paternité à six semaines. L’allocation supplémentaire de Rs 2,6 milliards accordée au ministère de l’Éducation ainsi qu’à celui de l’Enseignement supérieur ou encore l’introduction d’un programme de base en alphabétisation et en numératie destiné aux élèves des Grades 1 et 2 sont perçues comme des initiatives importantes. Le secteur des Special Educational Needs bénéficie lui aussi d’une attention particulière. Pour la GTU, cette orientation traduit une volonté de promouvoir davantage l’inclusion dans le système éducatif.

Par ailleurs, une enveloppe de Rs 10 millions est prévue pour une campagne nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. À cela s’ajoutent Rs 824 millions destinées à l’amélioration et à l’extension des infrastructures et équipements éducatifs, du pré-primaire au tertiaire.

Le primaire reste sur sa faim

Malgré ces avancées, la GTU estime que le secteur de l’enseignement primaire demeure insuffisamment pris en compte. Vishal Baujeet regrette notamment l’absence de toute mention concernant la création du poste de Discipline Master, une revendication de longue date du syndicat. Il déplore également qu’aucune mesure ne soit prévue pour la mise en place de mini-gymnases ou d’espaces sportifs adaptés dans les écoles, particulièrement dans les régions urbaines où les infrastructures sportives sont limitées. Le syndicat souligne aussi qu’aucune disposition n’a été annoncée pour renforcer les effectifs dans le primaire afin de compenser les absences imprévues, les départs à la retraite ou encore les situations d’urgence, qui affectent régulièrement le fonctionnement des établissements.

La GTU estime par ailleurs que le Budget ne répond pas aux préoccupations liées à la sécurité des enseignants. Selon Vishal Baujeet, aucune indication n’est donnée sur un éventuel renforcement du cadre légal pour lutter contre les actes de violence et de harcèlement dont sont parfois victimes les éducateurs. Il regrette également l’absence de services de soutien psychologique pour les enseignants confrontés à des situations traumatisantes, ainsi que le manque de mesures visant à renforcer la sécurité dans les écoles à travers le recrutement de personnel dédié ou l’installation de systèmes de vidéosurveillance.

Interrogations autour des fonds de pension

Le dossier de la pension de vieillesse demeure l’un des sujets les plus sensibles. Pour le syndicaliste Vinod Seegum, la décision du gouvernement de geler le projet de ciblage de la State Age Pension constitue un soulagement pour de nombreux Mauriciens. Selon lui, les propositions initiales avaient suscité de vives inquiétudes, particulièrement au sein de la classe moyenne. Il estime que la mobilisation observée sur les réseaux sociaux, dans les médias et au sein de la société civile a joué un rôle important dans cette décision.

Vinod Seegum considère que ce gel a permis d’éviter une fracture sociale et de préserver un dispositif considéré par beaucoup comme l’un des piliers de l’État providence mauricien. Toutefois, il insiste sur le fait que cette décision ne doit pas marquer la fin du débat. Selon lui, la question du financement à long terme du système de protection sociale mérite une réflexion approfondie impliquant les citoyens, les syndicats, les experts et les décideurs. Il plaide ainsi pour un véritable débat national sur le vieillissement de la population, la justice sociale et les moyens d’assurer la pérennité des acquis sociaux.

Au sein de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), une autre mesure budgétaire soulève des interrogations. Le syndicat s’interroge sur la création annoncée d’un Central Pensions Administration Bureau, appelé à regrouper et à numériser les différents régimes de pension soutenus par l’État. L’UPSEE estime que davantage d’explications sont nécessaires concernant les objectifs et le fonctionnement de cette nouvelle structure. Plusieurs membres s’interrogent notamment sur les raisons d’un éventuel transfert de la gestion de certains fonds de pension alors que le système actuel est généralement perçu comme satisfaisant. Le syndicat rappelle que la pension représente souvent la principale sécurité financière des travailleurs après leur retraite. Il appelle ainsi les cotisants à demeurer vigilants et à suivre attentivement l’évolution de ce dossier.

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